Polyarthrite rhumatoïde : l’intérêt d’une alimentation anti-inflammatoire

Par Sarah Amiri Publié le 04/10/2019 Mis à jour le 19/05/2020
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Plusieurs études rassemblent les preuves de l’efficacité d’une alimentation anti-inflammatoire pour soulager, voire éliminer, les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde. 

Pourquoi c’est important 

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie inflammatoire auto-immune qui affecte près de 1 % de la population mondiale. Cette maladie engendre un enraidissement très douloureux des articulations (mains, poignets, genoux) et à terme la destruction du cartilage et des déformations.  

De nombreuses études ont déjà montré les effets bénéfiques d’un régime sans aliment d’origine animale et riche en végétaux sur les maladies auto-immunes telles que la sclérose en plaques. Par ailleurs, l’excès de poids augmente le risque de développer une PR et réduit les chances d’une possible rémission de la maladie.

Ce que disent les études

Dans une revue publiée dans Frontiers in Nutrition, des chercheurs américains ont analysé toutes les études ayant évalué les effets d’une alimentation basée sur les végétaux sur les symptômes de la PR. Ils ont trouvé des preuves solides et cohérentes qu'un régime alimentaire à base de végétaux peut réduire l'inflammation et améliorer les symptômes associés à la PR (raideur matinale, douleur, sensibilité et enflure des articulations) après seulement quelques semaines d'un régime végétarien, pauvre en graisses. 

La modification de l’alimentation en faveur des fruits et légumes, des céréales complètes et des graines engendre un cycle vertueux dans différents paramètres de la maladie : perte de poids, baisse du cholestérol, modification du microbiote intestinal, et réduction de l’inflammation... Les scientifiques soupçonnent que ces bénéfices seraient liés au rôle protecteur des fibres sur le microbiote et sa diversité et l’inflammation. La perte de poids engendrée par une telle alimentation serait aussi en cause dans la possible rémission de la PR.

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Les chercheurs précisent cependant que le changement d’alimentation doit rester individuel, selon la sensibilité de chaque personne (notamment un terrain familial d’allergies). 

Dans un autre essai publié dans l'American Journal of Clinical Nutrition, des chercheurs ont testé l’efficacité d’un régime anti-inflammatoire, basé lui aussi sur une alimentation végétale, mais comprenant aussi la consommation de poissons riches en oméga-3. En effet dans cette étude ayant réuni 47 participants, le régime met l’accent sur des aliments connus pour être anti-inflammatoires (épices, citron, saumon, baies…) ainsi qu’une supplémentation en probiotiques.

Les résultats de l’étude sont partiellement biaisés par l’alimentation du groupe de contrôle qui est déjà de très bonne qualité (un régime qui s’apparente au régime méditerranéen). Mais elle souligne tout de même une amélioration globale des symptômes, après 10 semaines de régime, amélioration évaluée par le score DAS28 (qui indique la sévérité de la maladie à un moment donné).

Pour les chercheurs, des études supplémentaires doivent confirmer la pertinence d’un tel régime en complément des traitements de la PR.

En pratique

Une alimentation végétarienne, voire végan, peut améliorer les symptômes de la PR, mais elle serait également efficace pour perdre du poids, protéger le cœur, et réduire les risques de diabète et de cancer.

Si l’alimentation basée sur les végétaux est anti-inflammatoire, il existe d’autres aliments à privilégier contre l’inflammation, notamment les épices (compatibles avec le régime végétalien) qui sont fortement antioxydantes. Curcuma, cannelle, gingembre et poivre noir sont les épices à privilégier en cas de PR. 

Les aliments riches en oméga-3 notamment les poissons gras ont aussi fait leurs preuves pour minimiser les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde et ils peuvent être ajoutés à une alimentation essentiellement végétale. Si noix et graines de lin contiennent des oméga-3, les poissons gras sont quand même les aliments qui fournissent le plus facilement les formes anti-inflammatoires de ces graisses. Sardines, maquereaux, harengs, saumon, etc. peuvent ainsi être ajoutés dans l'assiette à raison de 2 à 3 fois par semaine, en privilégiant les plus petits poissons, moins pollués. Quant aux probiotiques, qu’ils soient pris sous forme de suppléments ou apportés par le biais des aliments fermentés, ils semblent être une aide utile dans cette maladie où les patients présentent souvent un déséquilibre du microbiote.


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