Tout savoir sur le diabète de type 2

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Dans ce dossier, vous retrouverez tout ce qu'il y a à savoir sur le diabète de type 2 : symptômes, facteurs de risque, alimentation préventive et curative, substances naturelles alliées.

Sommaire

1
Diabète de type 2 : causes et symptômes
2
Comment on devient diabétique
3
5 attitudes anti-diabète
4
7 moyens simples et sûrs d'éviter le diabète
5
Diabète de type 2: oui on peut en guérir !
6
Comment manger pour inverser un diabète de type 2
7
Des substances naturelles contre le diabète
8
Quel sport contre le diabète ?
9
Diabète de type 2 : les plantes alliées
1 Diabète de type 2 : causes et symptômes

La prévalence du diabète de type 2 ne cesse d’augmenter en raison du développement de la sédentarité, de la malnutrition et de l’obésité. Mais qu’appelle-t-on diabète de type 2 ? Quels sont les causes et les facteurs de risques ? 

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 12/11/2018 Mis à jour le 04/01/2019

Egalement appelé « diabète non insulinodépendant » (DNID), le diabète de type 2 se caractérise par la présence en excès de sucre dans le sang (hyperglycémie). 
On parle aussi de diabète de l’âge mûr car cette maladie apparaît généralement après 40 ans avec un pic entre 75 et 79 ans (contrairement au diabète de type 1 qui apparaît dès l’enfance). Cependant, elle touche aussi des personnes plus jeunes, de plus en plus souvent d’ailleurs, y compris des adolescents, voire des enfants. 

Comment se développe un diabète de type 2 ? 

Maladie qui reste silencieuse pendant de nombreuses années, le diabète est précédé d’une baisse de la sensibilité des cellules de l’organisme à l’insuline (l’hormone de régulation du taux de sucre sanguin ou glycémie) que l’on appelle insulinorésistance. Cette baisse de la sensibilité est souvent due à la présence de « graisse viscérale » (au niveau du ventre) et une trop grande sédentarité. 

A cause de cette insulinorésistance, les cellules du pancréas qui produisent cette hormone doivent sécréter de plus en plus d’insuline pour tenter de compenser la baisse. Ce cercle vicieux continue jusqu’à l’épuisement : le pancréas ne peut plus en synthétiser suffisamment et le taux de sucre sanguin reste haut de manière chronique. 

Cette hyperglycémie prolongée peut entraîner à long terme des effets néfastes pour l’organisme, mais elle n’est dépistée souvent qu’après que les dégâts ont commencé car les symptômes ne se déclenchent que tardivement. 

Lire aussi : 7 moyens simples et sûrs d'éviter le diabète

Quels sont ses symptômes ? 

Comme la maladie se développe de manière lente et asymptomatique, les symptômes arrivent très tardivement. Voici les principaux : 

  • Augmentation de la soif et de la miction : l’hyperglycémie prolongée provoque une accumulation de sucre dans le sang qui entraîne une perturbation dans l’équilibre osmotique de l’organisme. Les reins vont ainsi beaucoup plus filtrer le sang pour essayer d’éliminer le sucre en excès, ce qui augmente le besoin d’eau, et pousse à boire et uriner plus que d’habitude.
  • Augmentation de la faim : les tissus ne reçoivent plus de sucre et perdent de l’énergie, cela déclenche une sensation de faim intense, et chronique.
  • Fatigue : les cellules ne reçoivent plus l’énergie nécessaire et donc se fatiguent plus vite.
  • Vision trouble.
  • Difficulté à cicatriser / infections récurrentes.
  • Zone de peau foncée (Acanthosis nigricans) : certaines personnes présentent des tâches foncées et veloutées dans les replis de la peau (le plus souvent au niveau des aisselles et du cou).

Lire aussi : Comment le chef du Parti Travailliste anglais a perdu 40 kg et inversé son diabète

Quels sont les facteurs de risque du diabète de type 2 ? 

Une mauvaise alimentation peut entraîner un diabète de type 2, cependant il y a d’autres facteurs : 

  • Le surpoids/l’obésité : les personnes ayant un excès de poids, surtout lorsque la masse grasse se situe préférentiellement au niveau abdominal, des hanches et des cuisses ont plus de risques.
  • La génétique : les antécédents familiaux de diabète de type 2 augmentent le risque d’être touché par cette maladie.
  • L’âge : après 40 ans, le risque augmente plus. 
  • La sédentarité : un mode de vie sédentaire accompagné d’une consommation élevée de calories favorise la survenue de cette maladie.

Quels sont les complications du diabète de type 2 ? 

Le diabète de type 2 peut être facile à ignorer, surtout au premier stade. Mais un taux de sucre sanguin chroniquement élevé ou mal contrôlé impacte, à terme, de nombreux organes : cœur, foie, reins, yeux, vaisseaux sanguins… Les complications du diabète se développent progressivement, elles peuvent être invalidantes ou même mettre la vie du patient en danger. Voici les principales : 

