Le régime cétogène contre Parkinson

Par Marc Gomez Publié le 06/03/2018 Mis à jour le 12/03/2018
Article

Déjà utilisé dans l’épilepsie et Alzheimer, le régime cétogène a-t-il sa place dans la maladie de Parkinson ?

Le régime cétogène, riche en graisses et pauvre en glucides a déjà fait ses preuves dans le traitement de l’épilepsie, il est utilisé expérimentalement dans Alzheimer et certains cancers ou contre la migraine, mais peut-il améliorer aussi les patients atteints de la maladie de Parkinson ?

Pourquoi c’est important

La maladie de Parkinson se caractérise par une dégénération des neurones d’une région du cerveau appelée substance noire. Ces neurones fabriquent le neurotransmetteur dopamine, qui aide à contrôler le mouvement. L’une des hypothèses pour expliquer cette maladie, c’est une atteinte toxique des mitochondries, les centrales énergétiques de la cellule, par des substances comme les résidus de pesticides. Le régime cétogène conduit à la production en quantité de corps cétoniques dont l’hydroxybutyrate, qui protège expérimentalement les mitochondries des cellules nerveuses et donc prévient leur dégénération et leur mort. 

Ce que dit la recherche

Très peu d’études ont été conduites sur le régime cétogène dans la maladie de Parkinson. Une étude chez l'homme a étudié les effets d’un régime cétogène strict sur les symptômes d’un petit nombre de malades. Les chercheurs ont montré que 5 des 7 personnes traitées avec l’alimentation cétogène pendant 28 jours ont pu améliorer leurs scores (+ 43 %) à l’échelle UPDRS (Unified Parkinson’s Disease Rating Scale), qui sert de mesure pour quantifier la progression de la maladie de Parkinson et l’efficacité du traitement. « Une amélioration de plus de 30 % de l’UPDRS est considérée comme cliniquement significative. Tous les participants ont rapporté une amélioration modérément bonne à très bonne de leurs symptômes. », analysent le Dr Bernard Aranda et Michèle Houde, auteurs du Régime cétogène pour votre cerveau.

Dans les études chez l’animal, la diète cétogène a le pouvoir de protéger les neurones dopaminergiques de la dégénérescence, expliquent le Dr Bernard Aranda et Michèle Houde : « on explique cette action neuroprotectrice par l’amélioration de la production d’énergie par les mitochondries. »

En pratique

Il existe deux grandes versions du régime cétogène : 

  • Le régime cétogène strict

C’est le régime généralement prescrit dans l’épilepsie et le diabète. Avec 4 fois plus de graisses que de glucides, les spécialistes le nomment 4 :1. Il est contraignant et parfois difficile à suivre à long terme.

>> Exemple de recettes cétogènes strictes : un extrait de Céto cuisine avec 4 recettes 

  • Le régime Atkins modifié

Le régime Atkins est le régime « low-carb » (pauvre en glucides) de référence. Dans la version « Atkins modifiée », le rapport entre graisses et glucides est celui de la première phase du régime : 2 g de graisses pour 1 g de glucides, ou 1 g de graisses pour 1 g de glucides. Il s’agit donc, quand on suit un Atkins modifié, de rester dans cette première phase. Il est plus facile à suivre que le régime cétogène strict.

>> Exemple de recettes de type Atkins modifié
 
Ces deux régimes peuvent être « enrichis » de corps gras spéciaux appelés triglycérides à chaîne moyenne (TCM), qui potentialisent les effets du régime lui-même. On peut aussi utiliser l’huile de coco (moins efficace). De nombreuses personnes atteintes de Parkinson ont fait état d’une amélioration de leur état avec un régime cétogène strict ou Atkins modifié, souvent agrémenté de TCM et d’huile de coco. "Le régime cétogène pourrait constituer une option thérapeutique majeure pour les patients", estime dans un article récent le Dr Thomas Walczyk (Hôpital Johns Hopkins, Baltimore). Cependant, les études manquent pour pouvoir affirmer que ce régime, certes prometteur, est efficace.

Si vous envisagez un régime de ce type, informez-en votre médecin, n’interrompez pas vos traitements (les patients qui suivent le régime rapportent que l’association traitements-régime est bénéfique), et sachez qu’il y a des précautions à prendre pour éviter les inconvénients d’une diète cétogène stricte.

A lire aussi pour aller plus loin :

Références

Paoli A, Bianco A, Damiani E, Bosco G. Ketogenic diet in neuromuscular and neurodegenerative diseases. Biomed Res Int. 2014;2014:474296.
Walczyk T, Wick JY. The Ketogenic Diet: Making a Comeback. Consult Pharm. 2017 Jul 1;32(7):388-396.

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