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Soulager le mal de dos

 
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LaNutrition.fr, le 04/12/2008

 La prise en charge de la lombalgie s’est appuyée jusque dans les années 1990 sur le repos total et les anti-douleurs, une thérapie qui aboutissait très souvent à des échecs. Aujourd’hui, les temps ont bien changé et les traitements de la lombalgie subi une véritable révolution. A l’honneur : l’activité physique et la prise en charge « globale » du mal.  Sport, ostéopathie, acupuncture, yoga, massages… de nombreuses thérapies ont fait leurs preuves. Lesquelles sont efficaces ?
 
90 % des lombalgies ne sont provoquées ni par une tumeur, ni par une infection, ni par une lésion. Ce sont des lombalgies dites « communes ». Elles guérissent en moins d’un mois sans avoir recours à un médecin. Cependant, entre 10 et 23 % d’entre elles dureront plus de trois mois. Les solutions ? Elles sont multiples et ce n’est pas toujours facile de savoir lesquelles sont efficaces.
 
Il faut dire que ça ne fait que 5 ou 10 ans que l’on commence à comprendre le mal de dos. Au cours des études médicales, les pathologies de la colonne vertébrale sont peu enseignées et parfois même pas du tout. « Les diagnostics posés d’un praticien à l’autre sont souvent discordants, comme les examens prescrits, les conseils donnés, les traitements proposés…» explique Jean-Yves Maignes dans son ouvrage Soulager le mal de dos (1).
 
Les causes et les mécanismes qui en sont à l’origine restent cependant complexes et difficiles à identifier. Ils mélangent des facteurs anatomiques, dont des facteurs musculaires, non visibles sur les radiographies ou les scanners, mais également des facteurs comportementaux, psychologiques et sociaux.
 
Durant longtemps, la prise en charge de ce type de douleur a été un échec. Encore en 2003, la seule thérapie proposée par un médecin sur cinq était basée sur le traitement à court terme de la douleur et le repos total. On sait aujourd’hui que maintien d’une activité est fondamental si l’on veut récupérer. Mais surtout que la participation active du patient est indispensable à la guérison.
 
Une approche globale indispensable
 
Les thérapeutes spécialisés dans le traitement de lombalgie reconnaissent aujourd’hui que lorsque les patients acceptent la douleur et la considèrent sans gravité, ils adoptent beaucoup plus naturellement des positions et des attitudes physiques favorables à la guérison. Dédramatiser la douleur permettrait ainsi d’éviter qu’elle ne s’aggrave. Le sentiment d’impuissance face à la douleur et l’impression de fragilité corporelle augmentent le risque de rentrer dans le cercle vicieux de la désadaptation, c’est-à-dire de l’inactivité physique, sociale et professionnelle avec un risque important de dépression.
 
Prenons le cas d’une douleur dite mécanique provenant de l’étirement d’un ou de plusieurs ligaments entourant une vertèbre, sorte d’entorse de la colonne vertébrale. Pour bloquer l’articulation et éviter que l’on ait mal, l’organisme va avoir tendance à « contracturer » les muscles situés autour de la zone douloureuse, processus qui engendre encore plus de douleurs. En cas de repos et d’immobilisation, on va assister à une diffusion progressive de la contracture à l’ensemble des muscles du tronc. Résultat : on augmente le risque de se déconditionner physiquement, de chroniciser la lombalgie et de retarder la guérison.
 
