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Aliments à la loupe

Les glucides, pas les graisses, responsables du surpoids et du diabète : le cri d'alarme des chercheurs

  • Le message anti-gras de ces dernières années était une erreur
  • Il a entraîné une surconsommation de pain, pâtes, pizzas, pommes de terre etc… à l’origine d’une épidémie de surpoids et de diabète
  • Les plus grands chercheurs lancent un cri d'alarme et conseillent de réduire ces aliments
Sylviane Passard - Vendredi 02 Septembre 2011
Les glucides, pas les graisses, responsables du surpoids et ...
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Willett : "Les graisses ne sont pas le problème"

Pendant des décennies, les graisses ont été accusées de tous les maux, à commencer par le surpoids. Mais depuis quelques années, les chercheurs les plus en vue ont reconsidéré leur jugement et s’en prennent aux glucides – les sucres – y compris pommes de terre et céréales raffinées. Selon eux, la population doit impérativement réduire ces aliments si elle veut retrouver la ligne, combattre l’obésité, les maladies cardiovasculaires, l’hypertension et le diabète. Une évolution dont le grand public, abreuvé de messages vantant l’intérêt du pain et des farineux, est encore peu conscient.

« Le gras n’est pas le problème, »  affirme le Pr Walter Willett qui dirige l’Ecole de santé publique de Harvard, la plus importante unité de recherches en nutrition au monde. « Si les Américains pouvaient éliminer les boissons sucrées, les pommes de terre, le pain blanc, les pâtes, le riz blanc et les snacks sucrés, nous balaierions presque tous les problèmes que nous rencontrons avec le poids, le diabète et les autres maladies métaboliques. »

Le message aura du mal à passer, tant les Américains comme les Européens ont entendu dire et répéter sur tous les tons, par des nutritionnistes bien en vue, les médias, la publicité et même les pouvoirs publics, qu’il faut « manger moins gras » pour être mince et en bonne santé. « Les graisses alimentaires étaient l’ennemi numéro 1 », dit le Dr Edward Saltzman, professeur de nutrition à l’université Tufts (Boston). « Nous avons maintenant un grand nombre de preuves convaincantes qui accusent en réalité les glucides, en particulier les céréales raffinées et le sucre. »

Un grave problème de santé publique

En France, l’Anses (ex-Afssa) estime que les glucides devraient représenter 50 à 55% des calories quotidiennes (mais a récemment révisé son jugement sur les graisses). Le Programme national nutrition santé (PNNS) conseille de manger peu de graisses et au contraire des féculents à chaque repas. Ce type de message anti-gras, pro-féculents a fait grimper  la consommation de féculents/farineux, explique le Dr Frank Hu, professeur de nutrition à Harvard : « On peut lier ce changement aux plus graves problèmes de santé auxquels notre société doit faire face aujourd’hui. »

Tous les aliments glucidiques, qu’il s’agisse du sucre (sauf fructose) ou du pain et des pommes de terre sont convertis en glucose. Plus ils sont raffinés, plus cette conversion est efficace et rapide. Pour gérer ce sucre sanguin, le pancréas produit de l’insuline, qui fait passer le glucose dans les cellules. Une partie est utilisée comme réserve d’énergie sous la forme de glycogène, mais chez les sédentaires, une grande partie est transformée très efficacement en graisses de réserve.

« Avec le temps, explique le Dr Stephen Phinney, biochimiste nutritionnel spécialiste des sucres à l’université de Californie (Davis), et co-auteur du Nouveau Régime Atkins, l’organisme s’épuise à gérer ces charges importantes de glucides, car l’évolution ne nous y a pas préparés. » Les cellules deviennent peu à peu résistantes aux instructions de l’insuline et les glucides deviennent un véritable fardeau pour le corps : le pancréas produit de plus en plus d’insuline, puis finit à son tour par s’épuiser. Il n’y a plus alors suffisamment d’insuline pour gérer les glucides alimentaires et le diabète se développe.

