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Aliments à la loupe

Peut-on encore manger du poisson ?

  • Manger du poisson ne serait pas sans risques.
  • Peut-on encore manger du poisson ?
Jacques Robert - Vendredi 13 Avril 2012
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Peut-on encore manger du poisson ?
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Les récentes études sur la dangerosité de la viande rouge sur la santé ont suscité l'interrogation (voir notre article Peut-on encore manger de la viande rouge ?). Entre les questions de santé et d'éthique de plus en plus de gens se tournent vers le végétarisme ou même parfois le végétalisme. Et pour le poisson, la présence bien connue de nombreux polluants et métaux lourds d'un côté et des oméga-3 de l'autre rend la question légitime : peut-on encore manger du poisson ?
Pour tenter d'y répondre nous avons recueilli l'avis de Dariush Mozaffarian, professeur associé du département d'épidémiologie à l'école de santé publique de Harvard et membre de l'organisation mondiale de la santé (OMS).

Les principaux contaminants des poissons sont le mercure et les PCB. Ces deux toxiques sont issus des activités humaines et sont persistants dans la nature même si le niveau des PCB décroît lentement au fil du temps. Ces substances s'accumulent dans la chaire des poissons et se concentrent dans les tissus à mesure que le poisson se situe en haut de la chaîne alimentaire, ce dernier ayant accumulé les toxiques des plus petits poissons qu'il a mangé au cours de sa vie. Les poissons contiennent généralement aussi des dioxines mais en quantité moindre que la viande et les produits laitiers.

Pour Dariush Mozaffarian la réponse est claire : "Tant que vous n'êtes pas une femme enceinte l'évidence montre qu'il y a toujours un bénéfice net à consommer du poisson". En effet, pendant la grossesse les contaminants peuvent toucher le bébé et pourraient avoir un impact sur son développement. Il conseille néanmoins : "si vous mangez plus de deux portions de poisson par semaine il vaut mieux alterner le type de poisson consommé pour limiter l'exposition aux mêmes métaux lourds trop régulièrement". Il rappelle : "Quand vous mangez du poisson vous ne mangez pas que des contaminants, vous mangez du poisson. Il y a des risques mais aussi des bénéfices."

Pourtant il existe des données scientifiques qui montrent que la consommation de mercure via l'alimentation peut provoquer des problèmes neurologiques (la plupart étant des symptômes légers comme une diminution de la vision périphérique, une diminution de la coordination et une faiblesse musculaire). Tous les experts s'accordent à dire qu'il est théoriquement possible d'être empoisonné par le mercure en mangeant des poissons qui en sont riches. La quantité exacte nécessaire n'est pas connue mais semble supérieure à celle consommée en moyenne.

Le Pr Mozaffarian souligne tout de même que, malgré les contaminants, le risque de décès est 50% supérieur chez ceux qui ne mangent pas de poisson comparativement à ceux qui consomment une à deux portions de poisson gras par semaine. Les bénéfices l'emportent donc sur les risques, sauf en cas de grossesse (voir notre article dans ce cas). Idéalement on privilégiera les poissons pauvres en mercure en variant régulièrement, en bas de la chaîne alimentaire et on évitera ceux qui en contiennent beaucoup.

D'après l'organisation mondiale de la santé les poissons riches en mercure sont principalement : l'espadon, le requin, le maquereau roi, le marlin, le poisson montre, le thon obèse et le thon jaune.

Les poissons les plus pauvres en mercure sont principalement les sardines, le maquereau, les anchois, le hareng, le crabe, le saumon et la truite arc-en-ciel.

A lire également : Poissons d'élevage, poissons sauvages, lesquels choisir ?

LaNutrition.fr conseille donc toujours de suivre les recommandations de sa pyramide alimentaire. Vous pouvez aussi consulter plus en détail l'article "La meilleure façon de manger du poisson et des fruits de mer".

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Pour aller plus loin : La sélection de LaNutrition.fr

Commentaires  

 
+2 9 Jacques 17-05-2012 17:13
Bonjour,

Les bénéfices de la consommation de poisson sur la santé ne semblent pas uniquement liés aux oméga-3. L'utilisation d'huiles de poissons est une bonne idée car les polluants sont filtrés dans ces produits mais ils n'apportent probablement pas les mêmes bénéfices que le poisson lui-même.
 
 
0 8 Rudydu 17-05-2012 13:22
L'huile de foie de morue ou l'huile de poisson, est-ce une bonne idée ou ça ne change rien en matière de toxicité ?
 