Pourquoi mieux vaut ne pas trop savoir d’où vient son mal
 
Le discours inquiétant des médecins et l’utilisation de termes tels que « arthrose », « hernie discale », « tassement », « chronique »… risquent d’entraîner « la transformation de manifestations banales en un état pathologique sévère qui peut conduire à la réduction fonctionnelle d’un être humain et à son exclusion sociale » explique Claude Hamoné dans son dernier ouvrage Prévenir et guérir le mal de dos (2). « On peut  véritablement parler de ‘‘iatrogénie’’, c’est-à-dire de mal-être ou maladie induite par le médecin. Force est de reconnaître que le discours médical et, par extension, celui des paramédicaux, surtout des kinésithérapeutes, sont traumatisants »  poursuit le médecin.
Les études montrent qu’une personne chez qui un tel diagnostic est posé va avoir une tendance globale au recroquevillement. Premier risque : le raidissement. Il est provoqué par la peur plus importante d’aggraver le problème, de faire un faux mouvement, de léser les tissus voisins ou d’appuyer sur un nerf proche. Lors d’un effort, le travail musculaire va être réparti sur les zones voisines qui, sur-sollicitées, vont devenir douloureuses. On assiste alors à une extension géographique de la douleur. Comme la zone douloureuse est moins sollicitée, les muscles s’ankylosent, la vascularisation est moins bien assurée et on assiste à une aggravation locale de la lombalgie. Autre risque : l’inactivité. La douleur étant interprétée comme un signal d’alerte de la hernie, de l’arthrose ou du bec de perroquet, la personne va avoir tendance à diminuer son activité pour éviter ces messages. Conséquence : on assiste à une perte lente des capacités physiques qui risque de mener à l’enraidissement de la colonne vertébrale puis à l’isolement social et professionnel. La troisième conséquence psychologique d’un diagnostic inquiétant est la démotivation du patient. Celui-ci va avoir tendance à se reposer sur le corps médical pour résoudre son problème au lieu de se prendre en main. On sait aujourd’hui que la participation active du patient est indispensable à sa guérison. 
 
LaNutrition.fr a fait le tour des thérapies contre la lombalgie. Nous avons mis un, deux, trois ou quatre piments à chacune de ces approches en fonction de leur efficacité.
Cette notation doit être considérée en gardant à l’esprit que, non seulement l’évaluation de techniques comme la relaxation, l’ostéopathie ou l’acupression peut s’avérer délicate et parfois réductrice, mais également que leur efficacité ne sera pas la même selon la personne, la nature de son mal de dos ou son origine. Elle vous donnera cependant une bonne idée des techniques qui marchent. Suivez le guide !
 
 
L’activité physique 
 
L’efficacité du sport pour lutter contre la lombalgie a fait l’objet en juillet 2005 d’une méta-analyse publiée dans Cochrane database of systematic reviews (3). Menée par une équipe de chercheurs canadiens de l’Institut for Work and Health (Toronto), cette synthèse de 61 études (6 390 patients) a conclu à l’utilité des exercices physiques pour diminuer la douleur et améliorer la mobilité des personnes souffrant de lombalgie chronique. D’après les résultats, pratiquer une activité physique à travers un programme graduel permettrait d’écourter les arrêts maladie. Aucun effet sur les douleurs aiguës n’a en revanche été mis en évidence.

Quelques exercices à faire chez vous

Assouplissement des ischio-jambiers
Quand les muscles situés à l’arrière des cuisses appelés les ischio-jambiers sont raides, la bascule du bassin lors de tout mouvement du tronc vers le sol est entravée. Conséquences : pour compenser le manque de mobilité du bassin, le corps va davantage solliciter les muscles du tronc et favoriser ou aggraver la lombalgie.
Il est donc fondamental de vous assurer que ces muscles restent souples.
Pour connaître l’état de vos ischio-jambiers, penchez-vous en avant jambes droites et tentez de toucher vos orteils. Si vous ressentez une douleur à l’arrière des jambes, c’est que ces muscles sont raides et qu’ils ont besoin d’être assouplis.
Pour cela, placez-vous jambes droites et pliez progressivement le bassin sans plier ou courber le dos. Le "bloc tronc-bassin" se mobilise autour des hanches, provoquant la mise en tension des ischio-jambiers. Lorsque vous commencez à sentir que vos ischio-jambiers sont raides et/ou douloureux, c'est qu'ils sont en tension. Faites alors l'effort supplémentaire qui va les étirer et maintenez la position 10 secondes. Recommencez plusieurs fois. En répétant l'exercice régulièrement, vous constaterez une amélioration en quelques semaines.
Attention : assurez-vous que c’est bien votre bassin qui bascule et pas votre dos qui s’enroule. Si vous souffrez de lombalgie, cette erreur pourrait entraîner une douleur désagréable qui pourrait vous décourager, l’inverse de l’effet recherché !
 
Des étirements…
 - Couché, bras en croix : soulever progressivement la tête puis le tronc, les genoux et le bassin en se recroquevillant.
 - Couché : soulever la tête et le tronc en décollant complètement les omoplates du sol. Toucher les genoux, toujours fléchis, avec les mains.
 
…de la relaxation…
 - Couché, les bras en croix, genoux pliés, les jambes surélevées par un canapé ou une chaise. Durant la journée, maintenir cette position pendant 10 min.
 