Une résistance à l’insuline se manifeste par un syndrome métabolique, qui est le signe avant-coureur du diabète et des maladies cardiovasculaires. Le syndrome métabolique se définit par des triglycérides sanguins élevés (plus de 150 mg); de l’hypertension (plus de 13,5/8,5); une obésité abdominale (tour de taille supérieur à 88 cm chez la femme et 102 cm chez l’homme); un glucose sanguin élevé à jeun. Aux Etats-Unis, un adulte sur quatre a au moins trois de ces symptômes.

« Si vous faites suivre un régime pauvre en glucides à ces personnes, non seulement ils se mettent à maigrir, ce qui améliore leur santé générale, mais les analyses sanguines s’améliorent aussi, » dit le Dr Phinney. « Nous avons conduit de très nombreuses études et toutes donnent les mêmes résultats positifs ».

Tir de barrage des industriels

Après avoir été invité à tort à réduire les corps gras, le grand public va-t-il recevoir le message l’invitant à réduire les glucides raffinés ou choisir des aliments à index glycémique bas ? « Il faudra des années, explique Thierry Souccar, directeur de LaNutrition.fr et co-auteur avec Isabelle Robard de Santé, Mensonges et Propagande, pour que ces informations, que connaissent bien les internautes qui fréquentent LaNutrition.fr, parviennent aux oreilles et aux yeux du grand public, car l’industrie agro-alimentaire fait un tir de barrage efficace sur les bienfaits supposés des produits céréaliers et des patates, avec l’aide des nutritionnistes-copains, et celle des pouvoirs publics, eux aussi souvent très proches des industriels. Les pouvoirs publics se content d’émettre des messages dirigés contre les produits sucrés et nous font croire comme le fait le PNNS que - je cite - les féculents sont une bonne manière d’éviter la prise de poids. »

Pour aller plus loin : La sélection de LaNutrition.fr

Commentaires  

 
0 13 AXEL ELLRODT 11-02-2012 00:16
Citer :
.... plusieurs études tendent à prouver quel'excès de corps gras favorise le diabète. Même l'excès de viande rouge favorise le diabète. ... ....)

Je pense que ce doit être rappelé dans le livre de Taubes.
Il a abordé dans "Good calories bad calories" ce sujet. Le gras qui mene au diabete. Je crois me souvenir qu'il demontre que les études sur le sujet ont des defaiuts et que ce ne sont pas de gens qui ne mangent que gras mais gras et sucré.
Le terrain génétique aussi est important et a un rôle démontré en terme d'obésité.
Je vous conseille le "Good calories bad calories", c'est long et dense parfois irritant parce que désordonné mais très instructif.Notamment sur l'histoire d'une partie de la science nutritionnelle et le comportement des autorités de santés et des chercheurs. Ceci dit je n'en suis qu'à la moitié.
AP
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0 12 06-01-2012 10:08
Manger des produits frais et non raffinés, peu de plats déjà cuisinés, des fruits et des légumes. Le tout sans trop de matière grasse et...bouger régulièrement . Un verre de vin de temps avec plaisir.
Rien ne sera plus efficace pour perdre quelques kilos. Et en plus, cela ne coûte pas cher !
La société d'aujourd'hui s'empiffre et, ensuite paye pour maigrir (livre, régime, fitness, dieteticienne)
Où est l'erreur ?
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+4 11 14-11-2011 16:50
nouveau sur ce site suite achat de 2 livres sur les statines du dr michel de lorgeril (pour info j'ai arrete les statines prise depuis plus de 20 ans et je pete la forme !!) j'ai un sourire en coin car l'index glycemique est la theorie de mr montignac"comment maigrir en faisant des repas d'affaires" livre edite en 1991!!!
mais c'est vrai a l'epoque mr montignac n'etait pas presente avec le titre de docteur alors ceci explique-t-il cela ?
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-2 10 03-11-2011 12:53
La fameuse Pasta party avec des pâtes blanches d'avant un marathon et prônée par le monde sportif, est-elle vraiment adaptée car elle élève considérableme nt la glycémie d’où une sécrétion importante d'insuline et sans exercice physique immédiat, si quelqu’un a des infos, je suis preneur ???
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+5 9 22-10-2011 14:02
Je n'en donnerais pas le nom, mais la méthode à index glycémique bas que je suis pour perdre du pois depuis Février 2011 m'a permis de décoller de 18 kilos!je mange bien, à satiété et personne dans mon entourage n'arrive vraiment à comprendre comment puisque je mange du bon gras!
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+1 8 28-09-2011 15:24
Enfin,un retour à une alimentation plus savoureuse! Le gras est un vecteur du goût indiscutable en privilégiant les W9 et W3 de sources végétales surtout(encore que ...le beurre cru peut être utilisé avec plaisir) les nouveaux ANC ont revu très récemment à la hausse les recommandations pour les lipides, jusqu'à 40% des A.J.
Le problème toujours en nutrition reste le juste dosage, la tempérance, la patience …
Valeurs un peu désuètes à notre époque. Les messages grand public martèlent des certitudes pour la population en général sans faire des nuances oh combien nécessaires.

