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Comment déchiffrer l'étiquetage nutritionnel ?

 
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LaNutrition.fr, le 28/07/2009

Pour le moment, l'information nutritionnelle est encore facultative. Mais une loi européenne risquerait de le rendre obligatoire. Qu’est ce que l’étiquetage nutritionnel ?
 
Qu’est ce que l’étiquetage nutritionnel ?
L'étiquetage nutritionnel devient obligatoire en cas d'allégation. Parfois, il est présenté sous forme de graphiques mais c'est imprécis. Le plus souvent, il s'agit d'un tableau qui peut être de 2 types :
 

Informations de groupe 1 : 

Elles vous donnent la valeur énergétique : en kilocalorie (ou kcal) ou en kiloJoule (kJ)
Elles donnent aussi la composition en :

Ces quelques valeurs de base peuvent déjà être très compliquées à utiliser sans une calculatrice et de solides connaissances en diététique, par exemple les ANC (ou Apports Nutritionnels Conseillés)

 

Informations de groupe 2 :

On reprend les informations de groupe 1, dans le même ordre, avec des précision et des ajouts. Cela donne : valeur énergétique, protéines, glucides (dont sucres), lipides (dont acides gras saturés), fibres et sodium.

 

 

Informations supplémentaires :

L'étiquette peut aussi vous donner les quantités d'autres substances :

  • amidon et polyols (dans les glucides)
  • acide gras mono-insaturés, le cholestérol et acides gras poly-insaturés (dans les lipides)
  • des minéraux et des vitamines (si il y en a au moins 15% des apports journaliers recommandés, les AJR)
 
Prenons un exemple concret : une soupe instantanée. Son étiquette à la loupe :
 
Valeurs moyennes pour
100 ml de soupe reconstituée
1 tasse de 200 ml
Valeur énergétique (kJ)
kcal
(178 kJ)
42 kcal
(356 kJ)
85 kcal
Protéines
0,8 g
1,6 g
Glucides
dont sucres
6,0 g
0,6g
12 g
1,2 g
Lipides
dont saturés
1,7 g
0,9 g
3,4 g
1,8 g
Fibres
0,8 g
1,6 g
Sodium
0,27 g
0,54 g
 
Que peut-on faire avec une étiquette pareille ?
 
Pas grand chose car :
  • on ne connait pas forcément nos Apports Nutritionnels Conseillés, qui sont la référence (à moins d'être diététicien et d'avoir un logiciel)
  • on n'a pas de calculatrice sous la main, au magasin
 
Avec une calculatrice, on peut savoir que :
 
 
Valeurs
kcal
%
Recommandations
protéines
0,8 g
3,2
7,50%
15,00%
glucides
6 g
24
56,50%
55,00%
lipides
1,7 g
15,3
36,00%
30,00%
 
TOTAL
42,5
 
 
Cette soupe apparaît un peu grasse et peu protéinée, mais bon, c'est une soupe et l'équilibre ne se fait pas sur un seul aliment, mais plutôt dans une journée ou sur une semaine.
 
Cette étiquette nous apprend aussi que 53% (0,9 sur 1,7) des lipides sont des lipides saturés; c'est à dire pas les meilleures graisses en matière de santé.
 
Elle nous dit aussi que cette soupe contient 0,69 g de sel (0,27 x 2,54 = 0,69 g de chlorure de sodium) et 1,37 si on en mange le double (200 ml). C'est une soupe salée.
 
Notre avis : on ne peut pas faire grand chose avec une seule étiquette isolée, même avec une calculatrice et des connaissances en diététique. Une étiquette sert à comparer.
 
 
 
Exemple : comparons deux étiquettes
 
Soupe instantanée VS soupe aux légumes
Maintenant, si au rayon soupe, on compare la soupe instantanée avec une autre, une soupe aux légumes verts « riche en fibres ».
Que peut-on dire alors ?
 
