Pourquoi la réouverture des écoles est probablement sans danger pour les enfants, les professeurs et leurs familles

Par Marc Gomez Publié le 28/04/2020 Mis à jour le 29/04/2020
Actualité

Que disent les études de l'intérêt de fermer les écoles ? Les enfants sont-ils de gros vecteurs de transmission du coronavirus ? Un point sur les données disponibles, plutôt en faveur du retour en classe des enfants.

Le gouvernement français a annoncé que les écoles commenceraient à rouvrir le 11 mai, une décision controversée, l’Académie de médecine préconisant au contraire une ouverture en septembre. La réouverture des écoles se fera dans des conditions strictes, avec limitation du nombre d’enfants par classe et maintien de la distanciation physique. 
Parents et professeurs s’interrogent pourtant légitimement sur le risque d’envoyer des enfants à l’école. Sur la base des données disponibles, il apparaît faible, alors que la fermeture prolongée des établissements scolaires peut avoir des conséquences néfastes, en particulier pour les enfants de foyers défavorisés et ceux exposés à des abus.

L'impact réel de la fermeture des écoles

Tout d’abord, si la fermeture des écoles peut avoir un intérêt lors d’une épidémie de grippe, c’est beaucoup moins évident avec un virus comme le SARS-CoV-2. Ce virus est apparenté à celui du SARS de 2003, mais à l’époque, la fermeture des classes n’a guère eu d’impact sur le risque de transmission. 

Une étude de modélisation britannique parue dans le Lancet a conclu que la fermeture des écoles a peu d’influence sur le cours de l’épidémie et ses conséquences, avec une diminution potentielle des décès de 2 à 4% au maximum.

En effet, les enfants constituent une catégorie de la population peu infectée par le coronavirus SARS-CoV-2. En Australie, où l’on dispose de chiffres précis, environ 2% des cas concernent des enfants.
Quand ils ont été infectés, la maladie leur a été transmise par les adultes. Pour autant, même malades, ils présentent généralement peu de symptômes, et des symptômes bénins. C’est le cas de 9 enfants sur 10 dans une étude chinoise.

Par ailleurs, très peu d’enfants sont décédés de la maladie COVID-19 (20 à 30 dans le monde à la fin du mois d’avril 2020).

Les enfants transmettent peu le virus

Surtout, les enfants semblent être un groupe de la population qui dissémine peu le virus, malgré ce qui a été pensé au début de l'épidémie. Selon une étude récente, moins de 10% des foyers de transmission avaient pour origine des enfants. C’est une différence importante avec la grippe, une maladie dont les enfants sont un vecteur important.

Une étude conduite en Australie dans le milieu scolaire et dont les résultats ont été rendus publics le 26 avril, a trouvé que des enfants malades n’avaient pas transmis le virus à d’autres. Le Centre de recherche et de surveillance de l'immunisation (NCIRS) de l'État de New South Wales a publié ses conclusions après que les chercheurs aient enquêté sur l'épidémie et sa propagation dans dix lycées et cinq écoles primaires de cet État. Les chercheurs ont recueilli des données et pratiqué des tests auprès des 863 contacts proches des neuf élèves et des neuf membres du personnel infectés. Ils ont constaté qu'il était probable, mais pas certain, que deux élèves (et aucun adulte) aient été infectés en milieu scolaire à la suite de ces infections.
"Les résultats de cette enquête détaillée sont préliminaires", conclut l'étude. "Toutefois, elles suggèrent que la propagation du COVID-19 dans les écoles de New South Wales a été très limitée [et qu'elle] semble considérablement moins importante que celle d'autres virus respiratoires, comme la grippe. Contrairement à la grippe, les données provenant des tests de dépistage du virus et des anticorps effectués jusqu'à présent suggèrent que les enfants ne sont pas les principaux responsables de la propagation du Covid-19 dans les écoles ou dans la communauté".

Pourquoi le retour à l'école peut être une bonne chose

Rouvrir les écoles, c’est permettre aux enfants de compléter leur éducation, de retrouver leurs amis, de renouer (dans certains foyers) avec une alimentation suffisante et/ou équilibrée et, toujours dans certains foyers, d'échapper à des formes de maltraitance physique ou psychologique. Le tout pour un risque faible d'alimenter un rebond de l'épidémie de Covid-19.

Les auteurs de l'étude publiée dans le Lancet font remarquer que l'éducation est l'un des plus grands prédicteurs de la santé et de la richesse d'un pays, et que "les coûts économiques et les préjudices potentiels de la fermeture d'une école sont sans aucun doute très élevés". Ils ajoutent : "Les décideurs politiques et les chercheurs devraient se tourner vers d'autres interventions de distanciation physique qui sont beaucoup moins perturbatrices que la fermeture totale des écoles et qui pourraient contribuer de manière substantielle à maintenir le contrôle de cette pandémie. (...) Bien qu'il n'existe pas de preuves solides de l'efficacité de ces pratiques, elles pourraient être mises en œuvre avec beaucoup moins de perturbations, de coûts financiers ou de préjudices".

 

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