… de la suspension…
 - A une porte ou mieux à une barre fixe. Les jambes peuvent être dans le vide ou genoux pliés, pieds au sol. Maintenir la position le plus longtemps possible, respirer profondément.
 
… et beaucoup de soulagement !
 - Assis sur une chaise, se pencher vers l’avant, la tête entre les genoux, les pieds parallèles et bien à plat sur le sol. Bien coller le menton sur la poitrine.
 - Couché sur le sol avec les mollets posés sur une chaise et le menton sur la poitrine.
Se mettre en position de l’œuf en se couchant sur le dos, les genoux fléchis sur la poitrine et maintenus à l’aide des mains.
 - À genoux, assis sur les talons, basculer vers l’avant et pousser les mains le plus loin possible en avant dans le prolongement du corps, jusqu’à toucher le sol du front en conservant le dos parfaitement plat, bassin basculé vers l’arrière.
 
 
Des exercices, oui, mais sans oublier le plaisir !
 
Si vous souffrez de lombalgie, évitez les exercices physiques fastidieux conçus spécifiquement pour les problèmes de dos et faites-vous plaisir en privilégiant vos activités préférées telles la marche, le vélo ou la natation. C’est ce que suggère une étude menée par des chercheurs américains et dont les résultats ont été publiés en 2005 dans l’American Journal of Public Health (4). 681 hommes et femmes de tous âges souffrant de lombalgie chronique commune ont été interrogés à 4 reprises à 0, 6, 12 et 18 mois via des questionnaires sur leurs activités physiques, leurs douleurs et leur état psychologique. Résultats : ceux qui s’adonnaient le plus à des activités physiques récréatives avaient moins mal au dos, moins d’handicap et un bien meilleur moral que ceux qui pratiquaient les exercices spécifiques de la lombalgie. Pour faire passer les douleurs, se détendre et diminuer son stress, la solution serait donc aussi une affaire de bien-être…
 
 
Quels sports pratiquer ?
 
Certains sports sont un vrai supplice pour le dos alors que d’autres lui font un bien fou !
Ainsi, le judo, la lutte, l’aviron (canot, kayak, etc.), les sports de raquette (tennis, badminton, etc.), les poids et haltères et le trampoline sont vivement déconseillés. Au contraire, la marche, la natation et le cyclisme sont des sports doux et bénéfiques à la santé du dos.
 
Si vous êtes de ceux qui aiment courir les rues, prudence !
Vous "joggez" ? Et bien, souffrez maintenant ! Les coureurs à pied risquent une lombalgie s'ils ne prennent pas quelques précautions. Lorsqu’on coure en descente, le poids s’exerce 2 à 3 fois plus intensément sur la colonne vertébrale. A chaque foulée, des ondes de chocs se propagent le long des membres inférieurs : elles peuvent causer des troubles et des blocages du bassin mais également des vertèbres. Il est donc important d’avoir de bonnes chaussures. Le talon doit être souple en dehors et ferme en dedans.
 
Vous préférez la marche ?
S'il s’agit d’une longue randonnée, il est préférable de ne pas porter de chaussures ni de chaussettes neuves ! Adoptez un pas régulier, et ne surchargez pas votre sac à dos.
La marche est l’exercice le plus simple dont la colonne vertébrale bénéficiera le plus. Si vous souhaitez accélérer votre marche, augmentez la fréquence des pas, mais pas la longueur des enjambées. En effet, une torsion trop importante serait alors imposée à la colonne vertébrale.
 
Comme un poisson dans l’eau
La natation est le sport le plus recommandé pour le mal de dos. Le corps est en apesanteur. Il n’y a plus de pression qui s’accumule entre les vertèbres. C’est d’ailleurs une thérapie à part entière pour soigner les problèmes de mal de dos.
 
Quand on allait de bons matins, quand on allait par les chemins, à bicyclette…
Le vélo ne pose aucun problème au dos, à condition que la position sur le vélo soit bonne.
Pour bien la régler, mesurez la hauteur de l’entrejambe. Votre selle doit être réglée selon la formule suivante : entrejambes × 0,88 ; et le cadre selon la formule : entrejambes × 0,66.
 
