Dormir pour prévenir Alzheimer

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 16/03/2017 Mis à jour le 23/04/2021
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Comme l’alimentation, l’exercice et la gestion du stress, le sommeil joue un rôle important dans la prévention des démences.

Pourquoi c’est important

En France, environ 900 000 personnes sont atteintes par la maladie d‘Alzheimer. Cette pathologie se caractérise par des niveaux élevés dans le cerveau d’une substance protéique appelée β-amyloïde, qui forme des plaques.

Or les chercheurs pensent qu’en dormant mieux, on pourrait éliminer cette substance et réduire le risque d’Alzheimer. En effet, les patients Alzheimer souffrent souvent de problèmes de sommeil. Le sommeil est même parfois altéré avant l’apparition de la maladie.

Lire : Faire la sieste permettrait de préserver des fonctions cognitives

Ce que montrent les études

Différentes recherches scientifiques se sont intéressées au lien entre le manque de sommeil et le risque de développer des démences. Des études d’observation montrent qu’une durée de sommeil trop longue ou trop courte est associée à un risque accru de déclin cognitif et de démence.

En 2021, des chercheurs de l’Inserm et de l’UCL (University College London) ont publié les résultats d’une étude menée auprès de 7 959 adultes britanniques pendant 25 ans. 521 personnes ont développé une démence.

L’étude a démarré en 1985, quand les participants avaient entre 35 et 55 ans. Ces volontaires ont répondu à des questionnaires sur leur sommeil. En 2012, certains ont porté une montre accéléromètre la nuit pour vérifier ces données.

Résultats : les personnes qui dorment moins de six heures par nuit entre 50 et 60 ans augmentent leur risque de démence de 20 à 40 %, par rapport à une dose « normale » de sommeil de sept heures. Entre 50 et 70 ans, une durée du sommeil trop courte persistante augmentait le risque de démence de 30 %.

D’autres travaux ont montré que les personnes dont le sommeil est fractionné ont un risque plus élevé de démences. Une étude néerlandaise a aussi trouvé qu’une seule nuit blanche augmente le niveau de β-amyloïde, mais qu’une bonne nuit le diminue de 6 %.

Comment expliquer ce lien entre le manque de sommeil et les démences ? Au cours des phases de sommeil profond, les cellules dégradent les plaques de β-amyloïde puis les débris de protéines sont relargués dans le liquide cérébro-spinal et évacués. Si le sommeil est perturbé, les cycles alternant sommeil profond et sommeil paradoxal sont bouleversés et ce processus de nettoyage est moins efficace : les plaques s’accumulent.

En pratique

Il est généralement conseillé aux adultes de dormir entre sept et huit heures par nuit, même si cette recommandation pourrait être un peu réduite, sur la base d'études menées chez les chasseurs-cueilleurs. Pour trouver plus facilement le sommeil le soir, découvrez les 3 habitudes qui font s’endormir plus vite

Des livres pour aller plus loin : 14 Jours pour bien dormir, La fin d’Alzheimer

Références
  1. Lim MM, Gerstner JR, Holtzman DM. The sleep-wake cycle and Alzheimer's disease: what do we know? Neurodegener Dis Manag. 2014;4(5):351-62.
  2. Chen JC. Sleep duration, cognitive decline, and dementia risk in older women. Alzheimers. Dement. 2016 Jan;12(1):21-33. 

  3. Sabia et al. Association of sleep duration in middle and old age with incidence of dementia. Nature Communications. 2021.

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