  • Des troubles cardiovasculaires. Le diabète augmente considérablement le risque de problèmes au niveau du cœur et des vaisseaux : maladies coronariennes, douleurs thoraciques, angine de poitrine, accident vasculaire cérébral (AVC), crise cardiaque, rétrécissement des artères (athérosclérose), hypertension… 
  • Des lésions nerveuses (neuropathies). L’hyperglycémie endommages les vaisseaux capillaires sanguins ce qui peut causer des picotements, des engourdissements, des brûlures voire des douleurs dans les membres, le plus souvent dans les jambes. Ce phénomène commence souvent au niveau des doigts de pied avant de remonter vers le haut. Une glycémie mal contrôlée peut provoquer ce qu’on nomme parfois les « pieds diabétiques », c’est-à-dire une nécrose des tissus au niveau des pieds. Dans les cas les plus graves, cela peut finir par une amputation des membres nécrosés. Il existe parfois des dommages au niveau des nerfs qui contrôlent la digestion, provoquant des nausées, des vomissements, des pertes d’appétit, des diarrhées, des constipations. 
  • Des lésions rénales (néphropathie). Les reins comportent des millions de capillaires sanguins permettant de filtrer le sang. L’hyperglycémie prolongée endommage le système de filtration, entraînant une insuffisance rénale passagère pouvant devenir chronique. Ce phénomène peut aboutir à l’incapacité des reins à travailler seuls et donc nécessiter une dialyse et/ou une transplantation. 
  • Des lésions aux yeux. Les yeux sont composés de capillaires eux aussi, l’hyperglycémie prolongée peut donc les abîmer, endommager la rétine jusqu’à provoquer la cécité ou d’autres troubles visuels graves comme la cataracte et le glaucome. 
  • Des problèmes auditifs : ils sont plus fréquents chez les diabétiques.
  • Des affections de la peau : le diabète rend la peau plus vulnérable et entraîne des difficultés de cicatrisation ce qui augmente le risque d’infections bactériennes et fongiques. 
  • La maladie d’Alzheimer : le lien n’est toujours pas clair entre le diabète et cette maladie neurodégénérative, mais plusieurs études ont montré qu’un mauvais contrôle de la glycémie augmentait le risque d’Alzheimer. 

​Lire aussi : Comment manger pour inverser un diabète de type 2

2 Comment on devient diabétique

Les travaux du Pr Roy Taylor à l'université de Newcastle permettent de comprendre comment le diabète apparaît, et comment en guérir.

Par Thierry Souccar Publié le 14/12/2017 Mis à jour le 04/01/2019

Le Pr Roy Taylor, de l’université de Newcastle, a passé près de 40 ans à étudier les causes du diabète et les moyens d’en guérir. Ses travaux, résumés dans un article de 2016, permettent de comprendre comment, dans la plupart des cas, on devient diabétique : parce qu’on accumule un excès de graisses dans le foie et le pancréas.

Comment on devient diabétique en 8 étapes 

La séquence des événements, qui se déroule sur...

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3 5 attitudes anti-diabète

Bien choisir vos glucides, éviter les boissons sucrées même light, privilégier les cuissons douces, marcher… autant de bons gestes pour limiter votre risque de diabète.

Par Juliette Pouyat Publié le 13/11/2016 Mis à jour le 04/01/2019

Le diabète de type-2 se caractérise par un excès de glucose dans le sang en raison d’une résistance à l’insuline. C’est une maladie associée en partie à des facteurs du mode de vie (surpoids, sédentarité, mauvaise alimentation….). En agissant sur certains facteurs modifiables, il est possible d’éviter de développer un diabète, surtout si vous êtes en situation de prédiabète. Voici quelques précautions à prendre.

Lire : un simple régime peut inverser le diabète de type 2

1. Eviter les boissons sucrées

Une étude parue dans l’European Journal of Endocrinology montre que boire 2 boissons sucrées par jour est associé à un risque multiplié par 2 de deux formes de diabète : le diabète de type-2 et le diabète auto-immun latent chez l’adulte. Le diabète auto-immun latent chez l’adulte (ou LADA pour latent autoimmune diabetes in adults). Le LADA est une forme de diabète auto-immun qui progresse lentement et qui touche les adultes. Il est semblable au diabète de type 1 dans lequel le pancréas ne produit plus d’insuline. Certains experts le considèrent comme un hybride entre le diabète de type 1 (maladie auto-immune) et le diabète de type 2 (maladie de civilisation).

Des études antérieures ont déjà montré que la consommation régulière de boissons sucrées augmente le risque de diabète de type-2. Ainsi, une méta-analyse a rapporté une augmentation de 13% du risque de diabète pour chaque boisson sucrée consommée quotidiennement. Et les boissons « light » sont également concernées, notamment parce qu’elles augmentent l’appétit en altérant la signalisation de la satiété et qu'elles diminuent la tolérance au glucose en modifiant le microbiote intestinal.

Les chercheurs ont analysé les données concernant plus de 2 800 personnes, certaines souffrant de diabète (type 2 ou LADA), d’autres en bonne santé. Résultats : 2 boissons sucrées de 200 ml consommées quotidiennement sont liées à un risque doublé de développer un diabète. Et le risque est à peu près le même avec les boissons light, contenant des édulcorants. De plus, pour chaque boisson supplémentaire par jour sucrée - light ou non - le risque de diabète de type 2 augmente de 20%, le risque de LADA de 15%.

On estime que 9% des diabètes de type 2 diagnostiqués chez les Européens seraient positifs pour le LADA. Or, la consommation de boissons sucrées - light ou non - est associée à un risque accru des deux formes de diabète.

Plusieurs phénomènes peuvent expliquer cette association : d’abord des apports élevés en boissons sucrées sont associés à un risque accru d’obésité, elle-même associée au diabète de type-2. En ce qui concerne le diabète auto-immun latent, les chercheurs pensent que la consommation de boissons sucrées provoque des pics de glycémie et donc des pics d’insuline. Ces phénomènes répétés pourraient stresser puis épuiser les cellules qui produisent l’insuline.

Il s’agit toutefois d’une association et l’étude ne peut pas conclure qu’il existe un lien de cause à effet entre la consommation de boissons sucrées et le risque de diabète. De nombreux autres facteurs entrent en effet en jeu. Cependant  les raisons d’arrêter les sodas et autres boissons sucrées, même light ne manquent pas : augmentation de la graisse viscérale, hypertension, risque d’infarctus, puberté précoce, vieillissement accéléré

 2. Bien choisir ses glucides

Pour limiter le risque de développer un diabète, on peut diminuer ou mieux choisir les glucides. Les message anti-gras ont fait grimper la consommation de féculents/farineux raffinés et ultra-transformés et en même temps le nombre de personnes souffrant de diabète… Tous les aliments glucidiques, qu’il s’agisse d’aliments sucrés ou du pain et des pommes de terre sont convertis en glucose. Plus ils sont raffinés, plus cette conversion est rapide et pose problème. Beaucoup d'aliments riches en glucides consommés dans les pays industrialisés sont de faible qualité, c'est-à-dire avec un index et une charge glycémiques élevés, peu de fibres, mais beaucoup de calories. 

