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Sclérose en plaques : les bénéfices de la vitamine D

La vitamine D peut améliorer la qualité de vie, diminuer les rechutes et réguler la réponse immunitaire des patients

Marie-Céline Jacquier - Jeudi 14 Janvier 2016
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Sclérose en plaques : les bénéfices de la vitamine D
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La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire s’attaque à la gaine de myéline des neurones. La SEP touche entre 60000 et 75000 français, avec 4000 nouveaux cas chaque année. Cette maladie neurologique progressive, invalidante, atteint de jeunes adultes. Les facteurs déclencheurs de la maladie sont toujours débattus ; parce qu’elle touche surtout le monde occidental, des causes environnementales et alimentaires sont parfois évoquées. Différentes études se sont intéressées au lien entre vitamine D et sclérose en plaques et montrent toute l'importance d'avoir un statut adéquat en vitamine D quand on est atteint. Cela passe par l'exposition obligatoire au soleil d'avril à octobre dans l'hémisphère nord, et la prise de vitamine D3, prescrite par le médecin sur la base des taux sanguins, le reste de l'année.

Les faibles niveaux de vitamine D associés aux maladies auto-immunes

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv et parue dans Autoimmunity Reviews (1) suggère que l’obésité et le manque de vitamine D jouent un rôle important dans le déclenchement et la progression des maladies auto-immunes comme la SEP. Dans les dernières décennies, les maladies auto-immunes ont connu une augmentation très importante dans les pays occidentaux. L’implication de facteurs environnementaux pourrait expliquer cette hausse. «De nombreux facteurs sont associés au risque de maladies auto-immunes -les infections, le tabagisme, les pesticides, le manque de vitamines. Mais depuis quelques années, l’obésité est également pointée du doigt » dit le Pr Yehuda Shoenfeld.

Plusieurs maladies auto-immunes sont associées à de faibles niveaux de vitamine D (2). Le Pr Shoenfeld a mené une étude sur des souris atteintes de scléroses en plaques et nourries avec un régime méditerranéen riche en acides gras insaturés. Il a constaté que la carence en vitamine D était une conséquence de l’obésité et qu’une fois corrigée, la paralysie et la détérioration des reins associées à la pathologie étaient améliorées. Le pronostic et la survie des souris étaient aussi améliorés.

La vitamine D diminue le risque de rechutes

Une étude de 2012 (3) montre que la vitamine D pourrait aider les personnes atteintes de la forme récurrente-rémittente de la maladie. Dans cette étude, plus de 150 patients ont pris de la vitamine D3 (en moyenne 3.010 UI par jour) conjointement au traitement immunomodulateur (acétate de glatiramère, interféron béta 1a ou interféron béta 1b). Le taux de vitamine D dans le sang des participants a été multiplié en moyenne par deux pour atteindre plus de 40 ng/mL, une valeur considérée comme normale.

Les chercheurs ont alors constaté que les personnes dont le taux de vitamine D avait bien augmenté avaient moins de risque de rechute. Chaque augmentation de 4 ng/mL du taux de vitamine D dans le sang diminue le risque de rechute de 13,7 %, une différence très significative. Toutefois le bénéfice ne semble pas s'accentuer au-delà de 40 ng/mL.

Les chercheurs concluent que ces données confirment de précédentes études qui sont arrivées à la même conclusion (4) et tout ceci sans aucun effet secondaire.

Les fortes doses bénéfiques

D’après une étude pilote parue dans la revue Neurology en décembre 2015 (5), une complémentation avec de fortes doses de vitamine D peut aider à contrôler la réponse immunitaire. Pour cette étude, 40 patients atteints par la forme récurrente-rémittente de la maladie ont reçu soit 10400 UI soit 800 UI de vitamine D chaque jour pendant six mois. Des tests sanguins au début de l’étude, à trois et six mois, ont mesuré les niveaux de vitamine D et la réponse des lymphocytes T qui jouent un rôle dans la SEP. Les effets secondaires de la vitamine D étaient mineurs et étaient similaires dans les deux groupes.

Les personnes qui ont pris les fortes doses ont eu une réduction du pourcentage de lymphocytes T inflammatoires, liés à la sévérité de la SEP, en particulier les cellules IL-17+CD4+ et CD161+CD4+. Les personnes avec les doses faibles n’avaient pas de changement notable dans les pourcentages de lymphocytes T.

