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Aliments à la loupe

Les fausses couches favorisées par le stress

Y a-t-il un lien entre le stress des futures mamans et le risque de fausses couches ? D’après une récente étude, il semble que oui. L’équipe du Dr Pablo Nepomnaschy du National Institute of Environmental Health Sciences (Caroline du Nord) a voulu savoir si le stress augmentait la probabilité de fausses couches. Verdict : il multiplie presque par 3 le risque d’avortement spontané.

Les chercheurs ont suivi pendant un an 61 femmes qui n’étaient pas encore enceintes au début de l’étude. Pour éviter de laisser des facteurs extérieurs influencer les résultats, l’équipe de Pablo Nepomnaschy a choisi des femmes ayant sensiblement le même mode de vie : même culture, même alimentation, même niveau d’activité. Les participantes habitaient dans une zone rurale du Guatemala.

Trois fois par semaines, les chercheurs ont analysés leurs urines d’une part pour vérifier si elles tombaient enceinte, d’autre part pour mesurer leur niveau de stress. Mais comment « doser » le stress dans les urines ? Grâce au cortisol. Cette substance couramment appelée hormone du stress est secrétée par l’organisme lorsque vous êtes stressé. Plus de stress égal plus de cortisol dans les urines !

Au cours de l’étude, 22 femmes sont tombées enceintes. Parmi elles, 9 ont mené leur grossesse à terme mais 13 ont fait une fausse couche.

En regardant le niveau de cortisol des femmes dont la grossesse a avorté, Pablo Nepomnaschy a trouvé qu’un taux de cortisol élevé au cours des trois premières semaines de grossesse multiplie par 2,7 le risque de fausses couches. « Chez les femmes ayant beaucoup de cortisol, 90 % des grossesses ont avorté spontanément, précise l’auteur. Alors que seules 33 % de fausses couches ont été constatées parmi celles dont le taux de cortisol était plus bas ».

Les auteurs ont encore du mal à expliquer pourquoi une montée en flèche du cortisol provoque des avortements spontanés. « Le corps interprète peut-être cette hausse comme une détérioration des conditions de vie, suppose Pablo Nepomnaschy. Cela pourrait déclencher automatiquement une fausse couche. »

Quand elles interviennent très tôt dans la grossesse, ces fausses couches sont souvent naturelles : si le corps décèle une malformation chez le futur bébé par exemple, l’utérus de la mère expulse naturellement le fœtus. De la sélection naturelle in utéro en quelque sorte. Cela explique aussi pourquoi les femmes de plus de 40 ans ont plus de risques de donner naissance à des enfants porteurs d’anomalies génétique : passé cet âge, l’utérus est moins à même d’expulser ces fœtus, donc les naissances d’enfants atteints de handicap sont plus fréquentes.

En général, 15 % des grossesses se soldent par une fausse couche, mais ces chiffres se basent uniquement sur les grossesses avortées après plus de six semaines. « Si on comptabilise toutes les fausses couches quel que soit l’état d’avancement de la grossesse, ce sont presque la moitié des grossesses qui ne sont pas menées a terme », explique le Dr Mary Stephenson, gynécologue-obstétricienne à l’université de Chicago. « Le meilleur conseil pour les femmes qui veulent un bébé est de modifier leur style de vie pour limiter le stress avant même de tomber enceinte ».

Un seul mot d’ordre pour les futures mamans : restez zen !

Pablo A. Nepomnaschy, Ph.D., postdoctoral fellow, National Institute of Environmental Health Sciences, National Institutes of Health, Research Triangle Park, N.C., Proceedings of National Academy of Sciences

Aline PÉRIAULT - Lundi 13 Novembre 2006
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Mots-clés grossesse, stress

Y a-t-il un lien entre le stress des futures mamans et le risque de fausses couches ? D’après une récente étude, il semble que oui. L’équipe du Dr Pablo Nepomnaschy du National Institute of Environmental Health Sciences (Caroline du Nord) a voulu savoir si le stress augmentait la probabilité de fausses couches. Verdict : il multiplie presque par 3 le risque d’avortement spontané.

Les chercheurs ont suivi pendant un an 61 femmes qui n’étaient pas encore enceintes au début de l’étude. Pour éviter de laisser des facteurs extérieurs influencer les résultats, l’équipe de Pablo Nepomnaschy a choisi des femmes ayant sensiblement le même mode de vie : même culture, même alimentation, même niveau d’activité. Les participantes habitaient dans une zone rurale du Guatemala.

Trois fois par semaines, les chercheurs ont analysés leurs urines d’une part pour vérifier si elles tombaient enceinte, d’autre part pour mesurer leur niveau de stress. Mais comment « doser » le stress dans les urines ? Grâce au cortisol. Cette substance couramment appelée hormone du stress est secrétée par l’organisme lorsque vous êtes stressé. Plus de stress égal plus de cortisol dans les urines !

Au cours de l’étude, 22 femmes sont tombées enceintes. Parmi elles, 9 ont mené leur grossesse à terme mais 13 ont fait une fausse couche.

En regardant le niveau de cortisol des femmes dont la grossesse a avorté, Pablo Nepomnaschy a trouvé qu’un taux de cortisol élevé au cours des trois premières semaines de grossesse multiplie par 2,7 le risque de fausses couches. « Chez les femmes ayant beaucoup de cortisol, 90 % des grossesses ont avorté spontanément, précise l’auteur. Alors que seules 33 % de fausses couches ont été constatées parmi celles dont le taux de cortisol était plus bas ».

Les auteurs ont encore du mal à expliquer pourquoi une montée en flèche du cortisol provoque des avortements spontanés. « Le corps interprète peut-être cette hausse comme une détérioration des conditions de vie, suppose Pablo Nepomnaschy. Cela pourrait déclencher automatiquement une fausse couche. »

Quand elles interviennent très tôt dans la grossesse, ces fausses couches sont souvent naturelles : si le corps décèle une malformation chez le futur bébé par exemple, l’utérus de la mère expulse naturellement le fœtus. De la sélection naturelle in utéro en quelque sorte. Cela explique aussi pourquoi les femmes de plus de 40 ans ont plus de risques de donner naissance à des enfants porteurs d’anomalies génétique : passé cet âge, l’utérus est moins à même d’expulser ces fœtus, donc les naissances d’enfants atteints de handicap sont plus fréquentes.

En général, 15 % des grossesses se soldent par une fausse couche, mais ces chiffres se basent uniquement sur les grossesses avortées après plus de six semaines. « Si on comptabilise toutes les fausses couches quel que soit l’état d’avancement de la grossesse, ce sont presque la moitié des grossesses qui ne sont pas menées a terme », explique le Dr Mary Stephenson, gynécologue-obstétricienne à l’université de Chicago. « Le meilleur conseil pour les femmes qui veulent un bébé est de modifier leur style de vie pour limiter le stress avant même de tomber enceinte ».

Un seul mot d’ordre pour les futures mamans : restez zen !

Pablo A. Nepomnaschy, Ph.D., postdoctoral fellow, National Institute of Environmental Health Sciences, National Institutes of Health, Research Triangle Park, N.C., Proceedings of National Academy of Sciences

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