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Dans ce dossier
Dangers du sucre : la position de la société française de pédiatrie
- La Société française de pédiatrie réagit aux récentes études sur les méfaits du sucre.
Il y a peu paraissait dans Nature, une grande revue scientifique Américaine, une tribune écrite par des chercheurs qui dénonçaient les méfaits du sucre sur la santé. La comparaison était même faite avec des produits comme l'alcool et ils demandaient purement et simplement la taxation des produits sucrés, au même titre que les cigarettes (un article à retrouver ici). L'article a fait grand bruit mais les arguments soulevés à l'encontre des produits sucrés et en particulier sur les méfaits d'une surconsommation du fructose comme le surpoids ou le diabète étaient étayés par de nombreuses études.
En France les réactions ont été plus modérées mais il y a quelques jours, la société française de pédiatrie (SFP), qui avait déjà pris la défense des très contestés 3 à 4 laitages par jour, a décidé de faire entendre sa voix originale sur cette nouvelle question épineuse par l'intermédiaire du professeur Patrick Tounian (Hôpital Armand Trousseau, Paris).
Sucre et addiction
Dans son communiqué, la SFP nous explique que, non, le sucre n'est pas une drogue. Pharmacologiquement une drogue doit présenter un certain nombre de caractéristique : entrainer des symptômes physiques de sevrage à l'arrêt et provoquer une tolérance qui nécessite l'utilisation de doses continuellement croissantes. Mais le professeur Tourian reconnaît néanmoins que "si l’ingestion de sucre produit effectivement un plaisir qui partage les mêmes voies cérébrales que celui induit par la consommation de certaines drogues (nicotine, alcool), aucun élément ne permet d’affirmer que les sucres en partagent également la dépendance toxicomaniaque."
En réalité, l'addiction au sucre a bien été démontrée chez le rat, mais pas encore chez l'homme.Après un demi-siècle de recherches, le Pr Bartley Hoebel (Princeton) a avancé des arguments convaincants qui démontrent dans un modèle expérimentale que le sucre peut entraîner les mêmes effets que la cocaïne ou l'héroïne. En 2010, Johnson et Kenny ont utilisé des modèles qui servent à l'étude des drogues dures pour confirmer ces observations pour les aliments très gras et/ou très riches en glucides. Ces aliments entraînent des comportements identiques à ceux que l'on observe avec les drogues. De très nombreux autres travaux viennent conforter ces conclusions, par exemple le fait que lorsqu'on propose à des rats soit une solution sucrée à la saccharine, soit de la cocaïne, ils préfèrent la saccharine.
Sucre et obésité
Vient ensuite la question du poids : le sucre fait-il grossir ? Patrick Tourian balaie allègrement les études citées par les chercheurs. Selon lui, le sucre ne fait pas grossir ; il explique que l'appétit se régule parfaitement tout seul, au niveau du cerveau. En effet nous y produisons différentes hormones qui régulent notre balance énergétique, comme la leptine. Ce faisant, la SFP évacue les études qui mettent en évidence la diminution du niveau de leptine liée à un régime riche en fructose et le développement d'une résistance à la leptine par le fructose, préliminaire indispensable au développement du surpoids puis du diabète. Cette résistance à la leptine intervient justement au niveau du cerveau et modifie notre comportement alimentaire, autrement dit : le fructose nous pousse à manger toujours plus (1). Mais pour ce spécialiste, les enfants sont solides, à leur âge "le système de régulation de poids [est] très performant". Le seul vrai problème, selon lui c'est qu'une grande consommation de sucre diminue l'apport en vitamines et minéraux présents dans d'autres aliments.
Et le diabète ? Là encore, le Pr Tounian estime que le sucre n'est pas à bannir ! Le sucre n'aurait rien à voir là-dedans, c'est l'obésité qu'il faut blâmer ! A croire que tous les obèses se nourrissent de poisson, légumes verts et riz complet.
Ne plus avoir peur
Pour la SFP, la conclusion est évidente : cet article écrit par les chercheurs Américains n'est pas à mettre à la poubelle, mais presque. Les vraies "données scientifiques objectives [ne seraient] pas probantes" et la peur des sucres est démesurée chez l'enfant. Et chez les obèses, la consommation massive de sucres ne serait qu'une conséquence et non une cause. Pour Patrick Tourian, la peur des sucres nous vient de la culture judéo-chrétienne où "les plaisirs de la bouche sont toujours entachés d’une certaine culpabilité". Il nous rappelle également que l'être humain vient au monde avec une attirance naturelle pour le goût sucré. De là en recommander la consommation de sucre, il n'y a qu'un pas.
C'est celui qu'avait franchi Pierre Mendès France le 1er janvier 1955 en distribuant à tous les enfants du primaire du lait et du sucre. Comme le rappelle Thierry Souccar dans Lait, mensonges et Propagande, il s'agissait d'améliorer "la santé de nos enfants". Ces distributions, disait Pierre Mendès-France "aideront à écouler une partie de notre production laitière et sucrière ; et elles prépareront une modification progressive des habitudes des consommateurs dans nos pays où le lait et le sucre ne sont pas consommés autant que le voudraient la santé et la vigueur de la race." Une mesure qui n'a pas vraiment été couronnée de succès sur le plan sanitaire. Au fait, qui défendait vigoureusement à l'époque la distribution de sucre (et de lait) aux enfants ? Les pédiatres français. Un article publié par le journal Pédiatrie en 1953, assure qu’il faut leur servir « à 10 heures et 16 heures un verre de lait complet, chaud en hiver, additionné d’un sucre de 3 à
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