Présentation
Dans ce best-seller traduit dans le monde entier, le Pr Brian Wansink, psychologue de l’alimentation, démontre avec humour combien notre environnement conditionne nos comportements alimentaires en nous poussant à manger…plus !
Au travers de dizaines d’expériences étonnantes comme le bol de soupe sans fond, il nous livre ses découvertes stupéfiantes.
• La taille de votre assiette influence-t-elle votre appétit ?
• Pourquoi mange-t-on plus quand on est entre amis ?
• Avale-t-on la même quantité d’un fromage allégé que d’un fromage classique ?
• Quels sont les moyens utilisés par les restaurants et les supermarchés pour nous pousser à la consommation ?
• Comment la musique ou la couleur d’une pièce conditionne la quantité de ce que nous avalons ?
• Comment perdre 3 kg en 3 mois sans suivre de régime ?
Grâce aux très nombreux conseils et astuces de ce livre, vous ne tomberez plus dans les nombreux pièges qui vous poussent à manger ou à boire plus que nécessaire.
Vous ferez ainsi les bons choix non seulement pour votre ligne mais aussi pour votre santé, à table, au supermarché, au bureau ou même devant un distributeur automatique…
« UNE EXPLORATION FASCINANTE DE L’INCONSCIENT DU MANGEUR » - Time
Bonus
Extrait du livre :
Au cours de l’une de nos expériences alimentaires, nous avons montré à des étudiants américains un bol d’un demi-litre de soupe. Ils devaient nous dire, dans un premier temps, quand ils s’arrêteraient de manger si nous leur donnions un tel bol. La grande majorité d’entre eux (81 %) répondait par une référence visuelle : « lorsque le bol sera vide », « lorsque j’en aurai mangé la moitié ». Seulement 19 % d’entre eux prenaient pour référence leur satiété : « lorsque je n’aurai plus faim », « lorsque je calerai ».
Dans ce cas, il semble bien que la plupart des gens sondés aient mesuré à l’œil nu la quantité qu’ils souhaitaient manger et, comme le coureur se rendant de son domicile au bureau, ils ont planifié de manger jusqu’à atteindre l’indicateur visuel leur disant d’arrêter. Que se passe-t-il alors si l’assiette, ou le bol, n’est jamais vide ?
Jim Painter, Jill North et moi-même avons joué à la Caméra cachée.
Comme aucune revue de bricolage ne publiera jamais les plans de nos « bols sans fond », nous vous fournissons ici quelques conseils pour leur fabrication. Prenez une solide table de restaurant, pour quatre personnes, vérifiez que le propriétaire de l’auberge n’est pas dans les parages et percez un gros trou (de 2 cm de diamètre) traversant le plateau de la table à l’endroit où sont généralement placés les assiettes ou bols de soupe. (Une meilleure solution consisterait à acheter une table, puis à la percer.)
Percez maintenant un autre trou dans le fond de chaque bol, de manière à pouvoir y introduire l’extrémité d’un tuyau en caoutchouc alimentaire. Faites passer l’extrémité opposée du tuyau dans un trou de la table, fixez-le avec du ruban adhésif sous la table et reliez-le à un récipient de six litres contenant la même bonne soupe. Si vous placez cette « soupière » à la bonne hauteur, votre convive pourra manger de la soupe toute la journée dans ce bol qui se remplira automatiquement.
Le niveau ne remonterait pas à ras-bord, et la personne aurait donc l’impression qu’elle progresse même si le bol n’est jamais complètement vide. Tout est affaire de pression et de vases communicants : la pression atmosphérique régule les niveaux à la fois dans le bol de 0,5 litre et dans la soupière de 6 litres, et ceux-ci s’équilibrent et baissent dans les mêmes proportions.
Notre table comportait quatre bols. Deux étaient sans fond ; deux autres, tout à fait normaux, ressemblaient en tout point aux premiers. Au début, les essais étaient catastrophiques. Il nous a fallu peaufiner quatre détails.
1) Le tuyau. Si le tuyau ressort dans le bol, les dîneurs deviennent méfiants. Des étudiants en ingénierie mécanique nous ont par conséquent aidés à fixer le tuyau par un montage en baïonnette sous le bol, indétectable pour la cuillère.
