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Aliments à la loupe

La vérité sur lhuile de palme

  • L’huile de palme a mauvaise presse du fait de ses graisses saturées
  • Les données scientifiques restent cependant contradictoires
LaNutrition.fr - Mardi 08 Février 2011
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La vérité sur lhuile de palme
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Un reportage diffusé au journal du soir de France 2, le lundi 7 février, suggère que la consommation d’huile de palme est associée à un risque plus élevé de maladies chroniques. Selon le Dr Boris Hansel (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière), le médecin interrogé dans ce reportage, les graisses saturées de l’huile de palme augmenteraient le risque de cancer du sein, maladie d’Alzheimer, maladies cardiovasculaires. Qu’en est-il réellement ?

Les graisses saturées et la santé

L'acide palmitique. La moitié environ des acides gras de l’huile de palme est constituée d’acides gras saturés - essentiellement de l’acide palmitique (acide gras saturé à chaîne longue). Selon quelques études, les personnes qui ont des taux élevés d’acide palmitique dans le corps auraient un risque accru de maladie coronarienne, de cancer de la prostate, de déclin plus rapide de la mémoire avec l’âge. Mais les taux d’acide palmitique dans le corps ne reflètent pas fidèlement la consommation alimentaire. Le corps sait en fabriquer à partir des sucres et de nombreuses graisses alimentaires. Il est donc particulièrement difficile d’interpréter ces données portant sur le niveau d’acide palmitique dans l’organisme.

Les graisses saturées. La consommation de graisses saturées totales a fait l’objet de nombreuses études. Les données les plus solides portent sur le risque cardiovasculaire. Les résultats publiées à ce jour suggèrent que si l’on remplace 5% des graisses saturées de l’alimentation par le même pourcentage de graisses polyinsaturées, on peut espérer selon les études voir son risque cardiovasculaire baisser de 8 à 13%. Cette baisse est certes significative, mais elle reste modeste. On ne sait pas très bien ce qui se passe dans le cas où les graisses saturées seraient remplacées par des graisses monoinsaturées (celles de l’huile d’olive), car les études manquent.

L’hypothèse que les graisses saturées augmentent le risque de cancer du sein n’est pas soutenue par des preuves scientifiques très fiables. Seule l’étude européenne EPIC rapporte une association entre ce type de graisses et le risque de cancer du sein. Les autres grandes études prospectives ne trouvent pour la plupart aucune association. Aux Etats-Unis, les chercheurs de Harvard ont même recherché un lien entre le type de graisses consommé pendant l’adolescence et le risque de cancer du sein de la préménopause. Il n’y a rien du côté des graisses saturées. {footnote}Linos E, Willett WC, Cho E, Frazier L. Adolescent diet in relation to breast cancer risk among premenopausal women. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2010 Mar;19(3):689-96. Epub 2010 Mar 3. PubMed PMID: 20200427; PubMed Central PMCID: PMC2866323.{/footnote}

Il existe des preuves modérées qu’une consommation importante de graisses saturées augmente le risque de maladie d’Alzheimer, qui pourrait même selon une étude de 2003 être multiplié par 2. {footnote}Morris MC, Evans DA, Bienias JL, Tangney CC, Bennett DA, Aggarwal N, Schneider J, Wilson RS. Dietary fats and the risk of incident Alzheimer disease. Arch Neurol. 2003 Feb;60(2):194-200. Erratum in: Arch Neurol. 2003 Aug;60(8):1072.PubMed PMID: 12580703.{/footnote} Une étude prospective récente indique qu’un régime pauvre en graisses saturées, mais riche en graisses polyinsaturées, en vitamine E et folates (vitamine B9) aiderait à prévenir Alzheimer chez des personnes de plus de 65 ans. Mais très peu d’études ont été publiées sur ce sujet, qui reste donc ouvert. {footnote}Gu Y, Nieves JW, Stern Y, Luchsinger JA, Scarmeas N. Food combination and Alzheimer disease risk: a protective diet. Arch Neurol. 2010 Jun;67(6):699-706. Epub 2010 Apr 12. PubMed PMID: 20385883; PubMed Central PMCID: PMC3029147.{/footnote}

L’huile de palme, ses alternatives et la santé

L'huile de palme. Les études portant sur l’huile de palme elle-même sont encore moins nombreuses. Selon certaines, sa consommation favoriserait l’infarctus. Mais selon d’autres, d’ailleurs souvent financées par les exploitants, cette huile pourrait réduire la pression artérielle, faciliter la circulation sanguine et diminuer le stress oxydant. L’huile de palme rouge atténuerait les séquelles d’un infarctus, mais il s’agit d’une huile très riche en antioxydants, différente de celle utilisée dans l’industrie.

