Une étude française menée chez la souris montre qu’une consommation trop importante d’oméga-6 et trop faible d’oméga-3 favoriserait l’obésité d’une génération à l’autre.
Pour la première fois, les chercheurs de l’Université de Nice-Sophia Antipolis ont montré que l’obésité pouvait se transmettre de génération en génération. Selon eux, un régime de type occidental, trop riche en acides gras oméga-6 et trop pauvre en oméga-3 favoriserait l’augmentation de l’obésité au fil des générations.
Les oméga-3 et les oméga-6 sont des acides gras polyinsaturés indispensables que l’on trouve dans l’alimentation. Le rapport oméga-6/oméga-3 doit être inférieur ou égal à 4, selon nos recommandations. Or, ce rapport s’est multiplié par 3 ou 4 en quarante ans et atteint actuellement une valeur moyenne de 15. Parallèlement, l’obésité a augmenté régulièrement d’une génération à l’autre.
Afin d’évaluer l’impact de ce déséquilibre entre oméga-6 et oméga-3 sur l’obésité, les auteurs ont nourri quatre générations de souris avec une alimentation riche en oméga-6 et pauvre en oméga-3 (rapport oméga-6/oméga-3 égal à 28).
Résultat : la masse grasse des souris augmente progressivement au fil des générations. Par ailleurs, des troubles métaboliques apparaissent, tels que la résistance à l’insuline (qui évolue vers un diabète de type 2) et l’inflammation (qui favorise l’obésité).
Comment expliquer cette transmission sur plusieurs générations ? Pour les scientifiques, « c’est probablement d’origine épigénétique : c'est-à-dire que les gènes n’ont pas été modifiés mais leur fonctionnement oui. Or certains gènes sont régulés par l’alimentation. »
Massiera F, Barbry P, Guesnet P, Joly A, Luquet S, Moreilhon-Brest C, Mohsen-Kanson T, Amri EZ, Ailhaud G ; A Western-like fat diet is sufficient to induce a gradual enhancement in fat mass over generations. J Lipid Res. 2010 Aug;51(8):2352-61. Epub 2010 Apr 20.