« Ces résultats sont très intéressants, car la vitamine D a le potentiel pour être un traitement peu coûteux, sûr et pratique pour les personnes atteintes de SEP », a expliqué l’auteur de l'étude, Peter Calabresi, professeur de neurologie à Johns Hopkins (Baltimore). « Nous espérons que ces changements dans les réponses inflammatoires des cellules T se traduisent par une réduction de la gravité de la maladie. »

Oméga-3, soleil et méditation aussi

Les patients atteints de sclérose en plaques qui adoptent un mode de vie basé sur l'alimentation, le sport, la méditation verraient leur bien-être physique et mental s'améliorer selon des travaux conduits par un chercheur australien, le Pr George Jelinek. George Jelinek, lui-même diagnostiqué avec la sclérose en plaques en 1999, est aujourd'hui en bonne santé après avoir mis au point et suivi une alimentation pauvre en graisses saturées, sans viande ni produits laitiers, avec de l’exercice, de la méditation et du soleil !

Dans un article publié en février 2013 dans Neurological Science (6), George Jelinek et ses collègues ont décrit les résultats obtenus avec des patients qui suivaient un stage visant à modifier leur mode de vie. Pendant 5 jours, les patients mangeaient fruits, légumes, noix, poisson et recevaient une complémentation en oméga-3 et en vitamine D. Ils devaient aussi s’exposer 15 min au soleil par jour, méditer 30 min par jour, et faire de l’exercice pendant 30 min 5 fois par semaine, de préférence à l’extérieur. Un questionnaire a évalué la qualité de vie des patients 1 et 5 ans plus tard.

Alors que la maladie se développe progressivement, les patients ont constaté des améliorations significatives de leur qualité de vie. Un an après le séjour, les auteurs ont noté 11,3 % d’amélioration de la qualité de vie en général, avec 18,6 % d’amélioration pour la santé physique et 11,8 % pour la santé mentale. 5 ans après le stage, il y avait une amélioration de la qualité de vie de 19,5 %, avec 17,8 % pour la santé physique et 22,8 % pour la santé mentale.

Lire aussi : La gestion du stress pourrait ralentir la progression de la sclérose en plaques

Pour en savoir plus, lire : Vaincre la sclérose en plaques de Julien Venesson (lire un extrait ICI  >>)

Pour tout savoir sur la vitamine D, lisez le guide du Dr Brigitte Houssin : Vitamine D, mode d'emploi (lire un extrait ICI >>)

Sources

(1) Versini M, Jeandel PY, Rosenthal E, Shoenfeld Y. Obesity in autoimmune diseases: not a passive bystander. Autoimmun Rev. 2014 Sep;13(9):981-1000. doi: 10.1016/j.autrev.2014.07.001. Epub 2014 Aug 2.

(2) D'Aurizio F, Villalta D, Metus P, Doretto P, Tozzoli R. Vitamin D is a player or not in the pathophysiology of autoimmune thyroid diseases? Autoimmun Rev. 2014 Oct 11. pii: S1568-9972(14)00220-1. doi: 10.1016/j.autrev.2014.10.008. [Epub ahead of print]

(3) Pierrot-Deseilligny C, Rivaud-Péchoux S, Clerson P, de Paz R, Souberbielle JC. Relationship between 25-OH-D serum level and relapse rate in multiple sclerosis patients before and after vitamin D supplementation. Ther Adv Neurol Disord. 2012 Jul;5(4):187-98.

(4) Soilu-Hänninen M, Aivo J, Lindström BM, Elovaara I, Sumelahti ML, Färkkilä M, Tienari P, Atula S, Sarasoja T, Herrala L, Keskinarkaus I, Kruger J, Kallio T, Rocca MA, Filippi M. A randomised, double blind, placebo controlled trial with vitamin D3 as an add on treatment to interferon β-1b in patients with multiple sclerosis. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2012 May;83(5):565-71.

(5) Sotirchos ES, Bhargava P, Eckstein C, Van Haren K, Baynes M, Ntranos A, Gocke A, Steinman L, Mowry EM, Calabresi PA. Safety and immunologic effects of high- vs low-dose cholecalciferol in multiple sclerosis. Neurology. 2015 Dec 30. pii: 10.1212/WNL.0000000000002316.

(6) Hadgkiss EJ, Jelinek GA, Weiland TJ, Rumbold G, Mackinlay CA, Gutbrod S, Gawler I. Health-related quality of life outcomes at 1 and 5 years after a residential retreat promoting lifestyle modification for people with multiple sclerosis. Neurol Sci. 2013 Feb;34(2):187-95.

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