Quelques conseils pour ménager son dos au quotidien
 
> Lorsque vous faites vos courses, pensez à prendre deux sacs même si tout peut tenir dans un seul. Vous équilibrerez votre dos en répartissant les charges dans les deux mains. Mieux encore, investissez dans un caddie à roulettes.
> Lorsque vous regardez la télé ou que vous passez du temps devant votre ordinateur, réglez l’écran à hauteur des yeux.
> Si vous devez garder la position debout pendant une longue période (vaisselle, repassage, etc.), évitez de serrer vos jambes et adoptez plutôt une position en "V".
> Lors d’un déménagement, essayez d’alléger la charge au fur et à mesure des voyages.
> En position assise, calez bien votre dos contre le dossier et évitez de croiser les jambes.
> Pensez à toujours garder votre dos au sec et au chaud, il "déteste" le froid et l’humidité.
> Préférez un sommier rigide et un matelas ferme à un lit trop mou.
> Pour ramasser ou soulever des objets, évitez de vous pencher en avant. Au contraire, gardez le dos droit.
 
 
Les médicaments

Les médicaments antalgiques doivent être considérés comme de très bons alliés pour lutter contre le mal de dos. Utilisés au coup par coup en fonction de l’apparition de la douleur, ils permettent de maintenir une activité physique.
Les antalgiques de niveau I, non morphiniques, regroupent le paracétamol, l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Les antalgiques de niveau II, dits morphiniques faibles, sont souvent utilisés en association avec les antalgiques de niveau I (Dafalgan, Compralgyl, Efferalgan codéiné, Di-Antalvic, Propofan…). Ils concernent la codéine, le dextropropoxyphène et l’opium à faible dose.
Les antalgiques de niveau III doivent en revanche être utilisés en exceptionnellement et pour des durées aussi courtes que possible. Sevredol, Skénan LP, Moscotin, Actiskénan, Fentanyl, Butaprénorphine… tout ces produits peuvent en effet avoir des effets secondaires tels qu’un ralentissement des activités digestives, des chutes de tension, un ralentissement de l’activité intellectuelle et surtout un dépendance qui, en cas d’excès, implique par la suite un sevrage.
 
Les anti-inflammatoires stéroïdiens ou corticoïdes sont généralement prescrits en cas de douleurs intenses, sous forme d’injections dans les ligaments superficiels douloureux (infiltrations épidurales et intra-articulaires).
 
Les myorelaxants  (Tétrazépam, Coltramyl…) visent à réduire la tension des muscles contractés de manière permanente en réaction à la douleur de la lésion locale voisine. Ils peuvent compléter les effets des antalgiques et des anti-inflammatoires.
 
Enfin les psychotropes peuvent aussi être utilisés en association avec les médicaments précédents pour traiter les syndromes anxio-dépressifs que masquent certaines lombalgies. Ils comprennent les antidépresseurs, les neuroleptiques, les carbamates et les benzodiazépines.
 
La chirurgie 
 
Elle est exceptionnelle et réservée aux formes rebelles, seulement quand les autres traitements suivis sérieusement ont aboutit à un échec. Selon Claude Hamonet (2), les spécialistes du dos pensent aujourd’hui que « la chirurgie doit rester tout à fait exceptionnelle et devrait évoluer vers sa quasi-disparition. » Certaines pathologies habituellement considérées comme des raisons valables d’opérer (canal vertébral étroit, articulation avec glissement vertébral très important) ne constituent plus aujourd’hui une indication systématique pour un traitement chirurgical.
 
La phytothérapie
 
La phytothérapie consiste à traiter les maladies par les plantes. Contrairement au médicament qui n’a qu’un seul principe actif, la plante agit grâce à la multiplicité des substances qu’elle contient et à la conjugaison de leurs effets.
 
L’harpagophytum ou "griffe du diable"
Origine : Afrique du Sud
Parties médicinales : racines secondaires et les bulbes
Composé actif : harpagoside
Propriétés : Anti-inflammatoire et analgésique
Posologie : Poudre à prendre en gélules
Contre-indications : femmes ayant déjà fait des fausses couches ou enceintes de moins de 3 mois
 
Des chercheurs de l’université de Sydney (Australie) ont étudié l’effet du Doloteffin, un médicament contenant de l’harpagoside, sur les douleurs de 114 personnes dont 56 souffraient de maux de dos (5). Les volontaires ont reçu quotidiennement une dose de médicament équivalent à 60 mg d’harpagoside durant 54 semaines. Résultats : 75 % des personnes qui ont reçu ce traitement l’on qualifié de « bon» ou de « très bon », et quasiment aucun effet secondaire n’a été relevé. Les résultats de cette étude doivent cependant être considérés avec précaution puisque l’effet de l’harpagoside n’a pas été comparé à celui d’un placebo.
 
