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Sodas, boissons sucrées : pourquoi ils nuisent gravement à la santé

Surpoids, diabète, infarctus, vieillissement accéléré : les déboires des sodas et boissons sucrées, et comment les faire comprendre à un ado. 

Juliette Pouyat - Mercredi 20 Janvier 2016
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Les boissons sucrées contiennent du sucre ajouté, notamment sous forme de saccharose ou de sirop de glucose-fructose dont les méfaits ont été largement rapportés sur LaNutrition.fr. Une équipe de l’Ecole de Santé publique de Harvard a estimé à 184 000 le nombre de décès dans le monde imputables aux boissons sucrées.

Lire : Lait, sodas... Comment l'argent de l'agrobusiness pervertit la recherche

En France, même si la consommation de boissons sucrées n’atteint pas celle des Allemands ou des Américains, elle n’a cessé de croitre ces dernières années. Tous les moyens nécessaires devraient donc être mis en œuvre pour informer les consommateurs et les inciter à diminuer considérablement leur consommation de sodas et boissons et sucrées, y compris par des taxes. Voici pourquoi vous devriez éviter de boire des boissons sucrées et comment éduquer vos enfants dans ce sens…

Elles favorisent la graisse viscérale

Une nouvelle étude parue dans le journal Circulation rapporte que consommer des boissons sucrées chaque jour est associé à une augmentation de la graisse viscérale, qui elle-même augmente le risque de diabète et de maladie cardiaque.

La graisse viscérale est une graisse qui se trouve « en profondeur » autour d’un certain nombre d’organes comme le foie, le pancréas et les intestins. La graisse viscérale affecte la façon dont fonctionnent nos hormones et joue un rôle important dans la résistance à l’insuline, facteur de risque de diabète de type 2 et de maladie cardiaque.

Parmi les 1003 participants de l’étude, ceux qui boivent au moins une boisson sucrée par jour présentent une augmentation de leur graisse viscérale de 852 cm3 après 6 ans de suivi contre seulement 658 cm3 chez ceux qui n’en boivent jamais.

Lire : le fructose ajouté transforme le foie des enfants en "foie gras"

 

Même light, les boissons sucrées augmentent le risque de diabète

Une étude française menée auprès de 66188 femmes confirme une association entre la consommation de boissons sucrées et le risque de diabète de type 2. Mais elle révèle également un risque de diabète plus élevé avec des boissons dites "light" qui renferment des édulcorants artificiels, qu’avec des boissons sucrées.

Les résultats montrent que les femmes qui consomment des boissons sucrées "light" en boivent plus que celles qui consomment des boissons sucrées "normales" (2,8 verres/semaine soit 568 mL contre 1,6 verres/semaine soit 328 mL en moyenne, respectivement).

Par rapport à celles qui n’en consomment pas du tout, les femmes qui boivent le plus de boissons sucrées (soit plus de 359 mL/semaine) ont un risque de diabète augmenté de 34 % au cours de l’étude (14 ans) ; celles qui boivent le plus de boissons « light » (plus de 603 mL/semaine) ont un risque multiplié par 2,21. A quantité égale consommée, le risque de diabète est plus élevé lorsqu’il s’agit de boissons "light" que de boissons sucrées. Le risque de développer un diabète est de 15% supérieur pour une consommation de 0,5 L/semaine et de 59% supérieur pour 1,5 L/semaine respectivement.

Et il faut savoir que même si vous êtes mince, la consommation de boissons sucrées augmente votre risque de diabète.

Elles contribuent à l’hypertension

Des chercheurs du Connecticut ont étudié l’impact des boissons sucrées sur la pression sanguine. Pour cela, ils ont réalisé une revue de littérature systématique sur la relation entre la consommation de boissons sucrées et la pression sanguine. Ils ont sélectionné 12 études comprenant 409707 participants.