E.J.Khémis
Diététicienne à Paris 17°
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+2 7 04-09-2011 17:28
Je me demande si on ne redécouvre pas le fil à couper le beurre !
Il y a 1/4 de siècle on m'enseignait de faire attention au passage du "viandisme" à l'"amidonisme" .
Au fait pourquoi n'aborde-t-on jamais le taux de catécholamine avant de s'affoler sur la glycémie ?
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+4 6 03-09-2011 22:16
Je n'ai pas trouvé d'argument nets et clairs dans cet article prouvant que seul l'excès de féculents et de céréales est diabétogène ou ferait grossir. On a insisté sur la renomée supposée des chercheurs. Pourtant plusieurs études tendent à prouver quel'excès de corps gras favorise le diabète. Même l'excès de viande rouge favorise le diabète. Quant au fructose, présent dans de nombreuses boissons sucrées, il favorise en quelques jours l'installation d'une insulinorésist ance, c'est à dire un état proche du diabète. Il ne faut pas passer d'une extrême à l'autre ! Seul une alimentation EQUILIBREE peut être recommandée, en évitant bien sûr les mauvais produits (graises hydrogénées, "sirop de glucose-fructose", charcuteries ....)
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+3 5 Fabien Piasco 02-09-2011 10:13
En effet il va falloir encore pas mal de temps pour que les choses avancent, que les mentalités évoluent. Reste le problème du lobby de l'industrie agroalimentaire qui façonne avec brio le monde de la nutrition et de la diététique.
Personnellement je base ma prise en charge sur ce qui est prouvé scientifiquemen t (tout en respectant la démarche de soin définie par la HAS).
Encore merci à Thierry Souccar et à toute l'équipe de Lanutrition pour l'information juste, scientifique et indépendante.
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+9 4 02-09-2011 07:23
Bonjour, je suis tout à fait d’accord car je mange des aliments à IG bas et depuis j’ai vu mon poids et mes chiffres sanguin s’améliorer.
On trouve maintenant du sucre, glucose et des amidons …dans énormément de produits alimentaires. Il faut avoir le courage de lire les ingrédients pour trouver les produits de qualités.
Récemment j’ai mis ¼ h à trouver de la mayonnaise sans sucre ! Ceci est valable pour de nombreux aliments simples comme les cornichons au vinaigre par exemple.
Par contre on trouve beaucoup trop de graisses et d’huiles végétales hydrogénés surtout l’huile de palme qui nuisent à notre santé et à celle de notre planète .Les fabricants ne précisent pas assez sur les produits ; comme une certaine pâte à tartiner qui contient 60% de mélange sucre et d’huile de palme hydrogéné
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