Le saule blanc
Origine : Asie, Europe et Amérique du Nord
Parties médicinales : écorce
Composé actif : salicine
Propriétés : analgésique
Posologie : infusion d’écorce séchée
Contre-indications : personnes allergiques ou hypersensibles à l’aspirine.
 
Les herbes médicinales sont largement utilisées dans le traitement de la douleur, mais peu d’informations existent sur leur efficacité. Des chercheurs de l’Institut technologique d’Haifa en Israël ont étudié les effets d’un traitement à base de saule blanc sur 191 patients souffrant de maux de dos (6). Durant 4 semaines, les volontaires ont reçu différentes doses d’extrait de cette plante. Après trois semaines de traitement, 39 % des patients qui avaient reçu une forte dose d’extrait de saule ne souffraient plus contre 21 % de ceux qui avaient reçu une faible dose et 6 % de ceux qui avaient reçu un placebo. Dès la première semaine de traitement, l’effet de l’extrait végétal est significatif. Pour les auteurs, le saule blanc constitue un traitement sûr et efficace contre le mal de dos.
 
Le piment de Cayenne
Origine : Amérique du Sud et Caraïbes
Parties médicinales : fruits
Composé actif : capsaïcine
Propriétés : analgésique
Posologie : onguent en application externe ; en boutique chinoise : emplâtres au capsicum
Contre-indications : personnes allergiques aux piments ou atteintes de syndrome de l’intestin irritable chronique, ulcère actif, tuberculose ou hémorroïdes
 
Plusieurs études ont été menées pour prouver l’efficacité du poivre de Cayenne dans la diminution des douleurs causées par le mal de dos.
L’une d’elle (7) a été mené  en 2001 sur 154 personnes souffrant de maux de dos. Après 3 semaines de traitement, 60 % des personnes ayant eu des emplâtres de capsaïcine présentaient une réduction de la douleur de 30 % contre seulement 42 % des volontaires ayant eu un traitement placebo. Les valeurs de l’échelle de douleur diminuent de façon marquée dans le groupe traité à la capsaïcine par rapport au groupe en placebo (38,5 % contre 28 %). Ces résultats ont été confirmés deux ans plus tard par une autre étude (8). Après 3 semaines de traitement avec des emplâtres de capsaïcine, les patients ont ressenti une diminution de la douleur de 42 % alors qu’avec les emplâtres placebo, la douleur n’a diminué que de 31 %. Conclusion : les emplâtres à la capsaïcine constituent un remède relativement efficace dans le traitement du mal de dos.
 
L’ostéopathie 
 
L’ostéopathie est une médecine naturelle basée sur des techniques essentiellement manuelles. Elle par du principe que toute perturbation « mécanique » du corps a des répercussions sur le fonctionnement global du corps. Aller voire un ostéopathe quand on a mal au dos est aujourd’hui complètement rentré dans les moeurs. Cette approche se révèle en effet particulièrement efficace en ce qui concerne les lombalgies communes (lire l'entretien avec Gilles Mondoloni).
 
Des chercheurs de l’université North Texas Health Science Center (Fort Worth, Etats-Unis) ont fait une méta-analyse concernant sur 6 six études cliniques (900 personnes) menées sur l’efficacité de l’ostéopathie contre les douleurs des lombaires (9). Dans chacun de ces 6 essais, une partie des volontaires ont reçu un traitement ostéopathique consistant en une série de manipulations vertébrales pratiquées par un ostéopathe professionnel. Les résultats obtenus étaient comparés à ceux d’un groupe témoin recevant une intervention placebo, un traitement classique ou aucun traitement.
Résultat : non seulement l’ostéopathie réduit les douleurs lombaires plus efficacement qu’un placebo mais l’effet du traitement persiste durant au moins trois mois. Même si on connaît mal les mécanismes physiologiques par lesquels ce type de manipulation soulage la douleur, l’ostéopathie reste une option de choix pour les problèmes de mal de dos.
 