Toutes les études montraient une relation positive entre l’augmentation des apports en boissons sucrées et l’hypertension. Les résultats étaient significatifs du point de vue statistique pour 10 études sur 12. 5 articles sur 12 montraient que la pression artérielle moyenne augmentait et 7 indiquaient une augmentation de l’incidence d'une pression sanguine élevée : les personnes qui buvaient des boissons sucrées augmentaient de 26 à 70 % leur risque de pression sanguine élevée, par rapport à ceux qui n’en buvaient pas. De plus, les adolescents buvant au moins 3 boissons sucrées par jour auraient 87 % de risque en plus d’avoir une pression sanguine élevée.

Pour les auteurs, les boissons sucrées diminueraient les niveaux de monoxyde d’azote dans l’organisme. Le monoxyde d’azote est un vasodilatateur : en augmentant le diamètre des vaisseaux, il permet de réduire la pression du sang. L’augmentation de la pression sanguine pourrait aussi être une réponse au sel présent dans les boissons.

Elles augmentent le risque d’infarctus

Les chercheurs de l’Ecole de santé publique de Harvard dans une étude récente menée sur plus de 125000 personnes, ont trouvé des preuves convaincantes que les boissons sucrées sont associées au surpoids, au risque de développer une maladie cardiovasculaire et au diabète de type-2.

Les chercheurs ont examiné les données recueillies entre 1980 et 2010 sur 84 628 femmes issues de l’Etude des infirmières, et les données sur 42 908 hommes recueillies entre 1986 et 2010 dans le cadre de l’Etude de suivi des professionnels de santé. Aucun des participants n’avait de diabète, de maladies cardiovasculaires ou de cancer au début de leur participation, et tous ont été suivis tous les 4 ans. Ils ont également utilisé les résultats issus d’autres études prospectives et de méta-analyses.

Les personnes qui consomment 1 à 2 boissons sucrées par jour ont un risque d’infarctus ou de mort subite augmenté de 35 pour cent, un risque d'accident vasculaire cérébral augmenté de 16 pour cent et un risque de développer un diabète de type accru de 22 pour cent.

Boissons sucrées et puberté précoce : un lien ?

Les jeunes filles qui boivent fréquemment des boissons sucrées ont tendance à avoir leurs premières règles plus tôt que celles qui n’en boivent pas. Ce phénomène est inquiétant car avoir ses règles plus tôt est associé à un risque accru de cancer du sein plus tard dans la vie mais également de diabète de type 2.

Dans cette étude, les chercheurs ont suivi, de 1996 à 2001, 5583 filles appartenant à la Growing up Today Study âgées de 9 à 14 ans. Au début de l’étude, aucune des jeunes filles n’avait eu ses premières règles. A la fin de l’étude, toutes étaient réglées sauf 3% des jeunes filles.

Quel que soit son âge, une jeune fille non réglée qui consomme plus d’une portion et demie de boissons sucrées par jour est 26% plus susceptible d’avoir ses premières règles dans le mois suivant qu’une jeune fille qui ne boit pas plus de 2 boissons sucrées par semaine. Les résultats montrent que les jeunes filles qui boivent plus d’une portion et demie de boissons sucrées par jour ont leurs premières règles 2,7 mois plus tôt que celles qui en boivent 2 ou moins par semaine. Cet effet est indépendant de l’indice de masse corporelle, de la taille, des apports alimentaires totaux et d’autres facteurs, comme l’activité physique. Les chercheurs n’ont pas trouvé d’association entre les boissons gazeuses light (avec édulcorants intenses) ou les jus de fruits et l’âge des premières règles.

« Notre étude alimente l’inquiétude croissante à propos de la consommation très répandue des boissons sucrées chez les enfants et les adolescents aux Etats-Unis et ailleurs. La principale préoccupation concerne l’obésité, mais les résultats de notre étude suggèrent que les premières règles arrivent plus tôt chez les jeunes filles qui consomment beaucoup de boissons sucrées. Ces résultats sont importants dans le contexte de puberté précoce observée dans les pays développés sans que l’on en connaisse les raisons  » explique le Dr Karin Michels qui a dirigé les recherches.

Les boissons sucrées nous feraient vieillir plus vite !

