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Aliments à la loupe
Dans ce dossier
L'argent du cholestérol, un scandale français
- La lutte contre le cholestérol coûte chaque année plus d'un milliard d'euros à la collectivité pour un résultat quasi-nul
- Les changements de mode de vie (nutrition, exercice, gestion du stress, diminution des toxiques et des médicaments) sont, eux, efficaces et ne coûtent rien
- Nous demandons le déremboursement des statines et des autres médicaments anti-cholestérol, au moins en prévention primaire
En 2009, chaque Français a dépensé en moyenne 16,1 euros de statines pour traiter son cholestérol, ce qui représente un record dans l’Union européenne. A titre de comparaison, cette dépense était de 14,7 euros aux Pays-Bas, 12,1 en Espagne, 10,7 en Italie, 10,1 au Royaume-Uni et seulement 5 euros par habitant au Danemark !
Cette propension à vouloir faire baisser le cholestérol des Français est proprement sidérante. En effet, si le taux moyen de cholestérol en France n'est pas particulièrement bas, cela ne s’est jamais traduit par une mortalité cardiovasculaire élevée. C’est même l’inverse : notre pays jouit historiquement de l’une des mortalités cardiovasculaires les plus faibles de la planète. C’est d’ailleurs ce qu’on appelle le French Paradox.
Si l’on compare les hommes âgés de 45 à 64 ans en France et en Grande-Bretagne, on constate que les taux moyens de cholestérol y sont les mêmes (6,1 mmol/L en France et 6,2 mmol/L en Grande-Bretagne) alors que la mortalité cardiovasculaire en France est presque 4 fois moins importante qu’outre-Manche (128/100 000 contre 487/100 000).
En 1995, l’analyse de données issues de la fameuse étude des Sept pays, d’Ancel Keys, a révélé que dans le sud de l’Europe et notamment en bordure de la méditerranée, le niveau de cholestérol moyen (5,2 mmol/L) est aussi élevé que dans le nord de l’Europe, mais que la mortalité cardiovasculaire y est 5 fois plus faible. (1)
Le taux de cholestérol est classiquement relié à la consommation de graisses saturées et de cholestérol. En 1993, des chercheurs ont examiné la relation entre la mortalité cardiovasculaire et la consommation alimentaire dans 40 pays. Ils ont défini un indice « cholestérol-graisses saturées » (CGS) et étudié de quelle manière cet index pouvait être associé à la mortalité. La France et la Finlande avaient parmi les plus hauts CGS soit 24 pour 1000 calories (kcal) pour la France, et 26 pour la Finlande. Pourtant, le taux de mortalité cardiovasculaire pour 100 000 hommes de 55 à 64 ans était de 198 en France, et 1031 en Finlande. (2)
Ces quelques exemples montrent à quel point le cholestérol est loin d’être un facteur de risque cardiovasculaire en France. Il est donc absurde; au moins en prévention primaire (personnes sans antécédent cardiovasculaire) de vouloir le traiter à grandes rasades de statines – des rasades si larges qu’elles nous placent en tête des dépenses par habitant ! Comme ces médicaments n’ont toujours pas fait la preuve de leur efficacité, le déremboursement des statines (et des autres anti-cholestérol) ferait économiser plus d’un milliard d’euros à la sécurité sociale, sans que cela aggrave la mortalité. Au contraire, cela permettrait de valoriser de vrais comportements de prévention, avec des effets favorables non seulement sur la santé cardiovasculaire mais aussi l’obésité, le diabète, l’ostéoporose, la dépression…
La partie n’est pas gagnée tant les enjeux financiers sont colossaux. Le marché des médicaments cardiovasculaires est celui qui croît le plus dans le monde et en Europe. En 2010, les ventes de ces médicaments approchaient les 100 milliards d’euros dans sept pays : Etats-Unis, France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Japon. Environ 40% de ces ventes concernaient des médicaments prescrits pour traiter les lipides du sang. En fait, ces molécules (contre le cholestérol et les triglycérides) sont depuis 2003 les familles de médicaments les plus vendues au monde, créant de facto un puissant lobby du cholestérol.
LaNutrition.fr va, avec d’autres associations, prendre dans les jours qui viennent des initiatives pour interpeller les autorités sanitaires et l’assurance-maladie, en réclamant notamment le déremboursement des statines en prévention primaire. D’ores et déjà nous vous demandons de relayer cette information autour de vous, et d’en informer vos proches, votre médecin, votre député, votre sénateur.
Références
(1) Artaud-Wild SM, Connor SL, Sexton G, Connor WE. Differences in coronary mortality can be explained by differences in cholesterol and saturated fat intakes in 40 countries but not in France and Finland. A paradox. Circulation. 1993 Dec;88(6):2771-9.
(2) Verschuren WMM, Jacobs DR, Bloemberg BPM et al. Serum total cholesterol and long-term coronary heart disease mortality in different cultures. Twenty-five years follow-up of the Seven Countries Study. JAMA 1995; 274: 131–6.
3ème journée de formation LaNutrition.fr samedi 16 juin 2012 à Marseille
LaNutrition.fr organise le samedi 16 juin à Marseille sa 3ème journée de formation, ouverte aux médecins, diététiciens, professionnels de santé, grand public averti. Venez rencontrer les spécialistes et l'équipe du site, vous informer et vous former dans une ambiance décontractée. Le thème cette année : Infections, polluants, radicaux libres, stress : comment se protéger contre les agresseurs biologiques. Parmi les intervenants les Pr Jean-François Narbonne et Pierre-Marie Martin, les Dr Martine Cotinat et Dominique Rueff. Inscrivez-vous ici. (Publicité)




Commentaires
Une étude sérieuse ferait mention des taux de HLD et de LDL et de leur rapport. De plus, il convient de prendre en compte le taux de triclycérides et un éventuel diabète ou prédiabète associé pour évaluer un risque cardiovasculair e. Les autres facteurs de risque comme un éventuel tabagisme et le mode de vie sont à mettre en regard de CHAQUE patient ayant des paramètres métaboliques à risque.
Peut-on en conclure qu'il vaut mieux avoir du cholestérol en circulation sanguine, au lieu de le fixer sur les paroies ?
Ses artères étant fines et la cigarette au quotidien sont aussi une explication.
La lutte contre le tabac doit passer par l'absence du remboursement des frais médicaux aux fumeurs.
Il doivent choisir entre survivre sans fumer, ou payer eux-mêmes le prix de leur vice.
Les citoyens sains n'ont pas à travailler pour subvenir aux frais de leur suicide.
Quand j'ai pensé que ça pouvait venir des statines j'ai arrêté mon traitement je n'ai plus aucune douleur !!!!
On peut consulter l'étude ici : www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(11)61125-2/fulltext
L'essai HPS sponsorisé par Merck, considéré comme hautement suspect par les chercheurs indépendants car le seul à avoir montré une réduction de la mortalité en prévention primaire avec une statine, et beaucoup de données ont été camouflées. Nous avons demandé à Michel de Lorgeril de faire un point sur cet essai.
difficile de croire vote lien, il ne fonctionne pas...
semble prouver les bienfaits de l'utilisation des statines. Que croire ???
www.youtube.com/watch?v=lTO3QXDyd-0
même après un infarctus du myocarde, les statines sont + nuisibles qu'utiles. Le Dr Michel de Lorgeril est bien formel à ce sujet
il ne faut donc pas céder à cette panique orchestrée, si la lutte contre le cholestérol est inutile en "prévention primaire", elle l'est également en prévention secondaire
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