Les alternatives. La défiance envers l’huile de palme est peut-être fondée, mais on attend avec prudence les solutions alternatives des industriels. Dans le reportage de France 2, l’industriel Findus met en avant le fait qu’il a remplacé l’huile de palme par de l’huile de colza. S’agissant d’aliments destinés à être chauffés, cette initiative laisse perplexe. L’huile de colza est de moins en moins stable au fur et à mesure de la montée en température. Cela passe encore pour des bâtonnets de poisson cuisinés dans la poêle. Mais la question se pose pour des frites (précuites) replongées dans un bain de friture qui peut atteindre ou dépasser 200°C. De ce point de vue et dans le cadre d’une consommation occasionnelle, les huiles de palme et de coco, du fait de leurs graisses saturées sont bien plus stables et probablement plus recommandables.

En conclusion

Une diminution des graisses saturées, que l’on remplacerait par des graisses polyinsaturées (et peut-être monoinsaturées) peut réduire le risque cardiovasculaire et peut-être celui d’Alzheimer. Cela dit, il y a encore très peu de preuves qu’une consommation modérée d’huile de palme pose des risques sérieux pour la santé. LaNutrition.fr conseille de toute façon de contrôler les corps gras que l'on ingère, et les autres macronutriments en évitant la restauration rapide, en n’abusant pas d’aliments préparés et de fritures. La présence d'huile de palme dans les laits artificiels en poudre peut être une autre source d'inquiétude pour les mamans. Mais dans les pays d’Europe du Nord, la majorité des graisses présentes dans le lait maternel (40%) est représentée par les acides gras saturés, dont la moitié d’acide palmitique, celle-là même que l'on trouve dans l'huile de palme. Ces graisses du lait maternel peuvent aussi bien refléter un comportement alimentaire qu'être le résultat d'une synthèse par l’organisme.

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Commentaires  

 
0 7 09-04-2013 19:14
Il y a deux faits simples, qui je crois méritent d'être rappelés ici :
1) L'huile de palme ne représente que 5% à 10% des apports totaux d'acides gras saturés
2° En utilisant de l'huile de palme, on peut ne pas utiliser de gras trans, le vrai poison.
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/11/26/19485-faire-lhuile-palme-poison-nest-pas-justifie
 
 
+1 6 01-04-2013 20:20
J'ai 67 ans et une excellente santé. De tout temps ma femme se méfiait de la propagande et jamais au grand jamais elle n'aurait voulu supprimer le beurre bien que travaillant dans un hôpital et traitant des dossiers liés à l'alimentation et aux bons conseils du moment.
 
 
0 5 02-08-2012 05:08
Je pense que ce ne sont pas les graisses saturees par elles memes qui renferment le risque de maladies graves. C'est la pollution environante par tout ce qui est derives petroleum qui se fait pieger par les molecules graisses saturees et donc stockees dans le corps qui sont en cause. Un jour quelqu'un aura le prix nobel pour le prouver. Ce n'est donc qu'un facteur.
 
 
+1 4 04-08-2011 10:01
Bonjour,

L'article du Cirad est d'entrée sujet à caution quand on apprend qu'ils ont une filiale, PalmElit qui travaille à l’amélioration génétique du palmier à huile.

Ça me rappelle étrangement les conflits d'intérêts de l'AFSAA autour de la sécurité des médicaments.

Je reconnais que je ne suis pas un spécialiste, mais comment ne pas douter...
 
 
0 3 09-03-2011 09:26
... "petite" précision à vos commentaires: l'huile de palme est hydrogénée naturellement.
Voici un lien intéressant concernant les idées reçues sur l'huile de palme (NB: Celle qui nous intéresse est l'idée reçue n°4)
http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2010/science/huile-de-palme-et-idees-recues
Bonne lecture...
 
 
+4 2 renaudalsace 11-02-2011 11:19
je suis d'accord avec Micromézigue:c'est le fait qu'elle soit hydrogénée industriellemen t qui est dangereux et là, de nombreuses études concluent en sa dangerosité pour nos artères.
 
 
+3 1 10-02-2011 03:58
J'ai cru comprendre que ce n'est pas l'huile de palme en soi ,rouge et brute, qui pose problème, mais le fait qu'elle soit hydrogénée industriellemen t d'où formation d'acides gras trans; et que le procédé d'interestérifica tion (me rappelle pas exactement le terme) n'est guère meilleur...
 

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