 
Valeurs moyennes pour
100 ml de soupe reconstituée
100 ml de soupe légumes verts
Valeur énergétique (kJ)
kcal
(178 kJ)
42 kcal
(75 kJ)
18 kcal
Protéines
0,8 g
1 g
Glucides
dont sucres
6,0 g
0,6g
0,9 g
0,8 g
Lipides
dont saturés
1,7 g
0,9 g
1,2 g
0,2 g
Fibres
0,8 g
1,9 g
Sodium
0,27 g
0,24 g
 
Là, les choses sont un peu plus claires.
Par rapport à la soupe instantanée reconstituée, la soupe aux légumes est :
  • moins énergétique
  • a plus de protéines
  • moins de glucides, dont un tout petit peu plus de sucres
  • moins de lipides, dont moins de lipides saturés
  • le double de fibres
  • un tout petit peu moins de sel
Notre avis : la soupe aux légumes a des avantages indéniables et gagne ce match.
Elle sera aussi probablement plus chère, mais cela reste à vérifier
 
Y avait-il un moyen simple de comparer ces deux soupes ?
OUI.
Il suffisait de regarder la valeur énergétique (ou densité énergétique). Cela nous aurait déjà renseigné sur les glucides et les lipides, les poids lourds des calories dans ce type d'aliment.
 
Ensuite, un coup d'oeil aux lipides saturés et à la liste des ingrédients aurait sûrement confirmé notre choix.
La mention « riche en fibres » était aussi un indice utile pour orienter notre choix, car les fibres augmentent la satiété et ont donc un bon effet « coupe faim ».
 
Le Nutella VS chocolat noir 74% pur beurre de cacao
 
Valeurs moyennes pour
100 g de Nutella
100 g de chocolat noir
Valeur énergétique (kJ)
kcal
(2215 kJ)
530 kcal
(2348 kJ)
566 kcal
Protéines
6,8 g
8 g
Glucides
dont sucres
56 g
55 g
30 g
26 g
Lipides
dont saturés
31 g
10,3 g
46 g
28 g
Fibres
4 g
11 g
Sodium
0,03 g
0,02 g
 
La comparaison est difficile :
  • le Nutella est beaucoup plus sucré que le chocolat noir
  • le chocolat noir est plus gras* que le Nutella
               Match nul
 
  • le Nutella a moins de protéines et moins de fibres
  • le chocolat noir a plus de graisses saturées*
              Match nul
 
 * (on pourrait donner préférence aux graisses saturées par rapport au sucre, mais il s'agit d'un débat de « spécialiste » dans lequel nous n'entrerons pas ici).
 
Notre avis : à quantité égale, il n'y a pas de raison de privilégier l'une ou l'autre de ces gourmandises au goûter. Match nul.
 
Regardons du coté des conseils : le "goûter Nutella" propose :
  • 30 g de pain

    Pour un enfant de 6 à 10 ans, 30 g de pain ça fait peu

  • 15 g de Nutella

    Va t-il se contenter de 15 g de Nutella seulement ?

  • un yaourt nature de 125 g

         Peu d'enfants le mangent sans sucre

  • 100 ml d jus d'orange

         Soit vraiment un mini verre

  • le tout pour 250 kcal 
Autant dire que le « goûter repère » proposé sur l'étiquette du Nutella paraît mal adapté à un enfant et sous-estime ce qu'il mange au goûter.
Ce n'est pas un repère fiable.
Et si on double les quantités, si on sucre le yaourt, on se retrouve vite avec une collation à 500 kcal, soit plus de 25% de l'énergie que doit consommer un enfant de 8 ans, ce qui fait beaucoup pour un goûter.
 
Dernier exercice pratique : comparaison de 3 plats cuisinés
 
Comparons trois étiquettes différentes :
  • Mousseline de brochet sauce écrevisse et semoule (de Fleury Michon)
  • Courgettes farcies et semoule méridionale (sans conservateur) de Fleury Michon
  • La Quiche Lorraine, avec une pointe de moutarde (Marie)
 
 
Valeurs moyennes pour
Mousseline
Courgettes
Quiche lorraine
Valeur énergétique : kcal
157 kcal
140 kcal
232 kcal
Protéines
5,8 g
6,1 g
9,9 g
Glucides
dont sucres
13,3 g
4,8 g
13,7 g
2,4 g
20,9 g
2,8 g
Lipides
dont saturés
9 g
4,8 g
6,8 g
2,4 g
12,1 g
6,3 g
Fibres
2,1 g
1,7 g
1,4 g
Sodium
0,8 g
1 g
0,9 g
 
Quels sont les éléments qui permettent de choisir ?
 
Premier réflexe : la densité calorique. La quiche lorraine est la grande perdante : trop de glucides et de lipides = trop de Calories. On voit bien que ce seul critère guide facilement notre choix.
Cherchons plus loin.
 
  • La Quiche est la plus riche en protéines. C'est un bon point.
  • Mais la case Lipides renferme une surprise : 12,1 g dont 6,3 sont saturés.
  • Huile de palme, œufs, jambon, fromage, lardon, crème fraiche : trop de graisses animales.
 