Une de ces études, menée en 1999 auprès de 155 personnes souffrant de douleurs lombaires aiguës ou chroniques, révèle qu’en recourant à l’ostéopathie en parallèle d’un traitement médical classique, on consomme moins de médicaments antidouleur (10).
  
 
La chiropractie 
 
La chiropractie est proche de l'ostéopathie. Elle s'intéresse principalement à la colonne vertébrale et au système nerveux. C’est une méthode de traitement basée sur la manipulation (traction, pression extension) et le massage de certaines parties du corps, notamment de la colonne vertébrale.
Plusieurs méta-analyses ont fait le point sur l'efficacité de la chiropractie pour traiter les lombalgies (11-17). Un de ces revues systématiques portant sur 39 études cliniques randomisées a comparé la chiropractie à des traitements classiques ou à des placebos (12). Cette technique de manipulation rachidienne semble plus efficace à court terme que les traitements placebos ou inactifs (repos au lit, gel topique, massage minime, corset, traction, etc.) pour soulager la douleur et améliorer l'état fonctionnel des patients souffrant de lombalgie aiguë ou chronique.
Avant d’avoir recours à ce type de technique, il est bien sûr nécessaire de consulter un médecin qui s’assurera que l’origine de votre lombalgie est compatible avec ce type d’approche.
 
La rééducation posturale globale (RPG) 
 
La RPG fait appel à des postures qui visent à provoquer un relâchement, un assouplissement ou un allongement des muscles concernés ainsi qu'une décompression articulaire et un ajustement postural tout en libérant la respiration. Cette technique de kinésithérapie a été mise au point par un Français, Philippe Souchard. Elle part du principe que les muscles dorsaux particulièrement puissants, toniques et courts doivent être étirés et non renforcés. Selon les résultats d’une étude sud-américaine présentée en 2005 lors de la conférence annuelle de l’Académie américaine de neurologie, la rééducation posturale globale (RPG) permettrait aux personnes souffrant de mal de dos chronique d’effectuer à nouveau toutes leurs activités quotidiennes. Des chercheurs du Centre neurologique de traitement et de réhabilitation de Buenos Aires ont testé la GPR sur 102 personnes résistantes aux traitements traditionnels du mal de dos (18). Agés de 25 à 91 ans, les participants souffraient tous de problèmes affectant leurs articulations ou leurs os, révélés par l’imagerie médicale. Après 5 mois de traitement 90 % des patients traités par RPG ont pu au terme de l’étude reprendre les activités quotidiennes qu’ils ne pouvaient plus effectuer auparavant. 85 % des participants ont senti des améliorations significatives dès 3 semaines de traitement. Et 22 mois après l’étude, aucune des personnes n’a rapporté des problèmes de récurrence de la douleur. Ces résultats prometteurs devront cependant être validés par un essai clinique randomisé. Autre bémol : la plupart des kinésithérapeutes ne sont pas encore formés à cette méthode qui pourrait devenir une thérapie des plus intéressantes contre les douleurs cervicales et lombaires chroniques. A suivre donc dans les années qui viennent…
 
La naprapathie
 
La naprapathie est une thérapie manuelle alliant manipulations, étirements et massages. Une étude suédoise publiée ce mois-ci dans la revue Clinical Journal of Pain suggère que cette technique serait très efficace pour soulager les maux de dos et de cou (19). En tout cas plus efficace qu’une thérapie reconnue et prodiguée par certains médecins et consistant à donner des conseils aux patients pour qu’ils continuer à bouger, à vivre normalement et pour qu’ils apprennent à gérer leurs douleurs. Dans cette étude, 409 personnes souffrant de douleurs dans la nuque et dans le dos ont été divisées en deux groupes, un traité par naprathie, l’autre par la seconde méthode. Après 12 semaines de traitement, 57 % des patients du premier groupe ont affirmé aller « beaucoup mieux », contre seulement 13 % dans le second groupe, soit quatre fois plus ! Et 69 % des personnes traitées par la naprapathie ont indiqué que leurs douleurs avaient clairement diminué contre seulement 42 % dans le groupe de contrôle.
 
Les massages  
 
Les massages, en contribuant à relâcher les tensions musculaires et améliorer la circulation sanguine, peuvent avoir des effets anti-douleurs. Les résultats parfois contradictoires des nombreuses études et méta-analyses menée sur l’efficacité de la « massothérapie » contre les douleurs lombaires (20 – 25) ne permettent pas aujourd’hui d’avoir un point de vue consensuel sur cette approche. Cependant, une étude publiée en 2002 dans la revue Spine (26) suggère que lorsqu’ils sont associés à des activités physiques et à des conseils pour prévenir les maux de dos, ils pourraient soulager les douleurs lombaires modérées et chroniques.
 
