Une nouvelle étude américaine met en évidence l’importance d’une vie sociale épanouie pour améliorer la guérison des patients atteints de cancer.
Contre le cancer, il y a la chimiothérapie. Il y a la radiothérapie. Il y a la chirurgie. Mais tous ces traitements médicaux ne doivent pas occulter un élément de guérison majeur : la vie sociale du patient. Un aspect largement mis en avant par le docteur David Servan-Schreiber dans son livre
Anticancer. Aujourd’hui, une nouvelle étude américaine vient confirmer l’importance de la vie sociale dans le pronostic de cancer.
La docteur Matthew During et ses collègues de l’université de l’Ohio ont réalisé cette étude chez des souris. Deux groupes de rongeurs atteints d’un cancer ont été placés dans différents environnements. Le premier environnement, considéré comme « normal », était constitué de groupes de 5 souris. Le deuxième groupe a été placé dans un environnement « socialement enrichi » : les rongeurs vivaient avec une vingtaine de congénères bénéficiant de davantage d’espace et d’un environnement plus ludique avec plus de cachettes, plus de jouets, plus de roues pour courir.
Les chercheurs se sont alors aperçus que l’état de santé des souris vivant dans cet environnement enrichi s’améliorait de façon spectaculaire : le cancer présentait des régressions spontanées. Les tumeurs ont diminué de 77 % en poids et de 43 % en volume. Plus impressionnant : 5 % des souris souffrant de cancer ne présentaient plus aucune trace de la maladie après 3 semaines de vie dans cet environnement. En revanche aucun cas de rémission n’a été constaté dans le groupe des rongeurs vivant dans l’environnement normal.
Les analyses biologiques ont permis de mettre en évidence que le sérum des souris vivant dans l’environnement socialement enrichi était différent. Les taux d’une substance appelée BDNF (brain-derived neurotrophic factor) étaient plus élevés. L’augmentation de cette substance est associée à une régression des tumeurs. Par ailleurs le système immunitaire de ces animaux semblait plus performant que celui des souris vivant dans un environnement normal.
« Ces résultats doivent être pris en compte dans l’arsenal thérapeutique déployé contre le cancer, soulignent les auteurs. Pendant trop longtemps les médecins se sont concentrés sur les traitements médicaux : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie. La dimension sociale a trop souvent été laissée de côté. On voit aujourd’hui qu’elle est d’une importance médicale capitale et qu’elle peut avoir une profonde influence sur le cancer. »
Cao L, Liu X, Lin EJ, Wang C, Choi EY, Riban V, Lin B, During MJ. Environmental and genetic activation of a brain-adipocyte BDNF/leptin axis causes cancer remission and inhibition. Cell. 2010 Jul 9;142(1):52-64.