Présentation
Deux scientifiques français de renommée internationale Michel de Lorgeril, cardiologue, spécialiste du 'French Paradox' et Patricia Salen, diététicienne, font le point des connaissances sur les effets de l'alcool et du vin en particulier, sur la santé.
En dehors du problème de la dépendance à l'alcool qui est une maladie à part entière et demande une prise en charge médicalisée, comment l'alcool influence la santé de ceux qui apprécient simplement de boire un apéritif de temps en temps ou un peu de vin à table, à la française?
Sur la base des données scientifiques les plus récentes, les auteurs concluent que consommé avec modération - ce qui est le cas pour 90% des Français -, l'alcool est protecteur.
Non seulement contre les maladies cardiovasculaires mais aussi contre certains cancers à condition d'avoir en parallèle une alimentation proche de la diète méditerranéenne.
Caractéristiques
Broché: 103 pages
Editeur : Alpen Editions (2ème semestre 2007)
Collection : C'est naturel, c'est ma santé
Langue : Français
ISBN-13: 978-2-914923-94-1
Auteur / concepteur
Michel de Lorgeril est cardiologue, nutritionniste et chercheur au CNRS.
Il est l'un des spécialiste de la diète méditerranéenne.
Patricia Salen est diététicienne et assistante de recherche clinique. Elle a été responsable des aspects nutritionnels de la célèbre étude de Lyon montrant les bienfaits de la diète méditerranéenne.
Bonus
EXTRAIT : DE ALCOOL, VIN ET SANTE
L’alcool : ami ou ennemi du cœur ?
« Confondeurs » et confusion
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut savoir qu’étudier les effets de l’alcool sur la santé n’est pas simple. L’alcool pose un problème particulier aux scientifiques.
Les scientifiques ont l’habitude de mener leurs recherches en deux phases. L’une consiste à observer passivement les phénomènes et à concevoir des théories explicatives. La deuxième vise à expérimenter, c’est-à-dire à agir sur le système expérimental qu’ils ont choisi pour vérifier la théorie que la phase d’observation leur a permis de concevoir.
Évidemment, plus la théorie est susceptible d’application en médecine humaine et plus les aspects humains de l’investigation deviennent prépondérants. Or, une expérimentation humaine à long terme est impossible pour des raisons pratiques – aucun individu n’accepterait de boire ou de s’abstenir systématiquement pendant plusieurs années – et aussi éthiques, car aucun comité d’éthique n’accepterait que des individus soient plus ou moins obligés de boire de l’alcool pendant plusieurs années à des fins expérimentales. Nous sommes donc privés d’un mode opératoire fondamental des sciences de la vie quand nous étudions les effets de l’alcool sur la santé humaine. Nous ne pouvons donc pas reproduire expérimentalement sur des humains les effets supposés de l’alcool.
D’autres facteurs interfèrent
Une cause de confusion vient de ce que des aspects sociologiques interférent avec les effets sur la santé des boissons alcoolisées. Elles ne sont pas consommées dans les mêmes lieux, les mêmes circonstances ni de la même façon (lire page xx). Dans certains pays, les buveurs de vin ou de bière sont très différents culturellement mais aussi sur les plans éducationnels et professionnels. Par exemple, aux États-Unis, les migrants d’origine méditerranéenne boivent plus de vin que ceux d’origine germanique. Le vin est plutôt une boisson des classes aisées. Mieux éduquées, mieux assurées et mieux soignées, les classes aisées auraient un meilleur état de santé et une meilleure espérance de vie, indépendamment de leur consommation d’alcool ou de vin.
Un autre facteur de confusion concerne les maladies cardiovasculaires spécifiquement. Selon certains chercheurs, les buveurs seraient protégés de l’infarctus grâce à leur mode de vie en général (moins de tabac, plus d’exercice physique) et à leur position sociale plutôt que par leur consommation d’alcool. Les défenseurs des boissons alcoolisées rétorquent que l’inclusion de ces facteurs protecteurs dans les analyses n’annule pas l’effet protecteur de la consommation modérée d’alcool. Ils font remarquer que dans certaines populations cette asymétrie dans la répartition des facteurs protecteurs autres que l’alcool est en faveur des non-buveurs.
Notre avis
Pas facile en France de dire que boire de l'alcool, certes modérément, est bon pour la santé tant l'alcoolisme fait des ravages. Avec toute la prudence et le sérieux qu'on leur connaît, Michel de Lorgeril et Patricia Salen relève le défi en beauté. Non l'alcool n'est pas interndit aux hypertendus, pas plus qu'aux diabétiques... Lisez la suite dans l'excellent ouvrage de ces deux scientifiques.