La consommation de sodas sucrés est associée à des télomères plus courts. Les télomères constituent l’extrémité des chromosomes et correspondent à une combinaison d’ADN et de protéines. Ils jouent un rôle de protection des chromosomes et permettent d’assurer le maintien de l’intégrité du matériel génétique. Leur raccourcissement est un marqueur du vieillissement cellulaire. La consommation quotidienne de 60 cL de boissons sucrées, soit l’équivalent de deux canettes, reviendrait à vieillir prématurément de 4,6 années. Dans l’étude, le seuil des deux canettes est dépassé par 21% des participants. 

« La consommation régulière de sodas sucrés semble influencer le développement des maladies, pas seulement parce qu’elle malmène le métabolisme de contrôle des sucres du corps, mais aussi parce qu’elle accélère le vieillissement des tissus cellulaires» explique Elissa Epel, l’un des co-auteurs de cette étude.

Comment inciter votre ado à lever le pied sur les sodasSi vous consommez des boissons sucrées, vos enfants le feront aussi, commencez donc par montrer l'exemple. Une étude parue dans le British Journal of Nutrition montre en effet que la consommation de boissons sucrées par les jeunes est associée à celle de leurs parents et à la disponibilité de ce type de boissons chez eux. Sachez également que pour modifier leurs habitudes de consommation, les ados ont besoin de messages concrets. C’est ce qu’a révélé une étude parue dans l’American Journal of Public Health : délivrer des informations sur la distance qu’il faudra parcourir en marchant ou le temps pendant lequel il faudra courir pour éliminer un soda, incite les adolescents à se tourner vers des boissons moins caloriques. Et ces choix plus sains persistent pendant plusieurs semaines après le retrait des messages informatifs qui avaient été placés dans un supermarché.  « Les consommateurs ne comprennent pas vraiment ce que signifie "un soda contient 250 calories" » dit le Dr Sara N. Bleich, auteure de l’étude. « Si vous souhaitez donner des informations sur les calories, il y a certainement une meilleure façon de faire. Notre étude montre que lorsque vous expliquez les calories de façon concrète, comme le nombre de kilomètres à parcourir en marchant pour les éliminer, vous pouvez encourager un changement de comportement alimentaire ».

Sources

Jiantao Ma, Nicola M. McKeown, Shih-Jen Hwang, Udo Hoffman, Paul F. Jacques, Caroline S. Fox. Sugar-Sweetened Beverage Consumption is Associated With Change of Visceral Adipose Tissue Over 6 Years of Follow-Up. Circulation, 2016; CIRCULATIONAHA.115.018704 DOI: 10.1161/CIRCULATIONAHA.115.018704

Malik AH, Akram Y, Shetty S, Malik SS, Yanchou Njike V. Impact of Sugar-Sweetened Beverages on Blood Pressure. Am J Cardiol. 2014 May 1;113(9):1574-1580. doi: 10.1016/j.amjcard.2014.01.437. Epub 2014 Feb 12.

Fagherazzi G, Vilier A, Saes Sartorelli D, Lajous M, Balkau B, Clavel-Chapelon F. Consumption of artificially and sugar-sweetened beverages and incident type 2 diabetes in the Etude Epidemiologique aupres des femmes de la Mutuelle Generale de l'Education Nationale-European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition cohort. Am J Clin Nutr. 2013 Jan 30.

Malik VS, Hu FB. Fructose and Cardiometabolic Health: What the Evidence From Sugar-Sweetened Beverages Tells Us. J Am Coll Cardiol. 2015 Oct 6;66(14):1615-24. doi: 10.1016/j.jacc.2015.08.025.

Mueller NT, Jacobs DR Jr, MacLehose RF, Demerath EW, Kelly SP, Dreyfus JG, Pereira MA. Consumption of caffeinated and artificially sweetened soft drinks is associated with risk of early menarche. Am J Clin Nutr. 2015 Jul 15. pii: ajcn100958. [Epub ahead of print]

Wilke J. C. van Ansem, Frank J. van Lenthe, Carola T. M. Schrijvers, Gerda Rodenburg and Dike van de Mheen. Socio-economic inequalities in children’s snack consumption and sugar-sweetened beverage consumption: the contribution of home environmental factors. British Journal of Nutrition (2014), 112, 467–476

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