C’est l’histoire d’un monstre d’arbre. Le séquoia (Sequoia gigantea) étend fréquemment ses branchages 100 m au-dessus du sol. Et dur à cuire, avec ça. La plupart des individus, que l’on rencontre entre 1 000 et 1 500 m d’altitude, dépassent 1 500 ans. Un âge qui force le respect. Mais les individus qui poussent vers 2 500 m ne font pas dans la demi-mesure. Ils dépassent gaillardement... 5 000 ans. Cette extraordinaire longévité s’explique par le fait qu’à ces altitudes, il y a moins d’insectes prédateurs, et moins de compétition entre individus. Le plus surprenant est qu’une telle endurance est accidentelle. Elle est due, comme l’a montré le biologiste américain Ronald Lanner, aux facéties d’un oiseau qui ramasse et cache les graines du séquoia bien au-delà de l’altitude à laquelle elles sont d’ordinaire dispersées par les vents. Ainsi, la longévité record d’une espèce vivante doit-elle tout à une modification (accidentelle) de son environnement !
Jusqu’à une date récente prévalait le dogme que chaque espèce possède une espérance de vie maximum, une échéance inscrite dans les gènes à la manière d’une horloge, d’un programme qui s’arrêterait de tourner une fois le temps écoulé. |
Organismes
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Durée maximale de vie
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Levure
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2-4 jours
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Nématode
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30 jours
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Mouche drosophile
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60 jours
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Octopus
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3-4 ans
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Saumon du pacifique
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3-6 ans
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Souris
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4,2 ans
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Rat
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4-5 ans
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Lapin
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10-13 ans
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Tarentule
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15 ans
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Chat
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20-30 ans
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Singe rhésus
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30-40 ans
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Oie
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30-40 ans
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Ours
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40 ans
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Chimpanzé
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45 ans
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Alligator
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50-60 ans
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Anémone
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50-90 ans
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Homard
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50-100 ans
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Eléphant d’Afrique
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+ 70 ans
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Bambou
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120 ans
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Homme
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122,4 ans
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Tortue
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150 ans
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Puya raimondii (cousin de l’ananas)
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150 ans
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Esturgeon
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152 ans
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Conifères autres que séquoia
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300-1 500 ans
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Séquoia
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4862 ans
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« On pouvait toujours se dire, rappelle Jean-Marie Robine (INSERM), que la durée de vie maximale pour l’homme, la valeur absolue, c’était cent dix ans – on disait ça il y a pas si longtemps – puis cent quinze, cent vingt ans. Et puis Jeanne Calment est arrivée ! Elle a franchi successivement toutes ces limites. Et, depuis plus personne n’avance un chiffre ! » A 122 ans, 4 mois et 15 jours, Jeanne Calment fut la première à repousser la limite des 120 ans, la fameuse barrière d’espèce. Elle sera bientôt suivie par des dizaines de milliers de personnes dans le monde. L’Organisation Mondiale de la Santé prévoit que 20% des enfants nés aujourd’hui peuvent espérer atteindre 100 ans (ce qui laisse penser que statistiquement, Jeanne Calment ne restera pas longtemps seule).
Et que la médecine anti-âge fait enfin des percées. Avec l’utilisation de plus en plus plus fine de compléments hormonaux non toxiques, comme les oestrogènes et la progestérone biomimétiques chez la femme ménopausée, la testostérone chez l’homme âgé, les promesses de la DHEA (déhydroépiandrostérone) de l’hormone de croissance, des hormones thyroïdiennes, de la mélatonine. Ces compléments polyhormonaux, qui ont déjà changé la vie de milliers de personnes dans le monde, vont se généraliser. Ils seront rejoints par des protocoles qui relèvent encore un peu de la science fiction : aliments qui miment la restriction calorique, cellules souches pour fabriquer de nouveaux tissus cardiaques, cérébraux, endocriniens ; thérapie génique… Comme le dit le Pr Michael Rose (université de Californie, Irvine), « La seule limite pratique à l’espérance de vie humaine, c’est la limite de la technologie humaine. »
Le sexe est bon pour les gènes.
En dépit de ses limitations, et de l’importance d’autres facteurs dans les mécanismes du vieillissement, l’alimentation apparaît donc comme un levier puissant vers la longévité et le bien-être. Les chercheurs sont aujourd’hui d’accord pour dire que c’est l’environnement, et non l’hérédité (les gènes) qui contribuent le plus au risque de maladies chroniques comme le cancer ou les maladies cardio-vasculaires. Pour prendre l’exemple du cancer, l’environnement expliquerait 70% des cancers, dont 30% attribués au seul tabac et 40% à l’alimentation et au mode de vie. Les experts s’accordent pour dire que des « modifications alimentaires », accompagnées d’un minimum d’activité physique peuvent réduire de 30 à 40% l’incidence de ces maladies chroniques.
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