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Aliments à la loupe

Le yaourt et le cancer

  • Plus on mange de yaourt, plus on risque d’être victime d’un cancer de la prostate. C’est la conclusion d’une étude française publiée en mars 2006.

  • Problème : c’est la seizième étude à incriminer ainsi les laitages.

  • Question :faut-il encore consommer des yaourts, et combien ?

Sylviane Passard - Samedi 24 Juillet 2010
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Le yaourt et le cancer
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Cela fait de nombreuses années que les scientifiques se demandent si les laitages ne favoriseraient pas le cancer de la prostate. Sur 22 études épidémiologiques, 15 ont rapporté que les hommes qui consomment le plus de laitages courent un risque plus élevé que ceux qui en consomment peu. Depuis le mois de mars 2006, une nouvelle étude est venue s’ajouter à ces données troublantes.

Il s’agit d’une étude française, issue des données de SU.VI.MAX, une étude prospective qui a suivi pendant 8 ans 13 017 hommes et femmes dont une partie consommait des compléments antioxydants, une autre partie un placebo. L’analyse que publie le British Journal of Nutrition dans son numéro de mars portait sur 2776 hommes. Les chercheurs ont observé un risque accru de cancer chez les hommes qui consommaient le plus de laitages et de calcium par rapport à ceux qui en consommaient le moins. Pour l’ensemble des laitages, le risque est modérément élevé (+ 35%) ; en revanche pour le calcium, ce risque est multiplié par 2,4. Parmi les laitages, ce sont les yaourts qui poseraient le plus de problème, avec un risque de cancer qui augmente de 60% chaque fois qu’on consomme un yaourt en plus (125 g).

L’étude est cosignée du Dr Serge Hercberg, le responsable du Programme National Nutrition Santé (PNNS). Le PNNS conseille de consommer chaque jour 3 à 4 laitages dans le but de promouvoir la santé osseuse. Dans un document de 2003 censé faire référence sur les relations entre alimentation et cancer, le PNNS et son directeur écrivent qu’on ne peut « en aucun cas mettre en accusation le lait et les produits laitiers en termes de risque de cancer ». Prétendre le contraire, serait, selon le PNNS propager des « idées fausses pseudoscientifiques » qu’il est particulièrement important de « battre en brèche. »

Les laitages sont l’objet d’une promotion massive de l’industrie agro-alimentaire. De leur côté, les yaourts sont présentés comme des aliments-santé qui favorisent la « bonne » flore intestinale, ce qui est exact, et soutiennent l’immunité, ce qui est probable. Plusieurs études ont trouvé que les personnes qui consomment des laitages, yaourts et autres, ont un risque de cancer du côlon un peu plus faible que ceux qui n’en consomment pas. D’autres études suggèrent que les laitages pourraient aider à prévenir le diabète de type 2. Mais à la dose de trois à quatre laitages quotidiens, c’est-à-dire les recommandations en vigueur en France, les risques pourraient l’emporter sur les bénéfices. Les laitages apportent de grandes quantités de calcium et l’on pense que cela fait chuter le niveau de vitamine D active dans le corps, qui est l’une des armes dont dispose l’organisme pour prévenir l’apparition des cancers.

L’Ecole de santé publique de Harvard fut la première à attirer l’attention des scientifiques sur le risque possible de cancer associé à une consommation importante de laitages. « En l’état des connaissances, dit le Pr Walter Willett, directeur de l’Ecole de santé publique de Harvard (Boston) et membre du conseil scientifique de LaNutrition.fr, il nous paraît irresponsable de faire la promotion des laitages comme on le fait dans de nombreux pays. » L’Ecole de santé publique de Harvard conseille simplement de « se procurer une à deux bonnes sources de calcium par jour » parmi lesquelles figurent l'eau minérale calcique, les légumes crucifères, les sardines, les amandes ou les laitages. Les laitages ne sont donc pas un passage obligé, mais une option. Le Pr Willett ne croit d’ailleurs pas qu’il soit dangereux de consommer un laitage par jour.

