Linus Pauling : la dernière interview

Par Thierry Souccar Publié le 24/02/2014 Mis à jour le 10/03/2017
Point de vue

Le 14 avril 1994, quelques semaines avant sa mort, le double Prix Nobel Linus Pauling, pionnier de la vitamine C et considéré comme l'un des plus grands scientifiques de tous les temps, accordait à Thierry Souccar dans sa propriété de Gorda (Californie) deux heures d’entretien à bâtons rompus - sa toute dernière interview.

Le 19 août 1994 disparaissait Linus Pauling, seul homme récompensé à deux reprises par le prix Nobel, fondateur de la chimie moderne et pionnier de la nutrition. Quatre mois plus tôt, il avait reçu Thierry Souccar pour ce qui devrait être sa dernière interview.Voici dans son intégralité cet entretien.

Thierry Souccar : La revue scientifique britannique New Scientist a dit de vous que vous êtes l'un des vingt plus grands scientifiques de tous les temps, de pair avec Newton, Darwin et Einstein. A quoi attribuez-vous votre succès en tant que scientifique ?

Linus Pauling : La réussite est en grande partie due à une connaissance plus vaste que celle de la plupart des scientifiques, en particulier une connaissance extensive de la chimie empirique, et aussi une bonne connaissance des mathématiques et de la physique. Voyez-vous, aujourd'hui des étudiants me demandent quelles matières étudier pour se lancer dans la nutrithérapie. Je leur dis: n'étudiez pas la nutrition. Etudiez la physique et la chimie, la biochimie, assurez-vous une base solide. Les autres matières, vous pouvez les apprendre dans les livres, mais la connaissance scientifique de base, vous ne l'apprendrez pas dans les livres. Vous avez besoin des stimuli qu'apportent la classe et le professeur.

Vous avez grandi dans un petit village de l'Oregon. A quoi ressemblait le petit Linus Pauling ?

Je suis né dans un village de 500 habitants. Il y a toujours 500 habitants aujourd'hui, il est resté le même... Ce qui m'intéressait, c'était les propriétés des minéraux. Pourquoi certaines substances sont colorées et d'autres pas ? Pourquoi certains minéraux sont durs et d'autres mous ? Donc, j'ai accumulé une sorte de savoir empirique, et en même temps je posais un grand nombre de questions, je lisais un grand nombre de livres. Quand j'avais neuf ans, mon père, un pharmacien, a écrit une lettre au rédacteur en chef du journal local. Il disait : « Mon fils a lu tous les livres alentour. Pourriez-vous suggérer quelques titres qui lui conviendraient ? »

C'est à cette curiosité qu'on doit votre essai de 1931, The Nature of the Chemical Bond, qui fait toujours référence ?

Oui. J'ai obtenu un doctorat de chimie, mais mes deux premiers livres, The Structure of Line Spectra et Introduction to Quantum Mechanics, étaient essentiellement des ouvrages de physique, plutôt que de chimie. En 1926, grâce à une bourse, j'ai eu la possibilité de me rendre dans les grands laboratoires d'Europe, où l'on tentait de trouver des applications à la théorie quantique. Cette année-là, j'ai publié le premier article qui appliquait les mécaniques quantiques aux systèmes comportant plus d'un électron. A la fin des années 20, j'étais la seule personne au monde à posséder une bonne compréhension des mécaniques quantiques, et une connaissance étendue de la chimie. C'est ainsi que j'ai pu développer la théorie quantique que j'ai appelée « résonance ».

Pour la plupart des gens, votre nom est associé à la nutrition et à la médecine. Mais vous n'avez jamais reçu d'enseignement formel dans ces deux disciplines.

C'est vrai. Je n'ai jamais suivi un cours de biologie, ni même de biochimie. Lorsque j'ai publié La vitamine C et le rhume en 1971, un nutritionniste a écrit que je n'avais pas eu un seul cours de nutrition, et que j'échouerais probablement à l'examen de première année (Rires.) La biochimie ne m'a jamais beaucoup intéressé.

La parution de ce livre, dans lequel vous souteniez que des mégadoses de vitamine C peuvent prévenir le rhume, a déclenché une polémique considérable avec la communauté médicale. Vous y attendiez-vous ?

Non, je croyais que tout le monde apprécierait mon livre. Les gens seraient heureux, ils souffriraient moins;les médecins seraient satisfaits, on les dérangerait moins pour une maladie aussi banale. J'ai donc été très surpris que l’establishment médical me tombe dessus! Bien sûr, les scientifiques se sont dit : « Je ne connais rien aux vitamines, mais Linus Pauling a eu tant de fois raison dans le passé qu'il a probablement raison cette fois encore. » Mais les médecins et les autorités médicales ne le savaient pas, ils ne connaissaient ni ma réputation, ni mes contributions. Et ils furent visiblement de mauvaise foi. C'est une idée qu'il leur était difficile d'accepter.

