Sur les mêmes thèmes
Aliments à la loupe
Dans ce dossier
Le régime des groupes sanguins
- Et si on était en surpoids parce que notre alimentation n’était pas adaptée à notre groupe sanguin ? C’est la question que s’est posée le Dr d’Adamo, créateur du régime des groupes sanguins.
- Alors, arnaque de plus ou révolution nutritionnelle ?
|
Profil |
|
|
Principe |
Chaque groupe sanguin possède des caractéristiques particulières héritées de nos ancêtres et plus ou moins compatibles avec les aliments que nous mangeons. En ne consommant que la nourriture adaptée à notre groupe sanguin, on retrouve un poids de forme tout en se protégeant d’un certain nombre de maladies chroniques. |
|
Points forts |
|
|
Points faibles |
|
Comment ça marche ?
Le Dr Peter d’Adamo, naturopathe, a développé la thèse de son père le Dr James d’Adamo également naturopathe selon laquelle nos besoins nutritionnels dépendent de notre groupe sanguin. Il assoit cette théorie sur deux principes :
1) les groupes sanguins se sont différenciés au fil des millénaires.
2) à chaque groupe correspond à une composition sanguine particulière. À la surface des globules rouges se trouvent des glycoprotéines. Et, selon le type sanguin, ces glycoprotéines ne sont pas les mêmes. Les glycoprotéines des globules rouges sont susceptibles, selon d’Adamo, de réagir avec des protéines alimentaires, les lectines. Cette interaction entraînerait à la fois une agglutination des globules rouges et la formation par le système immunitaire d’anticorps dirigés contre ces protéines alimentaires. Ainsi, consommer le mauvais aliment avec le mauvais groupe sanguin pourrait causer des maladies graves (cancers notamment), voire même entraîner la mort. À l’opposé les aliments qui conviennent à chaque groupe seraient ceux que l'on mangeait le plus à l'époque où le groupe sanguin est apparu.
Pour chacun des quatre groupes sanguins, Peter d’Adamo a défini un profil (lié à l’histoire humaine) et des aliments bénéfiques, neutres ou à éviter :
Le groupe O
Il est le groupe sanguin le plus ancien (et le plus répandu), celui de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Ces derniers se nourrissaient d'animaux, de poissons, d'insectes, de baies, de racines et de feuilles. Ils avaient donc une alimentation riche en protéines et pratiquaient une activité physique soutenue.
Les personnes appartenant à ce groupe sanguin doivent donc privilégier les viandes maigres (aliments bénéfiques) et éviter au maximum les céréales (le blé et le maïs en particulier) et les produits laitiers car leur système digestif n’y est pas adapté. Ils peuvent consommer des fruits (sauf l’orange et la clémentine) et des légumes (sauf tomate, aubergine et pomme de terre) mais pas de légumineuses (lentilles, haricots secs, etc.). Parallèlement, une activité physique intense les stimule.
Le groupe A
Il est apparu au Néolithique avec l’agriculture. A cette époque, l'homme mange surtout des céréales et des légumineuses et son activité physique est moins intense.
Les personnes appartenant à ce groupe doivent donc avoir une alimentation plutôt végétarienne. Les légumes (hors pomme de terre, patate douce, igname, chou et tomate) et les fruits (sauf orange) doivent donc composer l’essentiel de la diète. Ils doivent être le plus naturels possibles : soit crus, soit cuits à la vapeur (et provenant de l’agriculture biologique de préférence). Le blé et le maïs peuvent être consommés mais en quantités raisonnables. Les viandes rouges doivent être évitées au profit des volailles. Les produits laitiers peuvent être consommés avec modération.
Le groupe B
Il est apparu avec les grandes migrations humaines, c’est donc celui des nomades. Ces derniers capturaient et domestiquaient le bétail sauvage : ils avaient donc une alimentation à base de viande et de produits laitiers.
