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Pourquoi la grippe frappe en hiver : 2 raisons essentielles

  • De nouvelles données expliqueraient le caractère saisonnier de la grippe.
Jacques Robert - Lundi 20 Février 2012
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Pourquoi la grippe frappe en hiver : 2 raisons essentielles
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La grippe saisonnière

La question de savoir pourquoi la grippe frappe en hiver est intrigante. Et pour cause, à ce jour le mystère n'a jamais été complètement percé ! Plusieurs hypothèses ont été avancées et l'une d'entre elles a été mise en avant en 2010 : elle montrait un lien entre le taux de vitamine D circulant dans le sang et le risque d'attraper un virus de la grippe. La vitamine D est effectivement une vitamine D indispensable au bon fonctionnement du système immunitaire et sa seule véritable source est l'exposition au soleil, expliquant notre forte production en été puis un affaissement de nos réserves, et avec elles de nos défenses immunitaires, pendant l'hiver. Cette hypothèse avait été validée par des chercheurs en 2010 et continue d'être privilégiée par de nombreux spécialistes : lire notre article "Pourquoi la grippe frappe en hiver : le rôle de la vitamine D".

Résoudre le mystère

Mais comme c'est souvent le cas, il y aurait en fait plusieurs raisons pour lesquelles la grippe frappe en hiver. Mais comment les chercheurs procèdent-ils pour déterminer quel facteur ou tel autre influence la survenue de la grippe ? Ils recueillent des données issues des études de population et des réseaux de surveillance des épidémies pour rechercher une association entre les cartes de l'épidémie par le virus et le ou les paramètres recherchés (par exemple le taux de vitamine D dans le sang). Puis ils établissent un modèle statistique (mathématique) qui tient compte des variables connues et ajustent ce modèle selon leur hypothèse. Ensuite, ils comparent le modèle obtenu avec ce qui se passe dans la réalité. Par exemple, le modèle idéal serait capable de prédire précisément le nombre de cas de grippe pour une semaine donnée.

Jusqu'à une date récente, le modèle le plus fiable était celui qui plaçait le déficit en vitamine D comme principal facteur de déclenchement de l'épidémie. Mais ce modèle n'était pas parfait. Cette fois, un nouveau pas vient d'être franchi avec un modèle plus précis. Dans celui-ci, la variable la plus importante du modèle statistique n'est plus le taux de vitamine D mais l'humidité absolue dans l'air, qui est une mesure de la quantité de vapeur d'eau. Cependant, ce nouveau modèle a encore des défauts et surtout, il n'élimine pas le rôle de la vitamine D, il l'utilise en partie, indiquant donc des causes multifactorielles, dont fait partie la vitamine D.

Ce nouveau modèle s'appuie sur des données publiées en 2010 et qui mettaient en relation l'humidité dans l'air avec l'apparition du virus de la grippe. Les chercheurs avaient estimé que dans les 20 à 10 jours qui précédent l'apparition de la maladie, l'humidité a chuté fortement. Ces conditions de faible humidité seraient propices à la survie et au développement du virus (1).

Voici la courbe de l'évolution de l'humidité, par rapport au jour d'apparition de l'épidémie (en bas):

 

En tenant compte de ces données, voici le modèle qui a été mis au point par les chercheurs. Il s'agit de la courbe de la mortalité par les virus de la grippe en fonction du mois de l'année, calculée sur 30 ans. Les pointillés représentent les données recueillies effectivement auprès des malades et la courbe en gras représente la prédiction du modèle statistique :

Mais pourquoi une faible humidité dans l'air accélère-t-elle la transmission du virus de la grippe ? Les particules d'eau seraient plus fines quand l'humidité diminue, ce qui permettrait au virus de rester vivant en suspension plus longtemps. La contamination étant facilitée ensuite par le manque de vitamine D chronique qui affaiblit les défenses immunitaires et peut-être les épisodes de scolarisation qui aideraient à la propagation du virus.

Pour se protéger de la grippe par des moyens naturels, vous pouvez lire l'interview de Thierry Souccar, auteur de "Prévenir et guérir la grippe".

Mais aussi nos nombreux articles sur la grippe, son fonctionnement, l'efficacité des vaccins et les solutions naturelles pour s'en protéger : cliquer ici.

Référence : (1): Shaman J, Pitzer VE, Viboud C, Grenfell BT, Lipsitch M. Absolute humidity and the seasonal onset of influenza in the continental United States. PLoS Biol. 2010 Feb 23;8(2):e1000316.

Shaman J, Jeon CY, Giovannucci E, Lipsitch M. Shortcomings of vitamin D-based model simulations of seasonal influenza. PLoS One. 2011;6(6):e20743.

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Commentaires  

 
0 3 18-01-2013 02:21
Comment concilier ces résultats avec les études d'intervention montrant une suppression de la saisonalité de la grippe chez les sujets suplémentés en vitamine D?

De ce que je comprends, ça suggère que la grippe résulte de la conjonction de l'air sec et du déficit en vitamine D.
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0 2 Jacques LaNutrition 22-02-2012 03:47
Bonjour,
Oui, bien entendu, les chercheurs font cette affirmation à partir des modèles expérimentaux en laboratoire sur des animaux où ils étudient la grippe. Ce n'est pas une explication qui pourrait provenir d'une erreur de raisonnement comme celle que vous évoquez.
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0 1 21-02-2012 14:19
Bonjour,
Est-ce que qqn peut expliquer : "Les particules d'eau ... plus fines quand l'humidité diminue, ... permettrait au virus de rester vivant en suspension plus longtemps."
Parce qu'il me semble que l'hiver, l'adage dit qu'un froid sec est bon pour la santé.
D'une façon plus triviale, on pourrait dire que quand l'humidité baisse, la météo est plus clémente, et donc les gens sortent et s'exposent plus.
Alors même si l'humidité semble
être un élément de corrélation intéressant, est-ce que l'explication du mode de diffusion du virus à travers les particules d'eau s'appuie sur des arguments scientifiques éprouvés, messieurs les experts journalistes de lanutrition.fr ?
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