Pour gérer ce sucre sanguin, le pancréas produit de l’insuline. Mais lorsque des glucides de mauvaise qualité sont consommés en trop grande quantité, une résistance à l'insuline s'installe et le diabète se développe.

Pour limiter votre risque de diabète, choisissez des glucides à index glycémique bas ou modéré qui ont un véritable intérêt pour la santé. Des chercheurs internationaux se sont d’ailleurs accordé sur l’utilité de l’index glycémique pour la santé, et demandent que les industriels affichent l'index glycémique des aliments.

Lire : diabète, obésité : les graisses ne sont pas nos ennemies

 

3. Privilégier l’huile d’olive

L’huile d’olive aide à contrôler sa glycémie, selon un article paru dans Nutrition & Diabetes où des scientifiques montrent que l’huile d’olive vierge extra améliore les taux de glucose et de cholestérol dans le sang. Dans cet article, les chercheurs ont testé l’effet de l’huile d’olive vierge extra ajoutée à un repas de type méditerranéen. 25 personnes en bonne santé ont participé et ont mangé un repas typiquement méditerranéen avec ou sans huile d’olive vierge extra (10 g). Dans une autre partie de l'étude, les volontaires ont eu un repas méditerranéen avec 10 g d’huile d’olive ou 10 g d’huile de maïs.

Dans la première partie de l’étude, 2 h après le repas, ceux qui avaient pris le repas avec l’huile d’olive avaient significativement moins de glucose et de cholestérol-LDL dans le sang, et plus d’insuline par rapport à ceux qui n’avaient pas eu d’huile d’olive. Dans la deuxième partie de l’étude, l’huile d’olive a amélioré les profils lipidiques et glycémiques, par rapport à l'huile de maïs : il y avait une plus faible augmentation du glucose, plus d’insuline et moins de LDL avec l’huile d’olive.

Par conséquent, l’huile d’olive vierge extra améliore le taux de glucose après un repas. La prévention du diabète grâce au régime méditerranéen pourrait être due aux propriétés antioxydantes de l’huile d’olive. Ainsi, par exemple, parmi les composants de l’huile d’olive vierge extra, l’oleuropéine réduirait le stress oxydant.

4. Limiter les fritures et les grillades

Les fritures et les grillades conduisent à la formation de produits de glycation avancée, les AGE, issus de la réaction de Maillard. On trouve des AGE en abondance dans les produits transformés (produits de panification, biscuits, fast-food, chips, cacahuètes, amandes et aliments grillés, etc). Or, les AGE favorisent le vieillissement et de nombreuses études d’observation ont lié taux sanguin élevé d’AGE et diabète.

Des chercheurs ont cherché à savoir si on pouvait diminuer le risque de diabète en adoptant un régime pauvre en AGE. Ils ont suivi 138 hommes et femmes répartis en 2 groupes, tous souffrant du syndrome métabolique caractérisé notamment par des troubles de la glycémie. Un groupe témoin ne devait rien changer à son alimentation, tandis que l'autre groupe devait limiter les cuissons à haute température (barbecue, friture, cuisson au four) et les remplacer par des cuissons plus douces (cuisson à la vapeur, à l’eau, bain-marie, etc). Les chercheurs ont évalué la résistance à l’insuline au début et à la fin de l’étude grâce à une prise de sang.

A la fin de l’étude, par rapport au groupe témoin, les participants du groupe pauvre en AGE présentaient une amélioration importante de la résistance à l’insuline : presque 2 fois plus faible. Autre résultat intéressant, le groupe ayant suivi un régime pauvre en AGE présentait des marqueurs plus faibles du stress oxydatif et de l’inflammation. 

Les AGE pourraient avoir un effet direct sur le pancréas en altérant la voie de fabrication d’insuline, en modifiant l'insuline et en activant l'expression de gènes pro-inflammatoires.

5. Marcher et se muscler

Une étude rapporte que la marche est bien plus efficace que la course pour améliorer les marqueurs du prédiabète, et elle est encore plus efficace alliée à une alimentation saine.

Des chercheurs ont voulu savoir si l'activité physique seule pouvait égaler l'effet du sport allié au régime, et quelle activité physique était la plus efficace. 150 Américains en stade de prédiabète (glycémie à jeun comprise entre 1.06 g/L et 1.26 g/L) ont été sélectionnés. Les participants ont été répartis aléatoirement en 4 groupes distincts.

Un premier groupe a modifié son alimentation pour perdre du poids et a pratiqué une activité physique modérée, équivalent à 12 km de marche par semaine.
Les personnes appartenant aux trois autres groupes ne devaient rien changer à leur alimentation mais devaient pratiquer une activité physique (marche ou jogging) à une fréquence variable (12 ou 20 km) : le groupe numéro 2 devait marcher l’équivalent de 12 km par semaine, soit 3 h de marche. Le groupe numéro 3 devait marcher l’équivalent de 20 km par semaine, soit 5 h de marche. Et le quatrième groupe devait courir 20 km par semaine, l’équivalent de 2 h de jogging.

Le groupe numéro 1 (régime + marche 12 km) a obtenu les meilleurs résultats : la tolérance au glucose a été améliorée de 8% tandis que la glycémie à jeûn a diminué de 0.15 g/L. Ensuite, c’est le groupe qui devait marcher 20 km par semaine qui a obtenu de bons résultats. Le groupe jogging est quant à lui arrivé dernier, les participants n’ayant présenté presque aucune amélioration métabolique : amélioration de la tolérance au glucose de 2% seulement et pas d'amélioration de la glycémie à jeun.

D’autres études ont montré que marcher après le repas permet de réduire la glycémie.

A côté de la marche ou d'autres exercices qui sollicitent l'endurance, la musculation offre un bon rempart contre le diabète. Une masse musculaire développée s'accompagne d'une diminution de la glycémie et d'une augmentation de la sensibilité à l'insuline.