Les personnes du groupe B ont une alimentation plus diversifiée. Et c’est le seul groupe qui peut manger des produits laitiers divers régulièrement. Le poulet doit en revanche être évité ainsi que le blé, le seigle et le maïs. C’est le seul groupe qui peut consommer des oranges et des clémentines.
Le groupe AB
C'est le plus récent. Il est apparu après le mélange des populations majoritairement A (d’origine européenne) avec les populations marquées par le groupe B (d’origines mongole et caucasienne). Leur alimentation était diversifiée.
Les personnes appartenant au groupe sanguin AB peuvent manger à peu près de tout. Elles doivent privilégier l’agneau, le mouton, le lapin et la dinde au bœuf et éviter soigneusement le poulet. Côté légumes et fruits, tout est bon (en particulier, les prunes, le raisin et les fruits rouges) sauf l’orange et la clémentine.
Enfin tous les groupes sanguins devraient bannir le son de blé, la noix de coco, le porc, les glaces, le saumon fumé, la rhubarbe, les huiles d’arachides et de maïs, le poivre noir et le vinaigre.
Adopter le régime qui convient à son groupe sanguin permettrait selon le Dr d’Adamo de perdre les kilos superflus, de prévenir un certain nombre de maladies d’origine virale ou bactérienne, de lutter contre la plupart des maladies chroniques (cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, etc.) et de rester jeune plus longtemps.
En bon naturopathe, Peter d’Adamo conseille aussi à ses lecteurs d’utiliser des aliments frais, sains, non manipulés et non préparés (sans sucre ni additifs) et dans des quantités recommandées plutôt limitées.
En résumé
La sensibilité aux lectines des aliments (des protéines particulières) serait régie par le groupe sanguin. Chaque groupe sanguin est donc adapté à certains aliments et pas à d’autres.
Qu’en dit la recherche ?
Il n’existe aucune étude scientifique sur le régime des groupes sanguins. Le Dr d’Adamo a cependant publié quelques articles sur le lien entre les groupes sanguins et certaines maladies (cirrhose, lymphome, etc.) mais ils sont tous parus dans le journal scientifique dont il est le fondateur, ce qui ôte un peu de leur crédibilité à ses recherches.
Le Dr Joel Fuhrman, auteur lui-même d’un guide révolutionnaire pour maigrir, a recensé toutes les études existantes sur les groupes sanguins pour examiner le lien possible entre alimentation, groupe sanguin et maladies. Pour lui, il existe certes des preuves scientifiques montrant que nos gènes et même notre groupe sanguin peuvent nous prédisposer à certaines maladies (attaques cardiaques, cancers). Pour autant, les allégations du Dr d’Adamo lui semblent « ridicules » tant elles ne reposent sur aucune base scientifique.
Tout d’abord, d’Adamo prétend que les groupes sanguins (après le O) ont évolué il y a dix à trente mille ans. En réalité, les études d’ADN montrent qu’ils existent dans l’espèce humaine depuis plusieurs millions d’années. Donc sa théorie a du plomb dans l’aile. De plus, si on regarde à la fois les influences génétiques et les facteurs environnementaux, on se rend compte que ces derniers ont plus d’impact sur les maladies chroniques actuelles (athérosclérose, cancers, maladies cardiovasculaires) que n’en ont les gènes ou les groupes sanguins.
Le Dr Fuhrman pointe aussi les non-sens nutritionnels flagrants qui jalonnent le livre du Dr d’Adamo. Citons-en deux, entre autres :
-selon d’Adamo, les personnes du groupe O « ont tendance à ne pas produire assez d’iode ». Or le corps humain est incapable de synthétiser de l’iode. Ce dernier est exclusivement apporté par l’alimentation.
- la quantité d’acide sécrétée par l’estomac dépendrait du groupe sanguin, ce qui aurait une influence sur la digestion des protéines. En réalité les acides de l’estomac ne digèrent pas les protéines, c’est le rôle de la pepsine.