La digitopuncture ou acupression
 
Peut-on soulager le mal de dos par des simples pressions du bout des doigts ? C’est ce que suggère une étude taïwanaise parue dans le British Medical Journal en 2006 (27). La digitopuncture, une méthode qui se base les points de l’acupuncture mais sans les aiguilles, consiste à effectuer des pressions sur certains points précis du corps avec le bout des doigts. 129 patients souffrant de douleurs dorsales chroniques mais modérées ont été traités soit par digitopuncture soit par un traitement classique. Après 6 séances, la digitopuncture a permis une réduction de 89 % des incapacités physiques par rapport au traitement classique et l’amélioration a persisté pendant 6 mois. Ces résultats doivent cependant être considérés avec précaution. En effet, l’efficacité de cette méthode dépend beaucoup de l’habileté du thérapeute et serait nulle pour les douleurs lombaires d’origine arthrosique. En plus, comme les volontaires de cette étude savaient très bien à quel groupe ils appartenaient, cela a pu influencer leurs réponses et fausser les résultats.
 
 
L’hydrothérapie et les cures thermales 
 
L’hydrothérapie englobe tous les traitements prodigués avec de l’eau. Le Spa est un bassin ou une minipiscine munie d'hydro-jets et dont l'eau est en bouillonnement continu. La balnéothérapie désigne les soins donnés à travers des bains. La thalassothérapie s'effectue avec de l'eau de mer. Les auteurs d'une méta-analyse publiée en 2006 se sont penchés sur cinq essais cliniques portant sur les effets de la balnéothérapie et des traitements en spa pour soulager des douleurs lombaires (28). Portant sur 454 personnes au total, ces 5 études montrent que les deux approches induisent une diminution de la douleur. Une autre étude clinique publiée en 2005 a comparé l’efficacité de la balnéothérapie à base d’eau riche en soufre à celle d’une thérapie à base d’eau normale. Après 15 jours, les patients traités avec de l’eau riche en soufre ont moins mal au dos, des muscles para-vertébraux moins rigides et une meilleure mobilité lombaire. La balnéothérapie réalisée avec de l’eau normal a eu comme seul effet de diminuer l’intensité de la douleur.
 
L’acupuncture 
 
De plus en plus de personnes ont recours à l’acupuncture pour soulager les douleurs de toute sorte et en particulier les douleurs lombaires. Cette technique stimulerait la production d’endorphines, des substances aux propriétés calmantes et antidouleur. 33 études ont fait l’objet en 2005 d’une méta-analyse publiée dans les Annals of Internal Medicine (29). Les résultats suggèrent que l’acupuncture est aussi efficace que les thérapies habituelles et ce malgré le fait que toutes les études intégrées dans l’analyse ne parviennent pas à cette conclusion. Il semble par ailleurs cette approche soit peu efficace dans le cas de douleurs lombaires aiguës. 

Les techniques "corps-esprit" 

John A. Astin, un chercheur du California Pacific Medical Center Research Institue de San Francisco a passé en revue un certain nombre de travaux menés sur les approches corps-esprit (relaxation, méditation, thérapies cognitives comportementales ou TCC…) pour traiter la douleur (30). Son analyse suggère qu’en associant différentes techniques de gestion du stress, de gestion de la douleur, de relaxation, etc., on peut lutter plus efficacement contre les douleurs du dos (lire notre entretien avec Thierry Janssen).
 
Ne réprimez pas vos émotions !
 
Le mois dernier, nous vous avons parlé de la théorie de John E. Sarno selon laquelle les douleurs de dos seraient le fruit d’une stratégie du cerveau pour détourner notre conscience de certains conflits intérieurs susceptibles de la perturber. Dans son ouvrage Healing back pain : the mind-body connection (31), ce médecin spécialiste de la douleur donne ces conseils :
 - reprenez une activité physique, ça ne peut pas vous faire de mal ;
 - parlez à votre cerveau et dites-lui que vous n’accepterez plus de souffrir ;
 - arrêtez tous les traitements médicamenteux, ils pourraient empêcher votre guérison ;
 - ne réprimez ni vos angoisses ni vos émotions, elles peuvent générer de la douleur ;
 - ne pensez pas que vos douleurs sont liées à une blessure, cette pensée contribue à générer de la douleur ;
 - ne soyez pas intimidé par la douleur, vous avez le pouvoir de la maîtriser.
 