Nous vous conseillons la lecture de ces livres

Sources

Josefin E Löfvenborg, Tomas Andersson, Per-Ola Carlsson, Mozhgan Dorkhan, Leif Groop, Mats Martinell, Tiinamaija Tuomi, Alicja Wolk, Sofia Carlsson. Sweetened beverage intake and risk of latent autoimmune diabetes in adults (LADA) and type 2 diabetes. European Journal of Endocrinology (2016) 175, 605–614.

Violi F, Loffredo L, Pignatelli P, Angelico F, Bartimoccia S, Nocella C, Cangemi R, Petruccioli A, Monticolo R, Pastori D, Carnevale R. Extra virgin olive oil use is associated with improved post-prandial blood glucose and LDL cholesterol in healthy subjects. Nutr Diabetes. 2015 Jul 20;5:e172. doi: 10.1038/nutd.2015.23.

Helen Vlassara, Weijing Cai, Elizabeth Tripp, Renata Pyzik, Kalle Yee, Laurie Goldberg, Laurie Tansman, Xue Chen, Venkatesh Mani, Zahi A. Fayad, Girish N. Nadkarni, Gary E. Striker, John C. He, Jaime Uribarri.Oral AGE restriction ameliorates insulin resistance in obese individuals with the metabolic syndrome: a randomised controlled trial. Diabetologia, 2016; DOI: 10.1007/s00125-016-4053-x.

Joseph JJ, Echouffo-Tcheugui JB, Golden SH, Chen H, Jenny NS, Carnethon MR, Jacobs D Jr, Burke GL, Vaidya D, Ouyang P, Bertoni AG.“Physical activity, sedentary behaviors and the incidence of type 2 diabetes mellitus: the Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA).” BMJ Open Diabetes Res Care. 2016 Jun 23;4(1):e000185. doi: 10.1136/bmjdrc-2015-000185. eCollection 2016.

4 7 moyens simples et sûrs d'éviter le diabète

Le diabète de type 2 est une maladie qui touche de plus en plus de Français. C'est une maladie dont on ne guérit pas et qui, lorsqu'elle est mal prise en charge, peut entraîner des complications graves.Savez-vous qu'il existe des moyens simples de s'en protéger ?

Par test test Publié le 13/11/2012 Mis à jour le 04/01/2019

Il existe 3 différents types de diabète. Le diabète de type 2 est le plus fréquent. Il survient généralement chez l'adulte mais de plus en plus chez l'enfant et se caractérise par une résistance à l'insuline : le glucose ne pénètre pas dans les cellules du corps et reste dans le sang de manière anormale. Ce taux de sucre trop élevé, l'hyperglycémie, est à l'origine des symptômes et des complications parfois graves du diabète.

Il est aujourd'hui admis que le diabète de type 2 est provoqué par un ensemble de facteurs génétiques et environnementaux. Toutefois, il s'agit bien d'une interaction entre deux phénomènes, si bien qu'en maîtrisant l'environnement il est possible d'échapper à la maladie même si le diabète de type 2 a touché plusieurs membres de votre famille. Voici 7 moyens simples et sûrs à connaître.

Avoir une activité physique régulière

De nombreuses études se sont penchées sur l'impact du sport en prévention du diabète de type 2 ou pour améliorer son traitement. En prévention l'activité physique joue un rôle protecteur : plus vous bougez plus votre risque de développer le diabète diminue (1). Pour les chercheurs l'activité physique agit positivement d'une manière très simple : lorsque les muscles se contractent ils attrapent le sucre présent dans le sang, les cellules deviennent plus sensibles à l'insuline, ce qui fatigue moins le pancréas. De plus l'activité physique a tendance à faire fondre les graisses viscérales qui favorisent l'inflammation dans l'organisme et aggravent la résistance à l'insuline.
Si vous êtes sédentaire et que vous souhaitez vous mettre au sport, commencez en douceur, l'activité physique est bénéfique même à faible dose. Pour bien démarrer suivez les conseils de Patrick Seners, professeur d'EPS et auteur du livre Reprendre le sport.

Perdre du poids

Le surpoids est mauvais pour la santé, en particulier pour le risque de diabète. Mais c'est surtout un type de graisses qui est dangereux : les graisses viscérales qui se situent en profondeur, entourant nos organes, à l'inverse des graisses sous-cutanées qui se trouvent sous la peau, masquant notre "tablette de chocolat". Ces cellules graisseuses ne sont aps inertes et participent à la régulation de nos hormones et des mécanismes inflammatoires, elles augmenteraient ainsi notre risque de diabète (2). Certains aliments influencent particulièrement le stockage des graisses viscérales, c'est le cas des index glycémiques élevés.

Diminuer l'index et la charge glycémique de votre alimentation

Les chercheurs de l'école de santé publique de Harvard comme le Pr Walter Willett, recommandent la consommation d'aliments à index glycémiques bas et d'adopter une charge glycémique faible pour se protéger du diabète (3). L'index glycémique et la charge glycémique sont deux notions qui permettent de connaître l'impact d'un aliment sur le taux de sucre sanguin. En effet, et contre toute attente, certains aliments courants comme la baguette de pain traditionnelle sont digérés très rapidement et provoquent une forte production d'insuline, pouvant favoriser à terme le développement du diabète de type 2. Pour tout comprendre et bien choisir vos glucides, consultez nos articles dédiés à l'index glycémique. LaNutrition.fr a également édité un petit guide, à prix réduit, répertoriant l'index glycémique de plus de 700 aliments pour faciliter le quotidien.

Varier les fruits et légumes

Consommer 6 portions de fruits et légumes chaque jour pourrait réduire le risque de diabète de type 2 de 21% (4) comparativement à ceux qui n'en consomment que 2 portions. Mais parmi les gros mangeurs de fruits et légumes ceux qui choisissent d'en consommer une grande variété voient leur risque diminuer encore de 19% ! L'explication provient probablement des composés antioxydants (vitamines, polyphénols) qui sont présents de manière très distinctes selon les végétaux. Une grande variété est donc synonyme d'apports intéressants plus nombreux.

