Les aliments sucrés et raffinés rendraient dépressif

Par Juliette Pouyat Publié le 12/07/2015 Mis à jour le 10/03/2017
Actualité

Les femmes ménopausées qui mangent des aliments avec un index glycémique élevé - raffinés et sucrés, ont un risque accru de dépression.

Une nouvelle étude parue dans l’American Journal of Clinical Nutrition rapporte qu’un régime alimentaire à index glycémique élevé est un facteur de risque de dépression chez les femmes ménopausées. Les sucres ajoutés ont un impact particulièrement important sur l’incidence de la dépression.

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L’alimentation moderne nous a fourni de nombreux aliments riches en glucides hautement raffinés et à index glycémique élevé. « S’il est assez évident de constater qu’une telle alimentation a augmenté la prévalence de l’obésité et du diabète, il est moins aisé de comprendre les effets qu’elle peut avoir sur le risque de dépression, un autre fléau » expliquent les auteurs.

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La dépression est une affection courante, qui selon les estimations, concerne environ 350 millions de personnes dans le monde. Selon l’OMS, elle est la première cause d’incapacité dans le monde. La charge de la dépression est en augmentation dans le monde. « L’index glycémique alimentaire moyen est également en constante augmentation, étant donné que la consommation d’aliments raffinés a augmenté dans le monde entier». Or, de plus en plus de preuves suggèrent que ces 2 tendances sont liées.

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La dépression a été associée à la consommation d’aliments sucrés chez des femmes à la cinquantaine, à celle d’aliments tout prêts et de snacks chez des étudiants ainsi qu’à celle d’aliments à index glycémique élevé chez des personnes âgées. « Cependant, la relation entre dépression et consommation de glucides peut être bidirectionnelle. Les associations décrites dans les études transversales ne démontrent donc pas un lien de cause à effet ». D’autres études (longitudinales) ont montré que la consommation d’aliments transformés, de boissons sucrées et de pâtisseries industrielles était associée à un risque accru de dépression. Ces études prennent en compte la consommation d’aliments raffinés en particulier contrairement à l’index glycémique ou la charge glycémique.

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Les chercheurs ont voulu savoir si un régime alimentaire à index glycémique élevé était associé à une augmentation de l’incidence (nombre de nouveaux cas sur un intervalle donné) de la dépression chez des femmes ménopausées. Ils ont utilisé les données concernant des femmes âgées de 50 à 79 ans et appartenant à la Women’s Health Initiative Observational Study qu’ils ont suivies pendant 3 ans. Leurs habitudes alimentaires ont été évaluées par un questionnaire. Les symptômes dépressifs ont été diagnostiqués au début de l’étude et après 3 ans de suivi.

Les résultats montrent que plus les femmes ont un régime alimentaire à index glycémique élevé (produits céréaliers raffinés, pommes de terre, sodas et boissons sucrées, gâteaux, viennoiseries...), plus elles présentent un risque de développer des symptômes dépressifs 3 ans plus tard. Par exemple, celles qui ont le régime alimentaire avec l’index glycémique le plus élevé ont 22% de risque en plus de faire une dépression par rapport à celles qui adoptent une alimentation avec l’index glycémique le plus bas.

« La consommation en sucres ajoutés est fortement associée à l’incidence de la dépression » expliquent les chercheurs. Ce qui ne semble pas être le cas des glucides totaux. Cela s’explique par le fait que les sucres ajoutés présents dans de nombreux aliments -et qui ne sont pas naturellement présents dans les aliments- ont un index glycémique élevé.

« Nous avons également remarqué que les aliments riches en fibres sont associés à un risque plus faible de dépression. Les fibres ont en effet un impact bénéfique sur l’index glycémique : elles ralentissent le métabolisme des glucides et diminuent donc l’index glycémique ».

Pourquoi un régime à index glycémique (IG) élevé augmente-t-il le risque de dépression ? Plusieurs hypothèses peuvent être avancées : un IG élevé est un facteur de risque de l’inflammation, elle-même impliquée dans la pathogénèse de la dépression. Il se pourrait également qu’une alimentation riche en aliments à IG élevé conduise à une résistance à l’insuline qui a été associée à des déficits neurocognitifs très similaires à ceux présents chez les personnes qui souffrent de dépression majeure. Enfin, ce type d’alimentation (IG élevé) produit des pics aigus et des creux de glycémie qui contribuent aux symptômes dépressifs, notamment en modulant le niveau de glucose apporté au cerveau.

Adopter un régime à index glycémique bas peut être un moyen de prévention de la dépression chez les femmes à la ménopause.

Pour adopter une alimentation à index glycémique bas ou modéré, lire les ouvrages de référence : Le Nouveau Régime IG (EXTRAIT ICI >>), Guide des index glycémiques

Source

Gangwisch JE, Hale L, Garcia L, Malaspina D, Opler MG, Payne ME, Rossom RC, Lane D. High glycemic index diet as a risk factor for depression: analyses from the Women's Health Initiative. Am J Clin Nutr. 2015 Jun 24. pii: ajcn103846. [Epub ahead of print]

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