 
 
La méditation 
 
La méditation est au cœur des pratiques du bouddhisme, du taoisme, du yoga et de bien d'autres formes de spiritualité. C’est une pratique qui permet d'accéder à différents états de conscience. Cette technique de relaxation s’appui beaucoup sur la respiration. Des chercheurs américains du Osher Center for Intergative Medicine (San Francisco) ont testé sur 36 personnes souffrant de lombalgie l’efficacité d’une thérapie par la respiration pour soulager les douleurs en la comparant à celle d’exercices physiques traditionnels (32). Résultats : même si les effets bénéfiques de la méditation sur la douleur sont évidents, ils sont comparables à ceux des exercices physiques. Une autre étude américaine plus farfelue, a évalué l’efficacité d’une technique de méditation appelée « loving-kindness meditation » (33). Celle méthode consiste à laisser s’épanouir l’amour que l’on porte en soi et à transformer la haine en compassion. Les résultats montrent que ce programme « Peace and love » est efficace contre la lombalgie puisqu’il réduit la douleur, l’anxiété et la souffrance psychologique.
 
Le yoga 
 
« Les douleurs chroniques du dos sont un problème courant mais les traitements proposés restent peu efficaces ». C’est en partant de ce constat que le Dr Karen Sherman, chercheuse à l’université de Seattle, a décidé de tester l’efficacité du yoga, une méthode alliant relaxation et étirements, sur la lombalgie (34). Durant douze semaines, elle a proposé à 101 adultes de faire soit du yoga, soit des exercices thérapeutiques classiques, soit des exercices qu’ils pouvaient trouver seuls dans des livres. Résultats : à l’issue de l’étude, les adeptes du yoga ont eu moins de douleurs que les personnes des deux autres groupes. Ils ont également retrouvé certains mouvements qu’ils ne pouvaient plus faire avec leur dos avant les séances de relaxation. « Le yoga permet à ceux qui souffrent du dos de s’intéresser à leur corps et à leur posture, explique la chercheuse, ceci pourrait ensuite contribuer à une réduction de la douleur. » La différence entre la pratique du yoga et les exercices dits « classiques » s’est cependant amenuisée avec le temps. Ainsi, trois mois après la fin de l’étude, les chercheurs ont remarqué que ces deux groupes, même s’ils restaient devant le troisième, ne montraient plus de grandes différences.

La psychothérapie

Les psychothérapies sont au moins aussi efficaces que les traitements traditionnels pour soulager les maux de dos. C’est en analysant l’ensemble des études menées sur le sujet entre 1982 et 2003, que Robert Kernes et ses collaborateurs du système de santé du Connecticut (Etats-Unis) sont arrivés à cette conclusion (35). Les chercheurs ont comparé l’effet des psychothérapies à celui des thérapies traditionnellement utilisées contre le mal de dos sur différents aspects des lombalgies : intensité de la douleur, dépression, recours aux soins, handicap engendré et qualité de vie. Parmi les techniques psychothérapeutiques étudiées les chercheurs ont testé les TCC (thérapies cognitives comportementales), l’hypnose, le biofeedback (l’observation du fonctionnement du corps pour en prendre le contrôle), la relaxation et le coaching. Résultats : c’est sur l’intensité de la douleur que les psychothérapies ont le plus d’effet, mais une efficacité non négligeable est également observée sur la qualité de vie, sur le handicap (notamment au niveau des capacités de travail) et sur l’interférence de la douleur notamment avec la dépression. Techniques les plus efficaces : les TCC, le biofeedback et la relaxation. Les approches « pluridisciplinaires » impliquant à la fois des traitements classiques (médicaments) et des traitements psy marchent aussi, notamment pour diminuer durablement le handicap et les interférences avec la dépression.
 
 
Références :
 
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35-Kerns Robert D., Meta-Analysis of Psychological Interventions for Chronic Low Back Pain. Health Psychology. 2007 Jan Vol 26(1) 1-9
 
A consulter
 
 
Le mal de dos, c’est fini, Hélène Petit, éditions Alpen
 
 
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