Les personnes vaccinées contre la grippe saisonnière pourraient avoir plus de risques d’être infectées par le virus de la grippe A (H1N1) selon des études canadiennes préliminaires.
Alors que la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière a commencé en France le 25 septembre, il se pourrait que ce vaccin augmente le risque de contracter la grippe « porcine » A (H1N1) selon les résultats d’études préliminaires conduites au Canada.
L’Organisation mondiale de la santé et des pays comme la France tentent d’éviter que l’information s’ébruite. Ils craignent que le grand public, déjà très sensible à la question des vaccins, boude les campagnes déjà initiées.
Ces informations sont issues de quatre études canadiennes auxquelles participent environ 2 000 personnes. Les chercheurs ont trouvé que les personnes qui avaient reçu le vaccin contre la grippe saisonnière dans le passé étaient plus susceptibles d’être infectées par le virus H1N1. Une étude a été soumise pour publication. Ses principaux auteurs, le Dr Danuta Skowronski du Centre de contrôle des maladies de Colombie Britannique (Vancouver) et le Dr Gaston De Serres de l’université Laval (Québec) ont décliné toute interview.

Les Centres de contrôle et de prévention des maladies des Etats-Unis (CDC) ont fait le commentaire suivant par leur porte-parole Joe Kimby : « Il est difficile de parler d’une étude qui n’a pas été publiée, cependant il est important de noter que les scientifiques du CDC n’ont pas observé de phénomène similaire aux Etats-Unis. »
Le Dr Donald Low, responsable du département de microbiologie à l’Hôpital Mount Sinaï de Toronto (Ontario) reste réservé. Selon lui, l’effet d’une exposition préalable augmentant par la suite le risque de maladie se voit dans quelques cas, comme celui de la dengue.
Au Québec, le calendrier sera inversé
Quoiqu’il en soit, cette découverte change la donne, en tout cas au Québec, où les autorités sanitaires avaient prévu de vacciner dans un premier temps contre la grippe saisonnière, puis contre la grippe A (H1N1). Le Dr Horacio Arruda directeur de la protection de la santé publique a présenté le nouveau calendrier le 25 septembre : il a été décidé d'inverser les campagnes de vaccination ; celle contre la grippe A (H1N1) débutera le 15 novembre, tandis que celle contre la grippe saisonnière est reportée à janvier 2010. Exception à cette règle : les populations à risque recevront le vaccin saisonnier en premier, avant le 15 novembre.
Dans les autres provinces et territoires canadiens, le débat se poursuit : faut-il raccourcir, retarder ou annuler la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière en faveur de la vaccination de masse contre le virus H1N1 ?
« Le public aura du mal à digérer ça »
“Nous ne savons pas si ce vaccin contre la grippe saisonnière va interagir avec le vaccin contre la grippe A (H1N1), donc on est inquiet”, a déclaré le Dr. Michael Gardam, directeur de la prévention et du contrôle des maladies infectieuses à l'Agence de protection et de promotion de la santé de l’Ontario. Donald Low admet de con côté que ces informations risquent de saper la confiance de la population et son désir de se faire vacciner : « Il est clair que le public va avoir du mal à digérer ça » dit-il.
« Cette nouvelle ne me surprend pas », commente Sylvie Simon, auteur du livre
Vaccins, mensonges et propagande. « En théorie, lorsque les gens sont exposés aux bactéries ou virus, leur système immunitaire crée des anticorps qui facilitent l’entrée d’autres souches virales. En vérité, personne ne sait réellement ce qui se passe au niveau immunologique avec les vaccins », dit-elle.