2) Le bol. Que se passerait-il si quelqu'un tentait de soulever le bol ? Les participants étaient de bons vivants, le risque était réel. Nous leur avons donc demandé de ne pas toucher les bols pour « ne pas perturber notre organisation ». En dépit de nos explications très vagues, ils ont obéi.
3) L’histoire. Nos invités essayaient sans cesse de deviner pourquoi nous leur offrions ce repas. S’ils n’ont jamais percé notre secret, nous avons craint malgré tout que leur jeu de devinette ne les empêche de manger normalement. Nous leur avons donc simplement précisé que nous leur demanderions ensuite leur avis sur la qualité du restaurant universitaire. Nous avons aussi déplacé l’expérience au Spice Box, où ils savaient que des recettes étaient souvent testées.
4) La soupe. Nos bols sans fond n’ont pas fonctionné lors du premier essai. La soupe de poulet aux vermicelles utilisée cette fois-là avait bouché les tuyaux ou les faisait gargouiller bizarrement. Nous avons donc acheté 360 litres de soupe à la tomate de la marque Campbell (bien connue de nos étudiants américains) pour recommencer l’expérience.
Une fois ces quelques problèmes résolus, nous avons recruté une soixantaine d’invités pour déjeuner. Chaque jour, quatre d’entre eux s’attablaient devant nos bols de soupe bien remplis – normaux ou sans fond. Vous pensez sans doute que déjeuner avec trois inconnus est parfois un peu gênant. Certes, mais pas pour des étudiants. Il suffisait de leur demander quels étaient leurs plans pour les vacances d’été et la conversation coulait de source… tout comme la soupe.
Après 20 minutes, nous arrêtions l’expérience et leur demandions d’estimer combien de calories, combien de centilitres de soupe ils avaient avalés. Ils devaient aussi évaluer leur satiété sur une échelle de 9 niveaux. Nous vidions ensuite les bols, les tuyaux et les soupières et pesions leur contenu pour chaque invité afin de savoir exactement combien de décilitres de soupe chacun avait « descendus ». Sur les 62 personnes ayant goûté notre soupe, seules deux ont découvert le stratagème. L’une s’est penchée pour ramasser sa serviette et a vite montré à ses compagnons la tuyauterie sous la table. La découverte a été plus spectaculaire pour la seconde. Oubliant un instant qu’il n’assistait pas à un banquet médiéval, notre homme, se croyant revenu au temps de ses ancêtres les Vikings, a décidé de boire directement au bol.
Lorsqu’il a soulevé le bol, le tuyau rempli de soupe à la tomate s’est détaché avec un gros gargouillis, puis est rentré dans la table tel un serpent dans son trou. La voisine de table a poussé un hurlement et l’homme assis en face de lui est tombé de sa chaise en cherchant à fuir le danger. Ces deux personnes et les six assises à leur table ont donc été éliminées de l’étude. Aucune des 54 autres n’a suspecté quoi que ce soit.
Les invités servis dans un bol de soupe normal ont mangé en moyenne 25 cl de soupe, soit un peu moins qu’une cannette de soupe Campbell (30 cl).
Ils pensaient avoir ainsi absorbé environ 123 calories, contre 155 en réalité. Nos hôtes aux bols sans fond ont mangé sans discontinu. La plupart replongeaient encore la cuillère lorsque nous mettions fin à l’expérience après 20 minutes, et ont donc avalé en moyenne 45 cl de soupe. Certains, pourtant, en ont consommé plus d’un litre. Vous lisez bien : plus d’un litre. L’un d’eux à qui nous demandions comment était la soupe a reconnu l’avoir « trouvée bonne et plutôt bourrative ». Il pouvait ! Car il en avait mangé trois fois plus que son voisin.
Nos hôtes aux bols sans fond ont-ils fini par deviner qu’ils avaient mangé plus ? Non, à quelques exceptions près dont celle de Monsieur Litre. Aucun d’eux sinon n’a fait de commentaire sur son degré de satiété.