Le Healthwashing ou comment présenter des aliments ultra-transformés comme s'ils étaient sains

Par Lanutrition.fr Publié le 12/09/2017 Mis à jour le 21/11/2017
Choisir ses aliments

Consommateurs, ouvrez l'oeil. Les aliments industriels "aux céréales complètes" ou "enrichis en vitamines" cachent le plus souvent de l'ultra-transformé.

Devant la méfiance des consommateurs envers les aliments ultra-transformés, l’industrie agro-alimentaire a entrepris une reconquête : les produits anciens font peu à peu place à une version « plus saine ». C’est en tous cas ce que dit le marketing. Dans la réalité, il s’agit le plus souvent d’artifices pour continuer à vendre de l’ultra-transformé. Les Américains appellent cela le healthwashing.

Des snacks "plus sains" ?

Exemple avec Amazon, la Fondation Clinton (une ONG fondée par Bill Clinton) et l’Association américaine de cardiologie (American Heart Association ou AHA) : ces 3 structures se sont associées pour promouvoir des aliments « plus sains » pour les enfants américains. En réalité, il s’agit d’aliments ultra-transformés et bourrés de sucre. 

L’opération conjointe Amazon-Clinton-AHA s'appelle Healthier Generation Store (La boutique pour une génération plus saine). Elle se présente sur Amazon.com comme «votre guichet unique pour les snacks intelligents et les produits destinés aux élèves, à l'école comme en dehors».

Mais la soi-disant boutique "santé" d’Amazon ne vend quasiment pas de produits frais. A la place on peut se procurer des fleurons de l’ultra-transformation : des chips Doritos, des barres de céréales Kellogg’s, des Pop Tarts, des biscuits sucrés. Le sucre est partout : les barres Kellogg’s en apportent 176 grammes, les Rice Krispies «aux céréales complètes» font encore mieux : 220 grammes de sucre par unité. Selon l'AHA elle-même, c'est plus de sucre qu'un enfant devrait consommer pendant une semaine entière !

Le site Web de l' Alliance pour une société plus saine dit que ses «produits ... sont conformes aux normes nutritionnelles Smart Snacks in School du ministère de l’agriculture et aux normes alimentaires saines de la National AfterSchool Association». Inquiétant.

Moins de sel, plus de fibres, mais pas plus sains

En France, plusieurs industriels comme Kellogg's ou encore le groupe Bel (Vache qui rit) ont passé des accords avec le Programme National Nutrition Santé : ils s'engagent généralement à réduire modestement le sel, le sucre, les graisses et augmenter les fibres ou le calcium. En échange, ils bénéficient du label du PNNS qui équivaut à une certification "aliment sain". Mais malgré ces aménagements de façades, on a toujours affaire à des aliments ultra-transformés, donc indésirables si on les consomme régulièrement.

Commentaire d’Anthony Fardet, auteur de «Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons vrai» : « Avec le healthwashing nous sommes typiquement confrontés aux travers extrêmes du réductionnisme nutritionnel ne considérant l’aliment que comme une somme de nutriments. Les industriels, pour retrouver la confiance des consommateurs, essaient de reformuler leurs aliments - déjà ultra-transformés - sous couvert d’arguments santé et scientifiques ; bien souvent avec le soutien des autorités publiques qui croient œuvrer à la bonne cause ! Par exemple les céréales du petit-déjeuner pour enfants enrichies en vitamines et minéraux, les margarines enrichies en phytostérols pour soi-disant la santé de votre cœur, les sodas light (on pense à votre poids !) : ces aliments restent en réalité pauvres nutritionnellement car ultra-transformés. On tente de restaurer leurs pauvres qualités nutritionnelles par des artifices. Si les industriels pensaient réellement à notre santé ils essaieraient plutôt de développer des aliments moins transformés à partir d’aliments originaux non fractionnés ou raffinés. » 

Source : The Russells, Kellogg's

 

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