Manger du poisson

De nombreux chercheurs estiment que l'inflammation joue un rôle important dans l'apparition du diabète. Protéger son organisme d'une inflammation excessive serait donc un moyen efficace de diminuer son risque de diabète de type 2. L'analyse des études les plus récentes montre que plus on consomme de poissons ou d'acides gras oméga-3 moins on est touché par le diabète (5). Cette protection sera particulièrement marquée si vous y ajoutez les mesures préventives précédentes. Pour bien choisir des poissons riches en oméga-3, suivez le guide.

Manger lentement

De petites études ont pu mettre en évidence que les personnes qui mangent vite ont plus de risque de développer un diabète que les autres (6). La raison est simple : en mangeant vite les aliments sont digérés plus rapidement et perturbent plus la glycémie. D'autres hypothèses sont également évoquées : en mangeant trop rapidement nous perturbons les hormones de la satiété ce qui nous pousse à manger plus et à terme à prendre du poids, favorisant l'inflammation et donc l'apparition du diabète.

Faire contrôler régulièrement sa glycémie

La glycémie ou "taux de sucre dans le sang" est un examen de routine régulièrement pratiqué. Malheureusement pas assez et les personnes prédisposées au diabète par leur entourage devraient surveiller leur glycémie régulièrement selon le Dr Jacques Médart, co-auteur du livre Le nouveau régime IG diabète. "Si l’on a trop de graisse abdominale, que l’on ait ou non des antécédents familiaux, il faut au minimum faire un dosage de l’insuline et de sa glycémie à jeun. Donc le premier critère, c’est le surpoids, même si on a seulement de la graisse au niveau de l’abdomen" explique ce médecin. "Une glycémie dépassant 1 g par litre de sang est préoccupante même si on considère que l’on est diabétique avec une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/l. L’insuline à jeun doit, quant à elle, ne pas dépasser 15-20 micro-unités par ml de sang. Si une personne a une glycémie à jeun supérieure à 1g/l et une insulinémie supérieure à 15-20, alors on réalise un autre test appelé HGPO (hyperglycémie provoquée orale). Cet examen consiste à suivre l’évolution de la glycémie et de l’insulinémie durant deux heures après l’absorption de 50 ou 75 g de glucose, à raison d’une prise de sang toutes les demi-heures. Si les résultats montrent une sécrétion trop importante d’insuline, on peut dire que la personne souffre d’insulino-résistance et qu’elle est prédisposée au diabète. La bonne nouvelle c’est qu’à ce stade, il suffit souvent de perdre du poids pour annuler cette prédisposition". Retrouvez les conseils de Jacques Médart en cliquant ici.

Découvrez également tous nos articles consacrés à la prévention et au traitement du diabète.

Références

(1) Davis CL, Pollock NK, Waller JL, Allison JD, Dennis BA, Bassali R, Meléndez A, Boyle CA, Gower BA. Exercise dose and diabetes risk in overweight and obese children: a randomized controlled trial. JAMA. 2012 Sep 19;308(11):1103-12.
(2) Neeland IJ, Turer AT, Ayers CR, Powell-Wiley TM, Vega GL, Farzaneh-Far R, Grundy SM, Khera A, McGuire DK, de Lemos JA. Dysfunctional adiposity and the risk of prediabetes and type 2 diabetes in obese adults. JAMA. 2012 Sep 19;308(11):1150-9.
(3) Willett W, Manson J, Liu S. Glycemic index, glycemic load, and risk of type 2 diabetes. Am J Clin Nutr. 2002 Jul;76(1):274S-80S.
(4)
Cooper A. J. et al. A Prospective Study of the Association Between Quantity and Variety of Fruit and Vegetable Intake and Incident Type 2 Diabetes. Diabetes Care. published ahead of print April 3, 2012.
(5) Zhou Y, Tian C, Jia C. Association of fish and n-3 fatty acid intake with the risk of type 2 diabetes: a meta-analysis of prospective studies. Br J Nutr. 2012 Aug;108(3):408-17.
(6) Lina Radzevičienė, Rytas Ostrauskas. Fast eating and the risk of type 2 diabetes mellitus: A case-control study. Clinical nutrition (Edinburgh, Scotland) 5 July 2012.

5 Diabète de type 2: oui on peut en guérir !

Des scientifiques de l'université de Newcastle ont mis au point un protocole qui peut inverser le diabète sans médicament. Normand Mousseau l'a suivi. Il raconte sa guérison dans Comment j'ai vaincu le diabète sans médicament.

Par Priscille Tremblais Publié le 03/10/2016 Mis à jour le 04/01/2019

En 1992, des chercheurs américains publient une étude dans le Journal of American Clinical Nutrition dans laquelle ils font part de 10 ans de suivi de personnes ayant subi une chirurgie bariatrique (destinée à modifier le volume de l’estomac afin d’ingérer moins d’aliments et de maigrir). Ils y montrent un effet surprenant : les patients opérés présentant un diabète de type 2 ou un prédiabète avant la chirurgie étaient presque tous revenus à des taux de sucre sanguin normaux, et n’avaient plus besoin de traitement (1). Seuls 5% d’entre eux n’avaient aucun bénéfice sur leur glycémie.
Les études publiées depuis, arrivent toutes à des résultats identiques et on estime aujourd’hui que 60 à 80% des patients opérés sont en rémission de leur diabète.

Une évolution de la prise en charge du diabète

Dans le même temps, d’autres scientifiques ont découvert que les cellules bêta du pancréas ne sont pas condamnées à un inexorable déclin mais qu'elles peuvent se régénérer, ce qui signifie que le diabète n’est pas forcément irréversible.
On peut en effet définir le diabète comme une maladie résultant de la défaillance progressive des cellules bêta du pancréas, chargées de sécréter l’insuline, l’hormone qui contrôle le taux de sucre sanguin. Si les cellules bêta du pancréas peuvent se régénérer, ça veut dire que le diabète n’est plus une maladie qui demande un contrôle à vie mais une maladie qui peut être guérie. Ce résultat va à l’encontre de ce que les médecins ont appris.