 
-2 7 21-04-2012 20:06
Moi ça m'amuse beaucoup d'écouter mes collègues s'étonner de me voir manger du tofu avec des legumes justes un peu cuits voir crus souvent, parsemé de graine de quinoa , sarrazin... crues aussi... Ca fait plus de 2 ans que je déjeune avec eux mais je reste une énigme pour eux... Du coup, je peux leur faire "avaler" des inepties du genre "une salade de gazon fraiche c'est top au petit dej"... Manger une fève crue "c'est dingue" alors pourquoi pas du gazon.. Mdr...
 
 
+3 6 18-04-2012 13:04
Pour les oméga 3 et les végétariens, ça relève plus de la subcarence que de la carence: il n'y a pas de maladie associée, juste l'absence du bénéfice. Mais j'explique ça, je ne sais pas si vous me suivez, car c'est bien connu que vous les végétariens vous avez un petit QI à cause de votre manque d'oméga 3 (pas taper, je plaisante :-)
 
 
+2 5 n.mathieu326@laposte.net 17-04-2012 15:20
Merci, j'ai lu l'article.
J'avoue être un peu fatiguée qu'on nous refasse encore le coup des carences, alors que généralement, les végétariens sont mieux informés que la moyenne sur l'alimentation, et moins carencés. De la même façon que l'organisme absorbe mieux le calcium s'il en reçoit en quantités faibles ou moyennes (cf. travaux de Thierry Souccar sur le lait et le fameux "paradoxe du calcium"), pourquoi en irait-il différemment pour d'autres minéraux et vitamines ? De nombreux végétaux contiennent du zinc et du fer, et je prends un complément pour la B12 qui contient aussi de la vitamine D. Mes dernières analyses ne faisaient état d'aucune anomalie, n'en déplaise aux adorateurs de la viande et du poisson, peut-être parce que je fais aussi confiance à la nature ?
Mais même si les vieilles idées ont la vie dure, j'apprécie ce site qui permet tout de même de battre en brèche bien des idées reçues.
 
 
+2 4 15-04-2012 06:38
Nathalie Mathieu: l'oméga 3 d'origine végétale, c'est l'acide alpha linolénique, qui doit être transformé en EPA et en DHA pour produire les même bénéfices que les oméga 3 d'origine animale.

La transformation met en jeu plusieurs enzyme et requiert des cofacteurs. De part la génétique et l'alimentation, les individus ne sont pas égaux pour faire cette transformation.

La question a été évoquée ici, sans toutefois sourcer les carences des végétariens en oméga 3:
http://www.lanutrition.fr/bien-dans-son-assiette/bien-manger/les-regimes-sante/le-regime-vegetarien/les-risques-de-carences-chez-les-vegetariens.html
 
 
+2 3 n.mathieu326@laposte.net 14-04-2012 20:43
Merci pour la précision. Après avoir lu l'article "Indispensable poisson", j'ai le sentiment qu'il aurait été mieux nommé "indispensables oméga 3". Or, je me permets de rappeler qu'il existe d'excellentes sources végétales d'oméga 3 (colza, lin, noix, soja, etc.), d'une part, et que selon le WWF, il pourrait ne plus y avoir de poissons dans les mers en 2048, d'autre part. Pour moi, le choix est fait, et je veille à la présence de sources végétales d'oméga 3 dans mon alimentation...ce qui m'évite également les métaux lourds, PCB et autres joyeusetés présentes dans le poisson, et permet de mieux préserver l'écosystème marin... C'est vous qui voyez...
 
 
+4 2 Jacques 14-04-2012 14:53
Bonjour Nathalie,

Il existe de nombreuses études qui ont mis ce lien en évidence. Par exemple: Zhang J, Sasaki S, Amano K, Kesteloot H. Fish consumption and mortality from all causes, ischemic heart disease, and stroke: an ecological study. Prev Med. 1999 May;28(5):520-9.

Mais aussi sur notre site: http://www.lanutrition.fr/bien-dans-son-assiette/aliments/poissons-et-produits-de-la-mer/indispensable-poisson.html
 
 
+2 1 n.mathieu326@laposte.net 14-04-2012 11:20
Je suis surprise par l'affirmation selon laquelle on aurait plus de risque de décès en ne mangeant pas de poisson qu'en en mangeant une ou deux fois par semaine. Peut-on avoir des détails sur cette étude, les caractéristique s des groupes, etc. ?
 

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