La Quiche Lorraine sort perdante du match.
 
Entre les 2 autres plats, qui va l'emporter ?
 
Notre avis : ce sont les « Courgettes farcies et semoule méridionale » qui l'emporte d'une courte tête, dans ce match nutritionnel.
 
Pourquoi ? A Protéines égales, fibres égales, sel égal, glucides égaux, elle a moins de sucre et moins de graisses saturées. Et une note calorique un peu plus légère.
 
Bonus : ce plat de courgettes est sans conservateur et moins cher que la « Mousseline de brochet ».
 
Dernière remarque : la Quiche Lorraine était le plus cher et avait la liste d'ingrédients la plus longue. Pour le plaisir, La Nutrition.fr vous la donne :
Pâte brisée : 34%
  • farine de blé, margarine végétale (huiles de palme et, tournesol non hydrogénées, eau, sel, émulsifiant E471 monostéarate d'acides gras, correcteur d'acidité : acide citrique et E331), eau, fibre de chicorée, dextrose de blé, sel, agent de traitement de la farine : L-cystéine
Garniture : 66%
  • eau, oeufs frais, jambon 10,5% (jambon de porc, sel, dextrose, sucre, arômes naturels, conservateurs : E316, E250), fromage frais, blanc d'oeuf, lardons fumés 6,5% (poitrine de porc, eau, sel, acidifiant E325, dextrose, antioxygène E316, conservateur E250), crème fraiche, lait écrémé en poudre, emmental, fécule de pomme de terre, amidon transformé, moutarde de Dijon 1,5% (eau, graine de moutarde, vinaigre d'alcool, sel, antioxygène : disulfite de potassium, acidifiant : acide citrique), arômes naturels
 
Récapitulons :
Additifs
Glucides
E471 : monostéarate d'acides gras
E330 : acide citrique
E331 : citrate de sodium
E920 : L-cystéine
E316 : érythorbate de sodium
E250 : nitrite de sodium
E325 : lactate de sodium
E316 : érythorbate de sodium
E250 : nitrite de sodium
E224 : disulfite de potassium
E330 : acide citrique
Farine de blé
dextrose de blé (pâte)
dextrose (dans le jambon)
sucre (dans le jambon)
dextrose (dans les lardons)
fécule de pomme de terre
amidon transformé
 
 
Pensiez-vous qu'une Quiche Lorraine contenait tout ça ?
Maintenant, vous le savez.
 
Dernier indice : le titre du plat annonce « LA » Quiche Lorraine. Or, c'est interdit par la loi. On ne doit pas utiliser un article comme « Le » ou « La » qui indique que seul ce plat serait « La » seule vraie et unique Quiche Lorraine. Et vue sa composition, on s'en doutait...
 
Notre avis : avec ce plat, c'est : « Circulez, y a rien à voir, ni à manger ! »
 
 
Et demain, que y aura-t-il sur nos étiquettes ?
La Directive européenne sur l’étiquetage nutritionnel est entrée en vigueur en novembre 2008 et d’ici 2012, les produits ne respectant pas les mesures prises seront interdits à la vente. A terme, l’étiquetage nutritionnel devrait devenir obligatoire dans le cadre du règlement européen sur l’information du consommateur « Provision of food information to consumers » qui propose de :
 
  • Rendre obligatoire l’étiquetage nutritionnel
  • L'inscrire sur le devant du packaging et non pas dessous comme c’est souvent le cas
  • Indiquer en pourcentage les apports de référence pour 100g et/ou par portion, la valeur énergétique ainsi que cinq éléments : lipides, acides gras saturés, glucides, sucres et sel
 
L’Association nationale des Industries alimentaires (Ania) est en faveur d’un étiquetage nutritionnel obligatoire à conditions, notamment :
  • de ne donner que les informations du groupe 1 (énergie, lipides, protéines, glucides)
  • que l’endroit où sont apposées ces informations ne soit pas imposé aux industriels
  • que l’étiquetage donne la teneur en sodium et non la teneur en sel ou en « équivalent sel »
 
A noter : ceci en espérant que vous confondrez sel et sodium. En effet, il faut multiplier par 2,54 la quantité de sodium pour obtenir l’équivalent en sel… Ainsi vous choisissez un produit où il est inscrit 2 g de sodium pour 100 g d’aliment, en fait, il contient 5,08 g de sel…
 
Pour en savoir plus :
 
 
 
 
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