Mais certains scientifiques font figure de pionniers. C’est le cas du Pr Roy Taylor, de l’université de Newcastle (Royaume-Uni). En 2011, avec son équipe, il a publié une petite étude dans Diabetologia qui suggérait qu’il était possible d’obtenir la rémission de cette maladie en reproduisant les effets d’une opération de chirurgie bariatrique par une alimentation très pauvre en calories de quelques semaines, un régime que le Canadien Normand Mousseau, auteur de Comment j’ai vaincu le diabète sans médicament, appelle la « diète pseudo-chirurgicale » (2).

Lire aussi : Dr Csaba Tóth : «On peut guérir le diabète de type 1 avec un simple régime alimentaire» (abonnés)

Comment fonctionne la diète pseudo-chirurgicale

Roy Taylor est un spécialiste de l’imagerie par résonnance magnétique appliquée à la recherche clinique et notamment au métabolisme des graisses et du diabète. C’est pourquoi il a pu observer directement la localisation des cellules de graisse, comment elles se stockent et se déstockent. Les cellules de graisse sont importantes dans le diabète car on pense que la défaillance des cellules bêta du pancréas est liée principalement à deux mécanismes :

  • l’effet toxique d’une glycémie chroniquement trop élevée ;
  • une lipotoxicité lié à la présence de (trop) nombreuses cellules de graisse dans le pancréas et dans le foie.

Selon Roy Taylor, si les diabétiques perdent rapidement 15% de leur graisse corporelle, cela peut reproduire chez eux les effets de la chirurgie bariatrique et les guérir du diabète (même s’ils reprennent un petit peu de poids par la suite). Et cela, simplement parce que les personnes déstockent rapidement leurs graisses excédentaires du foie et du pancréas. D'après Taylor, 94% de la masse corporelle perdue après 4 semaines de régime vient des réserves de graisses de l’organisme.

Lire aussi : Comment manger pour inverser un diabète de type 2 (abonné)

Ce que dit la recherche

Dans une petite étude de 2015, Roy Taylor montre qu’il est possible d’inverser un diabète existant depuis plus de 8 ans, grâce à un régime très pauvre en calories (environ 700 kcal par jour) suivi pendant 8 semaines (3). 87% des diabétiques depuis moins de 4 ans et 50% des diabétiques depuis plus de 8 ans ont retrouvé des taux de glucose sanguin dans la norme grâce aux 8 semaines de régime.

En 2016, Roy Taylor étudie à nouveau avec son équipe sur une trentaine de volontaires les effets de 8 semaines de diète draconnienne sur le diabète (4). Tous les participants ont arrêté leur médicament ou la prise d'insuline au commencement du régime et ils ont été suivis pendant 6 mois. Résultats : les participants ont perdu tous une quinzaine de kilos sans en reprendre au retour à une alimentation normale. 13 d'entre eux (40%) ont vu leur taux de glucose sanguin à jeun revenir à la normale, grâce à ce protocole. Ces 13 personnes étaient celles dont le diabète avait été diagnostiqué le plus récemment. Les chercheurs en concluent que le diabète de type 2 est bien une maladie réversible.

Normand Mousseau, professeur de physique à l’université de Montréal, témoigne dans son livre de sa propre expérience d’ex-obèse diabétique aujourd’hui en rémission grâce au protocole de Newcastle mis au point par Roy Taylor. Il y réalise au passage une excellente vulgarisation des causes de la maladie et des moyens de la guérir.

Comme la chirurgie bariatrique, la diète pseudo-chirurgicale maintiendrait la rémission du diabète sur le long terme chez une partie des malades, même si on manque encore de preuves scientifiques pour en attester. Si elle semble avoir des résultats sur des diabètes installés, elle ne peut évidemment rien faire lorsque les cellules bêta sont déjà mortes (diabète insulino-dépendant). Et il existe aussi des personnes chez qui elle ne fonctionne pas, sans que cela soit encore expliqué. 

Lire : Comment j’ai vaincu le diabète sans médicament (EXTRAIT ICI >>)

Références

(1) W J Pories et al. : Surgical treatment of obesity and its effect on diabetes: 10-y follow-up. Am J Clin Nutr February 1992 vol. 55 no. 2 582S-585S.
(2) E. L. Lim, K. G. Hollingsworth, B. S. Aribisala, M. J. Chen, J. C. Mathers and R. Taylor : Reversal of type 2 diabetes: normalisation of beta cell function in association with decreased pancreas and liver triacylglycerol. Diabetologia. 2011 Oct; 54(10): 2506–2514.
(3) Steven S, Taylor R. : Restoring normoglycaemia by use of a very low calorie diet in long- and short-duration Type 2 diabetes. Diabet Med. 2015 Sep;32(9):1149-55. doi: 10.1111/dme.12722.

(4) Steven S, Hollingsworth KG, Al-Mrabeh A, Avery L, Aribisala B, Caslake M, Taylor R. : Very Low-Calorie Diet and 6 Months of Weight Stability in Type 2 Diabetes: Pathophysiological Changes in Responders and Nonresponders.Diabetes Care. 2016 May;39(5):808-15. doi: 10.2337/dc15-1942. Epub 2016 Mar 21.

6 Comment manger pour inverser un diabète de type 2

Dans environ 50% des cas, une intervention diététique peut mettre le diabète de type 2 en rémission. Voici deux manières d'y parvenir, sans médicament, et de manière durable. 

Par Priscille Tremblais Publié le 08/11/2018 Mis à jour le 04/01/2019

Pendant longtemps, on a cru le diabète de type 2 incurable. Avec des médicaments et/ou quelques changements alimentaires visant à faire perdre du poids, l'objectif était, et continue d'être, de maintenir la glycémie dans des valeurs normales, afin d’éviter (au mieux) les complications. Mais la recherche a avancé et désormais, grâce à des interventions diététiques, il est possible, dans de nombreux cas, d’inverser la maladie. 