Pour quelle raison ?

Je me suis souvent posé cette question. Lorsqu'on a commencé d'utiliser des molécules médicamenteuses en médecine, les médecins se sont demandé : « Si nous avons une substance intéressante pour traiter une maladie, quelle quantité faut-il donner ? » Ils se sont dit : « Les agents chimiothérapeutiques peuvent sauver la vie de quelqu'un, mais ils sont aussi toxiques. On ne peut pas augmenter sans cesse les doses. Alors, ils se sont mis d'accord sur les doses qui sont habituellement efficaces. Ensuite, ils sont arrivés à la vitamine C. Ils se sont posé la même question : « Qu'est-ce qu'elle contrôle ? Le scorbut ! Donc, nous allons déterminer les doses nécessaires pour prévenir le scorbut.» C'est ce qu'ils ont fait, et on a depuis les doses admises pour la vitamine C.Il ne leur est pas venu à l'esprit que des doses massives de vitamine C pouvaient avoir un intérêt supplémentaire contre d'autres maladies, et qu'elles améliorent la santé en général. Ou ça leur est venu à l'esprit, et ils l'ont rejeté. Voilà ce qui s'est passé, même si de nombreux docteurs ont observé les bénéfices pour leurs patients de mégadoses de vitamine C. Quoi qu'il en soit, la profession médicale était braquée contre les vitamines à hautes doses. Et elle l'est toujours.

Prenez-vous toujours 18 grammes de vitamine C par jour ?

Qui, oui. Oh..., parfois j'oublie. Je répartis les doses au long de la journée, et parfois ça me sort de l'esprit. Mais oui, oui, je prends à peu près cette quantité. Et bien sûr d'autres vitamines aussi. De la vitamine E. Essentiellement ce que le docteur Hoffer (voir encadré) donne à ses patients : 800 mg de vitamine E, 1000 à 2000 mg de niacine [vitamine B3 ou PP] et du sélénium. Hoffer prescrit ce traitement orthomoléculaire à ses patients depuis des années.

Vous ne cachez pas être atteint d’un cancer. N’est-ce pas paradoxal chez un homme qui a fait la promotion de la vitamine C comme agent anti-cancer ?

C’est exact, j’ai un cancer de la prostate. Ce type de cancer survient généralement avant 70-75 ans, et comme j’en ai 93, je pense que les hautes doses de vitamine C que je prends m’ont fait gagner une vingtaine d’années. En 1966, j’ai donné une conférence sur la médecine orthomoléculaire et j’y ai manifesté le désir de vivre 20 ans de plus. A la suite de la conférence, j’ai reçu une lettre d’un biochimiste, Irwin Stone, qui me souhaitait de vivre non pas 20 ans, mais 50 ans de plus. Il ajoutait qu’un régime riche en vitamine C me procurerait longtemps une bonne santé, et il joignait une série d’études à l’appui de son hypothèse. Je les ai trouvées convaincantes et c’est ainsi que j’ai commencé avec mon épouse à prendre des doses élevées de vitamine C.

Aujourd’hui, vous soutenez que la vitamine C pourrait prévenir l’athérosclérose !

Oui. Mon dernier article sur ce sujet a été publié il y a deux ans dans le Journal of Orthomolecular Medicine. Je l’ai écrit avec le Dr Matthias Rath. Il s’intitule : « Le déficit en vitamine C est la cause des maladies cardio-vasculaires. » Nous indiquons aussi que la lysine peut prévenir ces maladies. J’ai publié trois articles sur les effets de suppléments quotidiens de 5 g de vitamine C et 5 g de lysine chez des malades cardiaques.

Sur quoi votre hypothèse repose-t-elle ?

Eh bien, tout le monde est d’accord pour dire que ces maladies commencent par une lésion des parois vasculaires. Il y a quelques années, je me suis demandé pourquoi de telles lésions apparaissent. Et la réponse est probablement que l’organisme manque de vitamine C. La vitamine C est indispensable à la synthèse de collagène et d’élastine, les substances qui rendent les vaisseaux forts et sains. Si vous manquez de vitamine C, vous ne fabriquez pas assez de collagène, ou alors il est de mauvaise qualité. La plupart des animaux fabriquent de la vitamine C, et ils n’ont pas le type de maladies cardio-vasculaires que nous avons. Il leur arrive d’avoir des problèmes, mais pas dans les régions de stress, où le pouls est fort, comme les artères coronaires ou le cerveau. La plupart des gens manquent de vitamine C et le déficit en vitamine C est la première cause des maladies cardio-vasculaires.

Qu’est-ce qui a motivé votre intérêt pour les vitamines ? La science, la provocation, ou le souci du bien commun ?