La preuve formelle que les laitages favorisent le cancer de la prostate n'a pas été apportée, indique Thierry Souccar, directeur de la rédaction de lanutrition.fr. Mais, ajoute-t-il, « les avis du Ministère de la santé et du PNNS étant fidèlement suivis par des médecins et diététiciens français, il est urgent par précaution pour la santé des Français que le PNNS corrige le document de 2003 afin qu’il reflète fidèlement l’état des connaissances sur les laitages et le cancer, et surtout que cet organisme révise à la baisse ses recommandations en faveur des trois laitages par jour, comme nous le demandons avec de nombreux chercheurs depuis des années. »

Kesse E, Bertrais S, Astorg P, Jaouen A, Arnault N, Galan P, Hercberg S. : Dairy products, calcium and phosphorus intake, and the risk of prostate cancer: results of the French prospective SU.VI.MAX (Supplementation en Vitamines et Mineraux Antioxydants) study. Br J Nutr. 2006 Mar;95(3):539-45.

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Commentaires  

 
0 15 LaNutrition.fr 13-05-2013 16:46
Citation en provenance du commentaire précédent de hammami :
Je lis et les yeux écarquillés, un extrait du texte :
"Il s’agit d’une étude française... qui a suivi pendant 8 ans 13 017 hommes et femmes dont une partie consommait....etc...".
On parle de cancer de la prostate? Les femmes aussi ont une prostate! Je suis encore ignorant....
Pour vous dire, les études épidémiologique s sur les humains,tirées par les cheveux, font parfois sourire.
On accuse injustement le yaourt, qui est d'ailleurs bon pour la santé. Trouvez-moi quelqu'un qui vit que de yaourt ?

Le cancer de la prostate a plusieurs causes :
*facteurs génétiques.
*pollutions et pesticides et après fortes expositions.
*Alimentation carnée par excès.
*Etc, etc....
Je rassure mes lecteurs :
Oubliez cette étude !


L'étude en elle-même suivait des hommes et des femmes. Bien sûr, la partie de l'étude portant sur le cancer de la prostate ne concernait pas les femmes !
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-1 14 hammami 13-05-2013 14:18
Je lis et les yeux écarquillés, un extrait du texte :
"Il s’agit d’une étude française... qui a suivi pendant 8 ans 13 017 hommes et femmes dont une partie consommait....etc...".
On parle de cancer de la prostate? Les femmes aussi ont une prostate! Je suis encore ignorant....
Pour vous dire, les études épidémiologique s sur les humains,tirées par les cheveux, font parfois sourire.
On accuse injustement le yaourt, qui est d'ailleurs bon pour la santé. Trouvez-moi quelqu'un qui vit que de yaourt ?

