Vaccin contre la grippe : quelle efficacité réelle ?

Par Lanutrition.fr Publié le 28/10/2011 Mis à jour le 10/10/2018
Actualité

Alors que la campagne de vaccination commence, le point sur l’efficacité du vaccin chez les personnes âgées, les adultes en bonne santé et les enfants.

La campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière a débuté le 6 octobre 2018 et se poursuivra jusqu'au 31 janvier 2019. Conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le vaccin grippal 2018 contient les virus suivants :

  • Un virus de type A/Michigan/45/2015 (H1N1) pdm09 ;
  • Un virus de type A/Singapore/INFIMH-16-0019/2016 (H3N2) ;
  • Un virus de type B/Colorado/06/2017 (lignée B/Victoria/2/87) ;
  • Un virus de type B/Phuket/3073/2013 (lignée B/Yamagata/16/88).

Les trois premières souches sont recommandées pour la composition des vaccins dits trivalents, et la dernière est ajoutée aux vaccins antigrippaux tétravalents. 
La vaccination antigrippale est particulièrement recommandée aux plus de 65 ans, aux personnes atteintes de certaines maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire...), ou encore aux femmes enceintes. Entre 12 000 et 17 000 Français meurent chaque année de la grippe, des décès évitables grâce au vaccin d’après les autorités de santé. 
Est-ce bien le cas ? Cochrane, une organisation scientifique indépendante, a publié des mises à jour de ses revues systématiques sur l’efficacité de la vaccination antigrippale chez les personnes âgées, mais aussi chez les adultes et enfants en bonne santé. En voici les conclusions.

Que peut-on attendre du vaccin contre la grippe quand on a plus de 65 ans ?

Selon la revue Cochrane, les adultes plus âgés vaccinés contre la grippe seraient moins touchés par cette maladie au cours d'une seule saison, la proportion passant de 6 % (sans vaccination) à 2,4 %, ce qui signifie que 30 personnes devraient être vaccinées avec des vaccins inactivés pour éviter 1 cas de grippe. 
Les seniors seraient également moins touchés par les syndromes grippaux, dont la proportion passe de 6 % à 3,5 %. 
Les auteurs notent que les données étaient insuffisantes pour être certain de l'effet des vaccins sur la mortalité. 
Conclusion : l'impact des vaccins contre la grippe chez les personnes âgées reste modeste.

Que peut-on attendre du vaccin contre la grippe quand on est en bonne santé ?

Après étude de 52 essais cliniques concernant plus de 80 000 adultes, les auteurs de la revue Cochrane concluent que les vaccins antigrippaux inactivés ont probablement un petit effet protecteur contre la grippe et le syndrome grippal (preuves de certitude modérée). 
Il serait ainsi nécessaire de vacciner 71 personnes pour éviter un cas de grippe et 29 pour éviter un cas de syndrome grippal (soit 2,3% cas de grippe sans vaccination, et 0,9% avec). La vaccination semble de plus avoir un effet faible à insignifiant sur les hospitalisations (preuves de faible certitude) et sur le nombre de jours de travail perdus.
Chez les femmes enceintes et les nouveau-nés, la protection contre la grippe et le syndrome grippal par l'administration du vaccin antigrippal inactivé est en revanche incertaine, ou du moins très limitée.
Par ailleurs, aucune une association n’a été trouvée entre la vaccination contre la grippe et des événements indésirables graves. 

Que peut-on attendre du vaccin contre la grippe chez les enfants ?

Les enfants de 2 à 17 ans sont la seule catégorie de la population à avoir le choix entre un « vaccin vivant atténué » et un inactivé. Les enfants plus jeunes bénéficient comme les adultes de la version inactivée.
Par rapport à un placebo ou à l'absence de vaccination, les vaccins vivants atténués semblent réduire le risque de grippe chez les enfants âgés de 3 à 16 ans de 18% à 4% (preuves de certitude modérée) et, dans une moindre mesure, le risque de syndrome grippal (passage de de 17% à 12%, preuves de faible certitude).
Les vaccins inactivés réduisent le risque de grippe chez les enfants âgés de 2 à 16 ans de 30% (sans vaccination ou avec un placebo) à 11% (preuves de haute certitude), et ils semblent réduire celui de syndrome grippal de 28% à 20% (preuves de certitude modérée).
Mais les chercheurs notent que pour les deux types de vaccins, la réduction absolue des cas de grippe et de syndrome grippal varie considérablement entre les populations étudiées. On ne peut donc pas prédire comment ces résultats s'appliquent à des contextes différents.

En pratique

Le vaccin pourrait protéger modestement les plus âgés qui sont aussi les plus fragiles face à la maladie, sans qu’il soit certain que la vaccination diminue réellement la mortalité et/ou le risque de pneumonie. Chez l’adulte en bonne santé, la protection paraît meilleure mais reste limitée, et n’a pas ou a peu d’effet sur l’absentéisme au travail. Chez l’enfant en revanche, les preuves de l’efficacité sont plutôt bonnes, surtout pour les vaccins vivants. 
Dans tous les cas, que l'on soit ou pas vacciné, il faudrait en période de grippe, adopter des mesures complémentaires : se laver régulièrement les mains, porter des gants à l’extérieur, voire un masque (de type N95), éviter de sortir en période d’épidémie, ne pas avoir de déficits nutritionnels, vitamine D notamment. 

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