En ce qui concerne les lectines des aliments, il est vrai que certaines d’entre elles sont impliquées dans des réactions allergiques. D’autres sont potentiellement toxiques, comme celles des haricots rouges, et doivent être détruites par la cuisson avant d’être ingérées. Cependant certaines lectines, comme celles de la tomate (qui représentent un danger pour d’Adamo) ont démontré leurs action bénéfiques, notamment dans la lutte contre le cancer. De plus, rien ne montre que les lectines alimentaires provoquent une réaction immunitaire de type antigènes-anticorps en fonction des groupes sanguins. Les différents tests pratiqués par le Dr d’Adamo ne permettent en aucun cas de prouver quoi que ce soit. Notez de plus que de l’avis de d’Adamo lui-même, les lectines sont détruites par la cuisson, la germination et la mouture.
En résumé
Aucune étude n’assoit scientifiquement la méthode du Dr d’Adamo qui comporte par ailleurs un certain nombre d’erreurs nutritionnelles et physiologiques.
| Notre avis |
|
Le régime des groupes sanguins considère l’individu à travers l'une de ses particularités : son groupe sanguin. Il propose ainsi une approche «personnalisée». Cependant, il n’a jamais été démontré que certains aliments sont plus ou moins adaptés à l’un ou l’autre des groupes sanguins. D’autre part, seuls les témoignages des adeptes du régimes montrent qu’il y a perte de poids. Donc, pour ce régime encore, c’est le changement d’habitudes alimentaires (et la diminution de l’apport calorique qu’il entraîne bien souvent) pendant quelques semaines qui est à l’origine de la perte de poids, pas une théorie révolutionnaire. LaNutrition.fr conseille essentiellement deux régimes : le régime IG et le nouveau régime Atkins. |
Bibliographie
D'Adamo, PJ. : « Gut Ecosystems I-III: AB0 and other polymorphic systems ». Townsend Letter for Doctors. 1990;88.
D'Adamo, PJ. : « Possible alteration in ABO blood group observed in non-Hodgkin's lymphoma. » J. Naturopath. Med. 1990; 1: 39-43.
D'Adamo, PJ, Zampieron, ER. : « AB0 bias may signal innate differences in "Natural" immunity. » J. Naturopath. Med. 1991 ;2(1): 11 – 16.
D'Adamo, PJ. : « Chelidonium and Sanguinaria alkaloids as anti-HIV therapy » J. Naturopath. Med.1992;3(1): 31 -34.
D'Adamo, PJ. : « Combination naturopathic therapy in Primary Biliary Cirrhosis. » J. Naturopath. Med. 1993,4(1): 24-25.
D'Adamo, PJ. : « Illustrated guide to the history of bedside medicine. » J. Naturopath. Med. 1993(4)1: 43-51.
D’Adamo, PJ. : « Larch arabinogalactan is a novel immune modulator. » J. Naturopath. Med. 1996 (6)1:33-37.
D'Adamo, PJ & Whitney, C. : Eat Right 4 Your Type (GP Putnam's Sons Publishers)
Peter J. D'Adamo :« 4 groupes sanguins, 4 régimes", Éditions Michel Lafon.
Fuhrman J. : Eat to live, éditions Little, Brown and Company, New York, 2003.
3ème journée de formation LaNutrition.fr samedi 16 juin 2012 à Marseille
LaNutrition.fr organise le samedi 16 juin à Marseille sa 3ème journée de formation, ouverte aux médecins, diététiciens, professionnels de santé, grand public averti. Venez rencontrer les spécialistes et l'équipe du site, vous informer et vous former dans une ambiance décontractée. Le thème cette année : Infections, polluants, radicaux libres, stress : comment se protéger contre les agresseurs biologiques. Parmi les intervenants les Pr Jean-François Narbonne et Pierre-Marie Martin, les Dr Martine Cotinat et Dominique Rueff. Inscrivez-vous ici. (Publicité)




Ajouter un Commentaire