11 idées reçues sur l'alimentation cétogène

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 10/06/2021 Mis à jour le 10/06/2021
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Trop compliqué, dur à suivre, déséquilibré, mauvais pour la santé... les préjugés concernant l’alimentation cétogène ne manquent pas. Les réponses de LaNutrition à ces croyances, dans Simplement kéto, le livre d'Ayem Nour.

Le cerveau a besoin de sucre

FAUX. Bien que l’on ait de tout temps affirmé que le glucose était le principal carburant du cerveau, on sait aujourd’hui qu’il peut tout à fait s’en passer. Ainsi, sans que l’on en connaisse encore précisément les mécanismes, les recherches montrent une amélioration de certaines maladies neurologiques avec une alimentation cétogène : maladies d’Alzheimer et de Parkinson, syndrome de De Vivo, épilepsie, migraines... Réduire drastiquement les glucides aurait aussi un impact positif chez les enfants souffrant d’hyperactivité. Au-delà de ces constats, le cerveau est un organe essentiellement composé de gras auquel un régime riche en certaines graisses pourrait bien profiter. D’ailleurs, dans les troubles de l’humeur (dépression, bipolarité...), c’est davantage une carence en acides gras oméga-3 (qu’on trouve dans certaines huiles, certaines graines et les poissons gras) qu’en glucides qui est impliquée.

Les glucides sont indispensables à l'organisme

FAUX. Seules les graisses et les protéines sont des nutriments dits « essentiels », c’est-à-dire qu’il est absolument nécessaire d’en consommer chaque jour. Ce n’est pas le cas des sucres ! En l’absence de glucides, l’organisme s’adapte. Le foie fabrique à partir des matières grasses des composés appelés cétones que les cellules n’ont aucune difficulté à utiliser comme source d’énergie. Par ailleurs, le foie reste capable de fabriquer du glucose à la demande, notamment pour permettre le bon fonctionnement de certaines cellules comme les globules rouges, par exemple. On peut donc se passer de pain, de pâtes, de riz, de biscottes et de biscuits sans se mettre en danger (d’ailleurs, dans l’histoire de l’humanité, les phases au cours desquelles l’alimentation humaine contenait peu de glucides constituent davantage la règle que l’exception).

L'alimentation céto n'est pas souhaitable si elle dure dans le temps

FAUX. Au contraire, l’alimentation cétogène n’est pas une simple parenthèse alimentaire destinée à perdre des kilos en trop. À partir du moment où on reprend une alimentation normale, c’est-à- dire riche en glucides, le risque est de reprendre le poids perdu, voire davantage (le fameux effet yo-yo) et de perdre les bénéfices de la diète cétogène. Plus qu’un régime, c’est un mode de vie à adopter dans la durée. 

Manger autant de gras, ce n'est pas bon pour la santé

FAUX. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, un taux sanguin de triglycérides (graisses) élevé n’est pas directement lié à une surconsommation de graisses, mais bel et bien à une surconsommation de sucres ! Des études ont ainsi montré que plus une alimentation est riche en glucides, plus le taux de triglycérides augmente dans le sang. Et ce n’est pas tout, plus le taux de triglycérides est élevé et plus le taux de « bon » cholestérol (HDL) est bas. Par ailleurs, consommer beaucoup de gras permet d’atteindre un bon niveau de satiété avant d’avoir consommé trop de calories. Autrement dit, en mangeant beaucoup de graisses, on ne mange jamais trop.

On risque l'hypoglycémie en permanence

FAUX. Dans les premiers jours, lorsque le corps entre en cétose, on peut ressentir une certaine faiblesse et de la fatigue. Mais une fois ce cap de quelques jours franchi, le corps s’est adapté et une nouvelle source de carburant s’est mise en place. La glycémie reste certes basse — c’est l’effet recherché — mais sans danger. Et là, on commence à avoir vraiment la pêche.

