Les aliments ultra-transformés favoriseraient l’inflammation chronique

Par Marc Gomez Publié le 06/04/2020 Mis à jour le 06/04/2020
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Un régime alimentaire riche en aliments ultra-transformés a un score inflammatoire élevé. Cause probable : la perte de diversité du microbiote.

Pourquoi c’est important

Le régime alimentaire est un déterminant important de l'inflammation chronique. Or on retrouve une inflammation chronique dans un grand nombre de maladies ou troubles dits « de civilisation » comme le diabète, l’obésité et le surpoids, le syndrome métabolique, les maladies cardiovasculaires, les maladies neurodégénératives.

>> L’inflammation à bas bruit, à l'origine de nombreuses maladies (Abonné)

De plus, l’inflammation chronique favorise une réponse inflammatoire excessive lors d’une infection par un virus par exemple. Par ailleurs, les preuves s’accumulent pour suggérer qu’en mangeant plus de produits ultra-transformés on augmente aussi le risque de développer des maladies chroniques non transmissibles.

Ce que dit la science

Une étude brésilienne récente rapporte un lien direct entre le degré de transformation des aliments et leur pouvoir pro-inflammatoire, sur la base de la consommation calorique quotidienne : les femmes qui consommaient le plus d’aliments ultra-transformés avaient aussi le score alimentaire pro-inflammatoire le plus élevé. Inversement, les régimes alimentaires qui comportent une part importante d'aliments non transformés ou peu transformés sont peu inflammatoires. (1)

Les aliments ultra-transformés sont pauvres en micronutriments et constituants naturels anti-inflammatoires comme les aromates, les polyphénols, les caroténoïdes ; ils ont aussi une densité énergétique élevée, un index glycémique élevé et sont riches en sucre, qui sont tous des attributs d'un régime pro-inflammatoire. Ils sont aussi riches en additifs et ACE, qui peuvent modifier la composition et la diversité de la flore intestinale en favorisant des bactéries pro-inflammatoires.

" Le microbiote des personnes en bonne santé a un niveau élevé de diversité et beaucoup de ces bactéries ont tendance à disparaître avec des régimes alimentaires hautement transformés ", explique Andrew Gewirtz (Université de Georgie).

Les glucides raffinés pourraient nourrir et faire proliférer les bactéries nocives. (2)

Lorsqu’on analyse le microbiote intestinal de souris nourries avec un régime pauvre en fibres, qui mime un régime occidental ultra-transformé, on observe une réduction marquée du nombre total de bactéries et de leur diversité par rapport aux souris suivant un régime riche en fibres. (3)
Les fibres fermentescibles sont métabolisées ou fermentées par des bactéries intestinales. Ce processus produit des acides gras à chaîne courte, qui sont d'importantes sources de nourriture pour nos bactéries intestinales. Ces acides gras ont des propriétés anti-inflammatoires.

Les résultats chez la souris font écho aux études conduites chez l'homme. Les échantillons de selles des chasseurs-cueilleurs révèlent un microbiote intestinal plus diversifié que celui des Occidentaux.

À lire : La flore intestinale d'un peuple de chasseurs-cueilleurs bouleverse nos connaissances sur les probiotiques

De même, lorsque des chercheurs ont séquencé l'ADN de la plaque dentaire des de nos ancêtres du néolithique, ils ont découvert que la colonie bactérienne était beaucoup plus diversifiée que chez les humains modernes. (4)

En pratique

Selon Anthony Fardet, auteur de Halte aux aliments transformés ! MANGEONS VRAI, « une transformation excessive des aliments altère non seulement la composition en micronutriments des aliments, mais avant tout leur effet « matrice », comme dans les aliments ultra-transformés où cette dernière peut être totalement déconstruite puis artificiellement reconstruite à grand renfort d’ingrédients et/ou additifs cosmétiques. Or, la matrice des aliments complets peu transformés joue un rôle sur leur potentiel santé, en fournissant des fibres structurées à la microflore colique stimulant sa biodiversité et apportant des antioxydants qui leur sont liés, plus de mastication et donc plus de satiété, et une synergie d’action des composés protecteurs. »

Dans les supermarchés y compris les magasins bio plus de 80 % des produits sont de « faux aliments ». Voici quelques indices pour les reconnaître :  

  • Une longue liste d’ingrédients (plus de 5)
  • Produits artificiels fabriqués par l’homme à partir d’une recombinaison d’ingrédients
  • Aliments tellement raffinés qu’on ne reconnaît plus l’aliment d’origine

Lire un extrait de Halte aux aliments transformés ! MANGEONS VRAI

Références
  1. Silva CA, Santos IDS, Shivappa N, Hebert JR, Crivellenti LC, Sartorelli DS. The role of food processing in the inflammatory potential of diet during pregnancy. Rev Saude Publica. 2019;53:113. Published 2019 Dec 20. doi:10.11606/S1518-8787.2019053001154 
  2. Zinöcker MK, Lindseth IA. The Western Diet-Microbiome-Host Interaction and Its Role in Metabolic Disease. Nutrients. 2018;10(3):365. Published 2018 Mar 17. doi:10.3390/nu10030365
  3. Zou et al., 2018, Cell Host & Microbe 23, 41–53 January 10, 2018 ª 2017 Elsevier Inc. https://doi.org/10.1016/j.chom.2017.11.003
  4. Christina J Adler et al., Sequencing ancient calcified dental plaque shows changes in oral microbiota with dietary shifts of the Neolithic and Industrial revolutions. Nat Genet. 2013 April ; 45(4): 450–455e1. doi:10.1038/ng.2536.

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