Le cancer de la prostate a plusieurs causes :
*facteurs génétiques.
*pollutions et pesticides et après fortes expositions.
*Alimentation carnée par excès.
*Etc, etc....
Je rassure mes lecteurs :
Oubliez cette étude !
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+2 13 Sylvianne Honorez 09-01-2013 08:44
J'ai lu le livre de monsieur Souccart. Je me demandais simplement si la qualité du produit et du lait était prise en compte pour les risques liés à la consommation des yahourts. Pour info, ma grand-mère maternelle consommait régulièrement du lait de ferme et du fromage au lait cru, et elle est décédée à 100 ans, sans problèmes particuliers :-) L'excès nuit en tout. Et l'excès de pasteurisation et d'intrants chimiques me semble plus nuisible à la santé qu'un bon lait (sous forme de yahourt ou fromage) pris en petite quantité, et de temps en temps...
Je lisais dernièrement que la consommation du lait de vaches qui vont véler augmentait aussi beaucoup le taux d'hormones néfastes et augmentait donc les risques de cancers hormono-dépendants. Le type de laitages (outre la forme)
consommé me semble important à connaître pour évaluer réellement les risques d'augmentation de la fréquence des cancers prostatiques. On peut tout faire dire aux chiffres.
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-1 12 Olivier Ramirez 09-01-2013 02:29
L'étude citée par le commentaire 8 ne rapporte en aucuns cas ce que cette personne affirme, elle conclut qu'il faut reconnaitre que les produits laitiers induisent un effet insulinotropiqu e et cela qu'ils soient fermentés ou non, elle ne parle pas vidange gastrique, ni d'ordre de prise. Elle précise qu'une quantité de cornichons au vinaigre, permet de diminuer l'insulinémie et la glycémie. Elle ne dit pas que les effets des laitages sont annulés. L'augmentation de la glycémie a bien lieu. Le taux d'insuline augmente lui de manière extrême mais 20% moindre pour le repas avec cornichons au vinaigre. L'introduction dit une chose qu'il faut prendre en compte, c'est que l'hyperinsulinémi e peut induire une résistance à l'insuline même si elle n'est que de courte durée. Pour conclure chaque étude a été réalisée sur dix personnes, ça ne permet en rien de généraliser les effets positifs à la population, les sujets avaient une lactase persistente influençant p-e l'index glycémique.
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+2 11 31-12-2012 02:45
Un risque de cancer augmenté de 60% chaque fois qu'on mange un yaourt en plus. j'aimerais savoir si ça signifie un yaourt par jour en plus. Parce que c'est loin d'être clair dans l'article, ça donne l'impression qu'on va tous mourir d'un cancer. Si demain je mange 200 grammes de yaourt ça me donne quoi?? 100% de chance de me chopper un cancer? enfin voilà c'est pas clair même en l'envisageant par jour.
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-6 10 11-11-2012 21:52
le yaourt c'est très efficace contre les ballonements
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+8 9 11-08-2012 16:31
Et de quel yaourt parlons-nous ?
D'un lait de bonne qualité, bio par exemple et de bactéries naturels Lactobacillus bulgaricus et Streptococcus thermophilus....
ou de yaourt aux "aromes" donc de synthèse avec sucre ajouté ou pire aspartame et cie, antioxydants, colorants, épaissisaants qui se veux faible en matière grasse etc... etc...
Lisez les étiquettes et repérez les additifs...on se fait peur parfois !
ça s'appelle...manger consciemment. Merci
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+1 8 26-01-2012 14:43
Le yaourt, pris seul sur estomac vide provoque un pic d'insuline équivalent à la consommation de pain blanc. Ceci est dû non pas au lactose mais aux protéines du petit lait qui induisent une sécrétion excessive d'insuline qui agit comme une hormone de croissance (lait=aliment de croissance pour la petite enfance) et favorise donc le cancer. Cependant, pris en fin de repas, le yaourt (et non pas le lait), du fait de la présence d'acides organiques (lactique) ralentit le vidange gastrique et donc il n'y a plus de pic d'insuline après le repas. Pour le fromage je ne sais pas mais en cas de doute, une bonne salade avec un peu de jus de citron pris en même temps devrait avoir le même effet. voir l'étude suivante: "Inconsistency between glycemic and insulinemic responses to
regular and fermented milk products" ( http://www.ajcn.org/content/74/1/96.full.pdf )
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+1 7 17-11-2011 22:50
Vous devriez lire le livre de Thierry Souccar:"Lait, mensonges et propagande", vous verriez que c'est la composition du lait de vache qui pose problème.
Et il faut arrêter de penser que "naguère", c'était mieux. Autrefois, les vaches étaient traites à la main, pas forcément propres de la première à la dernière vache,(si,si!)d ans un seau où pouvait tomber de la paille, où ce que vous pouvez imaginer...


De plus le lait n'était pas refroidi immédiatement comme aujourd'hui.
Pour ce qui est des maladies, ma grand-mère marchait toute courbée en avant, et beaucoup de vieilles femmes idem.
Et bien sûr, il y a toujours trop de pesticides et "d'intrants chimiques", mais les cultures n'en sont pas "arrosées", ne serait-ce parce que ces produits coûtent cher, de même que les antibiotiques. De plus en plus d' agriculteurs en utilisent le moins possible, ils sont les premiers concernés par les conséquences néfastes de ces produits.
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+4 6 Sylvianne Honorez 16-11-2011 20:58
Je me pose quand même la question de la qualité du lait qui entre dans la composition des yahourts. Parce que, naguère, tout le monde allait à la ferme chercher yahourts et fromages, ou même le lait et on faisait soi-même ses préparations. Les vaches étaient nourries uniquement de foin, herbe et céréales. On ne leur donnait ni maïs, ni soja, trop riches en omegas6, les céréales n'étaient pas arrosées de pesticides, il n'y avait pas de radioactivité artificielle dans l'air et les dioxines n'existaient pas encore. Bref, on mangeait régulièrement des laitages dans les campagnes. Les gens ne souffraient pas des mêmes maladies qu'aujourd'hui.
Je pense que c'est plus encore les méthodes d'élevages hors sol et la mauvaise alimentation des bêtes ainsi que les intrants chimiques qui sont responsables de nos soucis de santé
Donc, tout est question de qualité, et de qualité, non?
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