Le diabète...

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7 Des substances naturelles contre le diabète

Le diabète comme d'autres maladies chroniques peut aussi se combattre avec des traitements naturels. LaNutrition.fr vous dit quels produits marchent et quelles sont les doses efficaces et sûres. Suivez le guide !

Par Anne-Laure Denans Publié le 12/05/2006 Mis à jour le 04/01/2019

Si l'alimentation joue un rôle crucial dans le contrôle de la glycémie et des complications du diabète, elle ne suffit parfois pas. De très nombreux diabétiques manquent de vitamines et minéraux, notamment parce que le métabolisme de certaines vitamines et minéraux est perturbé au cours de la maladie....

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8 Quel sport contre le diabète ?

L'exercice physique aide à prévenir, contrôler et même inverser le diabète de type 2. A condition de bien choisir son sport.

Par test test Publié le 22/01/2016 Mis à jour le 04/01/2019

Le diabète de type 2 est caractérisé par une résistance à l'insuline, qui se traduit par des taux élevés de glucose dans le sang. Il est souvent, mais pas toujours, associé à un surpoids ou une obésité et fréquemment à un "foie gras". L'activité physique - associée à un régime alimentaire hypocalorique dans un premier temps, puis paléo ou encore low carb (type Atkins) ou à index glycémique bas - est très efficace en prévention ou traitement du diabète. Il est généralement préconisé de faire 200 à 300 minutes par semaine d’une activité modérée ou vigoureuse. L’exercice permettrait d’améliorer la capacité de l’organisme à utiliser l’insuline pour absorber le sucre sanguin. Mais quel(s) exercice(s) ?

Comment le sport protège contre le diabète 

L'activité physique permet d'améliorer la sensibilité des cellules à l'insuline grâce au mécanisme d’autophagie et diminue ainsi le risque de diabète. Chez des souris, des chercheurs ont pu vérifier que l'activité physique produisait un mécanisme d'autophagie bénéfique. L'autophagie est un processus pendant lequel la cellule détruit des parties endommagées ou inutiles pour produire de l'énergie. C'est ce qu'il se passe notamment au cours d'un jeûne. Le rôle bénéfique de l'autophagie pour les maladies cardiovasculaires, le diabète, le cancer ou le vieillissement rappelle les bénéfices de l'activité physique.

En utilisant des souris génétiquement modifiées (un groupe de souris normales et un groupe de souris sans le gène de l'autophagie), les chercheurs ont constaté que l'exercice physique provoquait les changements favorables liés à l'effort au niveau de la santé des souris normales mais que ces changements étaient absents chez les souris mutées génétiquement. En les soumettant à une alimentation riche en calories et en graisses, ils ont constaté que les souris incapables d'autophagie ont développé une résistance à l'insuline et une baisse de l'endurance alors que les souris normales n'ont pas développé d'anomalie de tolérance au glucose.

Musculation obligatoire, plus endurance

Dans une étude de 2012, des chercheurs de l'université de Harvard ont utilisé les données issues de l'étude Health Professionals Follow-up Study qui a suivi des hommes âgés de 40 à 75 ans dès 1986. De 1990 à 2008 les participants à l'étude ont rempli des questionnaires détaillés sur leurs activités physiques et leur mode de vie (alimentation, temps passé à regarder la télévision, etc.). Au bout de 18 ans de suivi, 2.278 personnes ont développé un diabète de type 2 sur les 32.002 sélectionnées au départ. L'analyse des données sur le mode de vie des participants révèle alors que :

  • Les personnes qui font de la musculation 1h00 par semaine maximum ont 12 % de risque en moins de développer un diabète de type 2.
  • Les personnes qui font de la musculation entre 1h00 et 2h30 par semaine ont 25 % de risque en moins.
  • Les personnes qui font de la musculation plus de 2h30 par semaine ont 34 % de risque en moins.

De plus, les personnes qui ont effectué plus de 2h30 d'endurance par semaine (jogging, vélo, natation...) conjointement à plus de 2h30 de musculation ont vu leur risque diminuer de 59 % ! Pour les auteurs : "Ces résultats confirment que la musculation est une alternative importante pour prévenir le diabète chez les personnes qui ont des difficultés à faire de l'exercice d'endurance mais la combinaison de la pratique de la musculation et d'un sport d'endurance donne les meilleurs résultats." 

D'autres études sont arrivées aux mêmes conclusions : il faut développer impérativement sa masse maigre car elle permet de réguler la glycémie.

Lire : Musculation athlétique, de Christophe Carrio

L’exercice fractionné plus efficace que l’exercice en continu

Une méta-analyse parue dans Obesity Reviews propose l’exercice fractionné comme alternative à un long exercice en continu, en apportant des bénéfices similaires. L'exercice fractionné consiste à alterner dans la même séance des phases intensives (par exemple des sprints) et des phases d'endurance. Dans cette étude, les chercheurs ont étudié les effets de l’exercice fractionné sur le contrôle du glucose et la résistance à l’insuline. 50 études ont été analysées.

Les chercheurs ont observé une réduction de la résistance à l’insuline avec un exercice fractionné, par rapport à un exercice continu, et une perte de poids d’environ 1,3 kg. Par rapport à un exercice en continu, les patients à risque pour le diabète de type 2 ou qui souffraient d’un diabète de type 2 avaient des réductions de glucose à jeun de 0,92 mmol/L, allant de 1,22 à 0,62 mmol/L. L’exercice fractionné semblait donc efficace pour améliorer la santé métabolique, prévenir le diabète de type 2 et perdre du poids chez les personnes à risque pour le diabète de type 2.

Pour Charlotte Jelleyman, auteur principal de l’étude, « Nous avons démontré que l’exercice fractionné comporte des avantages pour la santé cardiométabolique qui, dans les cas de la résistance à l'insuline et de la forme aérobie, peuvent être supérieurs à l'effet d’un entraînement traditionnel continu.»