On risque de manquer de vitamines

FAUX. En supprimant la plupart des aliments riches en glucides (céréales et produits sucrés), on se débarrasse des « calories vides » (c’est-à-dire d’une énergie dépourvue de nutriments intéressants comme des vitamines, des minéraux, des graisses essentielles). Avec une alimentation kéto bien conduite, on les remplace par des aliments nutritionnellement denses comme les légumes verts, les produits laitiers entiers, les baies, les noix et graines qui apportent un large panel de vitamines et minéraux. 

Il n'y a pas assez de fibres

FAUX. Beaucoup d’aliments phares du régime cétogène sont très riches en fibres : légumes verts, baies, graines, oléagineux (amandes, noix...), farines de coco ou de lin, etc. Adopter une telle alimentation permet d’augmenter ses apports en fibres (bénéfiques entre autres au transit et à la santé cardio-vasculaire), notamment pour les personnes qui auparavant consommaient peu de légumes.

Il faut dire adieu à tout ce qui est bon

FAUX. Avec du fromage, des charcuteries, des viandes — même grasses —, des plats en sauce, des gratins, de la crème... les becs salés vont se régaler. Il existe aussi des astuces pour continuer à se faire des plats de pâtes pauvres en glucides et des pains kéto. Quant aux becs sucrés, pas de privations en vue : il est tout à fait possible de réaliser de succulents desserts en utilisant des poudres et des purées d’oléagineux, du chocolat à fort pourcentage de cacao, du mascarpone, de la crème, des produits laitiers entiers, des laits et des crèmes végétaux et certains édulcorants (érythritol notamment).

Je vais avoir faim tout le temps

FAUX. Le meilleur moyen de contrôler son appétit et de dire adieu aux fringales est justement de réduire les glucides tout en augmentant les graisses. En effet, la consommation de sucres et de produits raffinés (plats préparés, pizzas, burgers, pain blanc...), même en petite quantité, a tendance à augmenter la faim en entraînant de brutales variations de la glycémie et donc de la sécrétion d’insuline.
Rapidement assimilés, les produits sucrés génèrent une hausse rapide du taux de glucose sanguin aussitôt maîtrisée par une hypersécrétion d’insuline qui elle-même va favoriser une brutale chute de la glycémie (une « hypoglycémie réactionnelle ») favorable aux envies de sucre. Vous n’avez jamais remarqué à quel point on a envie de gâteaux après avoir consommé des... gâteaux ? Un cercle vicieux ! Par ailleurs, en valorisant la consommation de bonnes matières grasses, de protéines, de légumes riches en fibres, l’alimentation cétogène cale vite et longtemps. 

C'est compliqué de faire du sport sans glucides

FAUX. Pour preuve, certains sportifs ont même adopté un régime cétogène dans l’objectif d’améliorer leurs performances. Toutefois, au moment de la mise en place de l’alimentation kéto, il peut être préférable d’opter pour des activités douces comme le Pilates, le yoga ou la marche. Au bout de quelques jours, quand le corps aura trouvé sa nouvelle source d’énergie, toute autre activité peut être reprise. Si vous voulez en savoir plus, consultez Le Régime cétogène pour les sportifs du Dr Fabrice Kuhn (éditions Thierry Souccar).

C'est trop compliqué de tout calculer

FAUX. Vous n’êtes pas obligé de tout calculer ! Si vous souhaitez le faire, sachez que compter ses macronutriments (lipides, protéines, glucides) n’est en soi pas très compliqué une fois que l’on en a pris l’habitude. Cependant, il n’est pas nécessaire de le faire pour passer au cétogène. Si vous respectez la liste des aliments autorisés et interdits, que vous mangez raisonnablement, et que vous écoutez votre corps, foncez ! Essayez tout de même de faire des dosages sanguins régulièrement pour déceler d’éventuelles carences (ce qui est très rare avec l’alimentation cétogène).

Pour aller plus loin : Simplement kéto

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