Il y a un psychiatre à San Francisco qui écrit en ce moment un livre. Il aura pour titre Linus Pauling, l’Humaniste. Il soutient que tout ce que j’ai accompli dans ma vie, je l’ai fait pour des raisons humanistes. Je lui ai répondu que je ne suis pas d’accord. La plupart des choses que j’ai faites, c’était pour satisfaire ma curiosité. Mais dans un certain sens, mon intérêt pour les vitamines vient peut-être du sentiment qu’elles peuvent contribuer de manière importante à la santé des gens, plutôt que d’une curiosité purement scientifique. Les vitamines ne m’intéressent pas beaucoup d’un point de vue scientifique.

C'est tout de même « Pauling l'Humaniste » qui a milité contre les essais nucléaires dans l'atmosphère.

Après la guerre, j'ai décidé qu'il était important d'empêcher une catastrophe nucléaire et que je ferais bien de prendre mes responsabilités. Jusqu'en 1945, il me semblait impossible que le monde arrive à se débarrasser de l'immoralité de la guerre. J’avais l'impression que nous devions nous en accommoder. Quand les bombes atomiques ont été créées, avec leur terrible pouvoir, il m'a semblé qu'il y avait là une chance d'en finir avec la guerre. Au début, j'ai simplement dit en quoi une guerre nucléaire serait terrible, et qu'il était préférable de rechercher une coexistence pacifique avec l'Union soviétique, mais ensuite, il est devenu clair que les essais en eux-mêmes étaient dangereux.

A cette époque, vous avez été accusé par le sénateur Joseph McCarthy de sympathies communistes...

Oui. Les membres du Congrès m'ont demandé si j'étais communiste, ou si je l'avais été. Je leur ai répondu que je me tenais à l'écart des doctrines. Je leur ai dit ceci : « Personne ne me dit ce que je dois penser, sauf madame Pauling. » On a demandé à ma femme pourquoi je m'étais mis dans une telle situation de conflit avec le gouvernement, et pourquoi j'avais continué mon action en dépit des problèmes que cela me posait, et que cela posait à ma femme et à mes enfants. Elle a répondu : « C'est qu'il est têtu. Il n'est pas prêt à changer d'opinion, même sous la pression. » Ava disait que j'étais entêté, mais je ne voulais simplement pas être réduit au silence par Mccarthy. J'ai continué par respect pour moi-même. A cette époque, mon passeport m'a été retiré. La responsable du bureau des passeports a dit que mes déclarations anti-communistes n'avaient pas été suffisamment convaincantes ! (Rire.) Finalement, le ministère des Affaires étrangères m'a rendu mon passeport en1954 ; ils n'ont pas eu assez de tripes pour m'empêcher d'aller en Suède recevoir mon prix Nobel. Au même moment, j'étais attaqué par l'Union soviétique. Les Soviétiques disaient que mes théories en matière de chimie étaient incompatibles avec le matérialisme dialectique, et qu'aucun scientifique soviétique bon patriote ne devait les utiliser. En fait, quand je me suis rendu en URSS, j'ai constaté qu'ils continuaient d'appliquer mes idées, mais sous des artifices. Finalement, au bout de 5 ans, les autorités ont publié un nouveau rapport sur l'état de la chimie et ont déclaré qu'on pouvait utiliser les idées du professeur Pauling, mais pas sous le nom de « théorie de résonance ». On devait les utiliser sous le nom de « théorie des états intermédiaires ». Bref, il leur avait fallu 5 ans pour reconnaître que c'était une erreur que d'attaquer mes théories. Elles étaient trop bonnes (Rire.).

Vous avez des convictions politiques ?

Oh, oui. Eh bien, on pourrait dire que je suis une sorte de socialiste modéré, d'obédience progressiste. En général, j’ai soutenu des candidats démocrates.

Ca ne vous a pas empêché de manifester contre John Kennedy, dont vous étiez pourtant proche. Il circule d’ailleurs une anecdote savoureuse à propos de votre participation à une manifestation devant la Maison-Blanche en 1962. C’est une légende ou la réalité ?

Vous faites sûrement référence à la journée du 28 avril. Voilà ce qui s’est passé. Ava et moi avions reçu deux invitations pour se rendre à Washington ce jour-là. La première émanait d’opposants à la bombe atomique, qui nous demandait de nous joindre à la manifestation prévue devant la Maison-Blanche, en raison de la décision du Président Kennedy de reprendre les essais nucléaires dans l’atmosphère. La seconde invitation venait justement du couple Kennedy, qui nous priait d’assister à une réception donnée en l’honneur de scientifiques.

Qu’avez-vous fait ?

