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Aliments à la loupe
Dans ce dossier
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Le lait de soja est-il dangereux pour les enfants ?
- Les études chez l'animal inquiètent, mais les études chez l'homme sont jusqu'ici rassurantes
Le lait de soja (formules adaptées à l'alimentation des nouveaux-nés) contient des substances naturelles qui pourraient perturber le développement des tout petits. C’est en substance l’argument développé par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) dans un rapport de 2005 intitulé « Sécurité et bénéfices des phytoestrogènes apportés par l’alimentation ». Les préparations pour enfants à base de protéines de soja renferment en effet des phytoestrogènes ou isoflavones, dont la structure chimique est proche des hormones humaines. Ces phytoestrogènes peuvent interférer avec l’oestradiol, principale hormone féminine. Ils se fixent sur les récepteurs spécifiques des oestrogènes et peuvent soit stimuler leur action soit au contraire la diminuer. Le groupe de travail de l’Afssa déconseille le soja dans l’alimentation avant l’âge de 3 ans. Ce qui disqualifie les préparations pour nourrissons à base de protéines de soja. Pourquoi une telle méfiance ? Selon Mariette Gerber, qui présidait ce groupe, « ces réserves sont essentiellement basées sur les données d’expérimentation animales mais c’est parce que les effets chez l’homme n’ont pas été étudiés ou presque. »
Certaines études animales montrent en effet clairement que les phytoestrogènes du soja pourraient provoquer une modification du taux de testostérone ou favoriser le développement de cancers hormonaux-dépendants. D'autres études ont mis en évidence des troubles du développement sexuel ou de la reproduction chez des souris nourries au soja. Rien de tout cela n’a jusqu'ici été observé chez l’homme (lire encadré).
Pas suffisamment de données ?
Aux Etats-Unis, les experts du Centre pour l’évaluation des risques liés à la reproduction humaine (CERHR) ont rendu un rapport sur ce sujet en janvier 2006. Ce groupe de travail arrive à la conclusion que « il n’y a pas suffisamment de données humaines ou animales valables pour permettre de déterminer la toxicité des formules infantiles au soja sur le développement ou la reproduction ». Il souligne également qu’aucune des études pratiquées chez les rongeurs n’a utilisé ces fameuses préparations pour nourrissons à base de protéines de soja. Sur la question de la génistéine, l’un des isoflavones du soja, les experts américains arrivent à la conclusion qu’il n’y a aucun risque pour une consommation de génistéine aglycone comprise entre 0,01 et 0,08 mg par kilo de poids corporel et par jour soit entre 0,07 et 0,56 mg/jour pour un bébé de 4 mois, ce qui correspond à l’apport moyen des formules à base de soja.
En mai 2008, le comité de nutrition de l’Académie américaine de pédiatrie a publié un rapport sur les préparations infantiles à base de soja. Le comité relève que « chez les nourrissons nourris avec ces formules, la concentration d’albumine – un marqueur de l’état nutritionnel – est normale, la minéralisation osseuse est équivalente à celle obtenue avec des laits artificiels à base de lait de vache, les études cliniques ne soulèvent aucune inquiétude en ce qui concerne le développement sexuel, les maladies thyroïdiennes, les fonctions immunitaires et le développement cérébral. »
Le toxicologue Jean-François Narbonne, membre de l’Afssa, estime lui aussi que le rapport français de 2005 a exagéré les dangers du soja. Selon lui, « on n’a pas aujourd’hui d’arguments scientifiques sérieux ni dans un sens ni dans l’autre. Il doit rester dans notre société une part de liberté individuelle, y compris pour le corps médical, dans la mesure ou il n’est pas démontré qu’il existe des risques particuliers. »
Pour le Dr Kenneth Setchell du Centre médical pour enfants de Cincinnati dans l’Ohio, un des meilleurs spécialistes du soja, les préparations pour enfants à base de soja sont commercialisées depuis 40 ans aux États-Unis. « Je pense que depuis cette date, 20 à 30 millions d’enfants à travers le monde ont été nourris avec ces préparations. Cette cohorte est tellement grande que les effets indésirables auraient été remarqués » explique-t-il.
Malgré ces constatations rassurantes, il faut rester prudent car on ne dispose encore que d'un nombre limité d'études ciblées sur les effets à long terme du soja. Les parents dont un enfant ne tolère pas le lait de vache et qui souhaitent opter pour le soja doivent aussi savoir que 10 à 15% des enfants allergiques au lait de vache le sont aussi au soja. Pour eux, les formules hydrolysées de lait de vache peuvent être une solution.
| Des études rassurantes |
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En 2001, des chercheurs de l’université de Pennsylvanie ont mené une étude dans le but de mieux connaître les conséquences sur la santé d’une consommation de lait de soja durant la petite enfance. Brian Strom et ses collaborateurs ont regroupé plus de 800 personnes âgées de 20 à 34 ans, nées entre 1965 et 1978. Parmi elles, 248 avaient été nourries avec une préparation à base de soja. Les scientifiques ont passé au crible une multitude de paramètres pouvant être influencés par les hormones afin de vérifier s’il existait des différences entre les deux groupes : poids, taille, allergies, âge de la puberté, cycles menstruels, déroulement des grossesses. Leur verdict : la consommation de préparations pour nourrisson à base de soja n’a de conséquences ni sur la santé, ni sur la reproduction. Dans une autre étude de 2010, les volumes mammaire, ovarien et testiculaire ont été mesurés chez des bébés de 4 mois nourris au lait maternel, au lait de vache ou au lait de soja. Les chercheurs n’ont trouvé aucune différence selon le mode d’alimentation, à l’exception d’un volume des ovaires et d’un nombre de kystes ovariens plus grands chez les bébés nourris au lait de vache. Les conséquences cliniques ne sont pas claires, plusieurs études n’ayant pas noté de différences biologiques chez des adultes nourris dans leur enfance au lait de vache ou au lait de soja. Enfin, toujours en 2010, une petite étude a rapporté dans ses résultats préliminaires, que des femmes qui avaient dans l’enfance reçu des laits artificiels au soja avaient un risque de cancer du sein réduit de 40 à 60 pour cent par rapport à des femmes ayant reçu des formules à base de lait de vache. |
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Commentaires
L'étude constate que les femmes nourries au lait de soja étant bébé ont 2 fois plus de risque de développer de l'endométriose.
Le soja, du fait d'être un phytoestrogène provoquerait des désordres hormonaux s'il est pris au moment du développement embryonnaires (femmes enceintes) ou chez les très jeunes enfants en pleine croissance et développement ( notamment la maturation de leurs organes sexuels). Ces pertubations hormonales conduisent entre autre à des pathologies comme l'endométriose.
Lait de soja naturel, tonyu ? Un bébé peut en boire s'il n'est pas allergique au soja, mais à ne pas utiliser en remplacement d'un lait artificiel car ces boissons ne contiennent absolument pas les nutriments nécessaires à la croissance d'un enfant. Il y a des laits de soja spécialment formulés pour cela, ce n'est pas du jus de soja.
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