Lire sur ce sujet : Paleofit, du Dr Fabrice Kuhn (lire un extrait ICI >>)

Il n'y a pas d'âge pour reprendre le sport

Il n'y a pas non plus de fatalité dans le diabète. Un diabète d'apparition récente peut être inversé, à condition de revoir complètement son mode de vie : alimentation, exercice, évitement des polluants. A tout âge on peut se bâtir un corps d'athlète, comme l'explique Patrick Seners.

 

Sources

He C, Bassik MC, Moresi V et al. Exercise-induced BCL2-regulated autophagy is required for muscle glucose homeostasis. Nature. 2012 Jan 18.

Grøntved A, Rimm EB, Willett WC, Andersen LB, Hu FB. A Prospective Study of Weight Training and Risk of Type 2 Diabetes Mellitus in Men. Arch Intern Med. Published online August 06, 2012. doi:10.1001/archinternmed.2012.3138.

Jelleyman C, Yates T, O'Donovan G, Gray LJ, King JA, Khunti K, Davies MJ. The effects of high-intensity interval training on glucose regulation and insulin resistance: a meta-analysis. Obes Rev. 2015 Nov;16(11):942-61. doi: 10.1111/obr.12317.

9 Diabète de type 2 : les plantes alliées

En complément des traitements médicamenteux ou nutritionnels, certaines plantes s'avèrent efficaces pour diminuer la glycémie à jeun ainsi que d'autres paramètres du diabète de type 2. Voici 6 extraits végétaux amis de votre glycémie selon les études scientifiques.

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 03/01/2019 Mis à jour le 04/01/2019

L'ortie

L’ortie nommée également Urtica dioica aurait des effets bénéfiques contre le diabète. Cette plante possède des propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et diminue la glycémie. D’après une étude, la prise d’ortie pendant 8 semaines a diminué la glycémie à jeun, les triglycérides et les marqueurs hépatiques de 50 femmes atteintes du diabète de type 2. De plus, elle permet de prévenir certaines complications du diabète comme les dommages au foie ou les maladies cardiovasculaires. 

Vous pouvez consommer cette plante sous forme d’extrait, en soupe, en tisane. 

Pour en savoir plus : L’ortie, une plante amie dans le diabète (et pas seulement)  

L'aloe vera 

L’aloe vera, connue aussi sous le nom d’Aloe barbadensis, aurait des vertus antidiabétiques. Une méta-analyse publiée en 2016 a montré qu’une prise d’aloe vera permet une réduction de la glycémie ainsi que l’hémoglobine glyquée. D’après les chercheurs, l’aloe vera stimulerait la libération d’insuline, ce qui permettrait de réduire la glycémie. 

Pour en savoir plus : L'aloe vera : bon pour la peau et la glycémie  

L’extrait de brocoli 

Un extrait concentré de brocoli réduirait de 10 % la glycémie des patients atteints de diabète de type 2. C’est le sulforaphane, un composé fortement présent dans les brocolis et les légumes crucifères qui agirait sur le sucre sanguin. Une étude a montré son efficacité, particulièrement chez les patients obèses et diabétiques en complément de leurs médicaments (metformine dans cette étude). 

La cannelle

De nombreuses études ont été réalisées sur la cannelle et elles ont trouvé des effets hypoglycémiants chez les animaux, mais aussi chez l’humain. Cependant il est difficile de prouver son effet réel à cause de conflits d’intérêts ainsi que de la variabilité des résultats. Certaines études montrent une activité hypoglycémiante, mais d’autres ont montré qu’il n’y avait pas de réel effet chez l’humain. 

Selon une revue des études sur la cannelle et le diabète, il manque une étude randomisée et contrôlée avant de pouvoir recommander la cannelle aux diabétiques. Cependant, même si la cannelle n'avait pas d'effet notable sur la glycémie, elle reste l'une des épices les plus antioxydantes. A ce titre, elle doit être consommée de manière régulière. Surtout qu'elle donne plus de saveur aux desserts, permettant d'alléger leur teneur en sucre.

La berbérine 

La berbérine est un alcaloïde (molécule organique naturelle) extrait de différentes plantes comme le coptis chinois ou l’épine-vinette (Berberis vulgaris). À l’origine, la berbérine était utilisée pour traiter les infections gastro-intestinales, cependant les chercheurs ont aussi évalué ses effets hypoglycémiants. Une méta-analyse a montré que la berbérine pouvait améliorer la glycémie au même titre que la metformine chez les diabétiques de type 2 avec des doses de 1,5 à 2 g par jour. Cependant les effets étaient moindres chez les patients ayant plus de 60 ans. 

Le gingembre 

Le gingembre (Zingiber officinale) a longtemps été utilisé de par le monde pour soigner certains troubles comme les maux de tête, les rhumes ou encore les nausées. Le gingembre possède par ailleurs un fort pouvoir antioxydant. Une étude a montré qu’une consommation de 3 g de gingembre par jour pendant 8 semaines pouvait améliorer la résistance à l’insuline, la glycémie à jeun et l’hémoglobine glyquée chez des patients atteints de diabète de type 2. 

Pour en savoir plus sur le diabète de type 2, voici un dossier complet sur cette maladie curable. 

Références 

Bandara T, Uluwaduge I, Jansz ER. Bioactivity of cinnamon with special emphasis on diabetes mellitus: a review. Int J Food Sci Nutr. 2012 May;63(3):380-6. doi: 10.3109/09637486.2011.627849. Epub 2011 Oct 19. Review. PubMed PMID: 22007625.

Liang Y, Xu X, Yin M, Zhang Y, Huang L, Chen R, Ni J. Effects of berberine on blood glucose in patients with type 2 diabetes mellitus: a systematic literature review and a meta-analysis. Endocr J. 2018 Nov 3. 

Mozaffari-Khosravi H, Talaei B, Jalali BA, Najarzadeh A, Mozayan MR. The effect of ginger powder supplementation on insulin resistance and glycemic indices in patients with type 2 diabetes: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Complement Ther Med. 2014 Feb;22(1):9-16. 

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