Eh bien nous avons défilé devant la Maison-Blanche avec des pancartes réclamant la fin des essais nucléaires. A la fin de la journée, nous avons rangé nos pancartes et nous avons traversé la pelouse pour assister à la réception. Lorsque nous sommes arrivés, Jackie Kennedy s’est penchée vers moi et m’a dit : « Croyez-vous qu’il est bien raisonnable de défiler comme vous le faites devant la Maison-Blanche ? Chaque fois que Caroline [la fille du Président, alors âgée de 5 ans] vous voit dans une manifestation, elle me demande, « Qu’est ce que papa a fait de mal ? ». A ce moment, John Kennedy s’est approché et m’a dit à voix basse : « J’espère que vous continuerez longtemps à exprimer vos opinions. »

Votre bureau est encombré d’articles et de livres. Sur quoi travailliez-vous avant mon arrivée ?

Sur des questions de physique nucléaire, la structure du noyau atomique. Je ne suis pas satisfait de ce que les spécialistes de physique nucléaire disent sur la structure du noyau, les niveaux d’énergie. Et j’ai développé une hypothèse alternative – ma théorie personnelle de la structure nucléaire. J’ai publié 3 ou 4 articles dans Proceedings of the National Academy of Sciences et j’ai même réussi à en placer 1 ou 2 dans des revues de physique. Mais les physiciens les ignorent, ils ne s’y intéressent pas. Un peu comme les médecins ignorent les vitamines !

La vie de Linus Pauling

 

1901

Naissance de Linus Carl Pauling le 28 février.

1922

Commence un travail sur les cristaux.

1923

Mariage avec Ava Helen Miller le 17 juin.

1925

Reçoit son doctorat en chimie de CalTech, l’Institut californien de technologie.

1925-35

Travaille sur les mécaniques quantiques.

1927

Premier grand article théorique dans lequel il lie l’étude des mécaniques quantiques à celle de la structure des cristaux.

1929-33

Assistant de chimie et physique à l’université de Californie (Berkeley). 

1930

Publication de Structure of Line Spectra.

1930-35

Travaille sur la liaison chimique.

1932

Assistant de chimie au Massachusetts Institute of Technology (Cambridge).

1935

Publication d’Introduction to Quantum Mechanics..

1936-54

Travaille sur la structure des protéines.

1937

Directeur du Gates Lab, Président  du département de chimie.

1939

Publication de Nature of the Chemical Bond.

1942

Ava Helen Pauling s’élève contre l’internement des Américains d’origine japonaise en camp de concentration.

1945

Après une conférence au Rotary Club de Hollywood sur la bombe atomique (30 novembre), Ava Helen dit à Linus : « Quand tu parles de la nature de la guerre et du besoin de paix, tu n’es pas convaincant parce que tu donnes à l’auditoire l’impression de n’être pas sûr de ce que tu dis. » Selon Linus, la remarque de sa femme à cette occasion a changé sa vie. Il commence à consacrer une grande partie de son temps à l’étude de la guerre et des conditions de la paix.

1946

Rejoint le Comité d’Urgence des Scientifiques de l’Atome à l’invitation d’Einstein.

1947

Publication de General Chemistry.

1949

Président de la Société de chimie américaine.

1950

Congrèsaméricain pour la Paix, Mexico.

1951

Commence à travailler sur les acides nucléiques et le collagène.

1951-54

Vice-président de la Société de philosophie américaine.

1954

Reçoit le prix Nobel de chimie.

1954-64

Travaille sur la biochimie des maladies mentales.

1956

Commence à travailler sur la médecine et la psychiatrie orthomoléculaires.

1957

Conduit une pétition auprès des Nations Unies.

1958

Publication de No More War!

1959

Ava Helen et Linus visitent l’hôpital du Dr. Albert Schweitzer's à Lambarene, Afrique Equatoriale Française.

1961

Linus and Ava Helen présentent, "Un appel pour arrêter la prolifération des armes nucléaires," aux Nations Unies.
Conférence d’Oslo sur le désarmement.

1962

Linus et Ava Helen manifestent devant la Maison Blanche en réaction à la decision du President Kennedy's de reprendre les essais dans l’atmosphère (28-29 April).

1963

Reçoit le Prix Nobel de la Paix pour l’année 1962.

1968

Publication de Orthomolecular Psychiatry.

1969

Professeur de chimie à l’université de Stanford (Californie).

1970

Publication de Vitamin C and the Common Cold.

1973

Fonde l’Institut Linus Pauling de Science et Médicine.

1975

Reçoit la Médaille Nationale des Sciences.

1979

Publication de Cancer and Vitamin C.

1981

Ava Helen meurt d’un cancer de l’estomac le 5 décembre. Elle a pris des doses massives de vitamine C dans l’espoir de combattre la maladie.

1986

Publication de How to Live Longer and Feel Better.

1989

Publication de la biographie controversée Linus Pauling: A Man and His Science par Anthony Serafini.

1994

Accorde sa dernière interview à Thierry Souccar (14 avril).

Linus Pauling meurt le19 août, à l’âge de 93 ans.

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