Un anti-inflammatoire naturel : courir (ou pédaler, ou nager...)

Par Juliette Pouyat - Journaliste scientifique Publié le 24/08/2017 Mis à jour le 25/03/2021
Article

L’activité physique lutte contre l’inflammation, et plus on en fait, plus elle baisse.

Courir, nager, faire du vélo, du tennis... L’activité physique a de multiples bienfaits. Notamment parce qu’elle permet de réduire l’inflammation. Un article paru dans l’European Journal of Investigation explique comment l’exercice physique agit.

Plus c'est long, mieux c'est

L’inflammation chronique est liée à toutes sortes de maladies notamment le diabète de type 2 et les maladies cardiaques. Mais lorsque que les muscles travaillent, les cellules musculaires libèrent de l’interleukine-6 (IL-6) et de l’interleukine-10 (IL-10), deux médiateurs qui jouent un rôle important dans la lutte contre l’inflammation naturellement.

L’IL-6 et l’IL-10 agissent à la fois en diminuant les niveaux de protéine TNF-alpha, elle-même à l’origine d’une inflammation dans le corps mais aussi en inhibant les effets de signalisation de la protéine interleukine-1-bêta qui, elle, provoque une inflammation qui endommage les cellules du pancréas.

D’après les auteurs de l'article, plus la durée de l’activité physique est longue, plus la quantité d’IL-6 libérée - la première cytokine détectable durant l’activité physique - est importante. Par exemple, après une séance d’entraînement de 30 minutes, le niveau d’IL-6 peut être multiplié par 5 alors qu’après un marathon il peut augmenter d’un facteur 100. Le niveau d’IL-6 augmente jusqu’à la fin de la séance d’activité physique puis diminue rapidement pour revenir au niveau d’avant exercice physique.

Les interleukines 6 et 10 ne sont pas les seules molécules impliquées dans l’effet anti-inflammatoire de l’activité physique. Par exemple, des études ont montré que l’exercice régulier augmente le niveau d’interleukine-15 dans les cellules musculaires. Or, l’IL-15 permet de diminuer l’accumulation de graisse abdominale, qui elle-même favorise l’inflammation. En réduisant la graisse abdominale, l’exercice physique lutte donc contre l’inflammation.

Important pour les enfants

Une étude finlandaise parue en 2021 dans l'European Journal of Sport Science a examiné les associations entre l'activité physique, la sédentarité, la qualité de l'alimentation, le taux de graisses corporelles et l'inflammation à bas bruits chez 390 enfants âgés de 6 à 8 ans. "Notre étude indique que les enfants  à la fois les plus actifs physiquement et les moins sédentaires présentent un profil inflammatoire de meilleure qualité que les enfants moins actifs" explique le Dr Eero Haapala de l'université de Jyväskylä. Cependant les auteurs pensent que ces résultats peuvent en partie s'expliquer par les effets d'une activité physique vigoureuse sur la composition corporelle.

Les chercheurs ont en effet trouvé les profils inflammatoires les plus défavorables chez les enfants qui présentaient le plus grand pourcentage de graisses corporelles et le taux d'activité les plus faibles. "Le message principal de notre étude c'est que l'augmentation de l'activité physique et la réduction du temps sédentaire peut être une clé pour prévenir l'inflammation à bas bruit dès l'enfance, ce qui est particulièrement important pour les enfants en surpoids" conclut le Dr Haapala. 

En pratique

« L’activité physique qui représente une méthode naturelle pour lutter contre l’inflammation et améliorer le métabolisme devrait faire partie du traitement des personnes atteintes de maladies chroniques comme le diabète ou les maladies cardiaques » conclut l'article. En pratique, on peut diminuer l'inflammation chronique dès 20 minutes de marche.  Si on n'est pas sportif mais qu'on veut s'y mettre, on peut intensifier progressivement le rythme des sorties, avec comme le conseille Patrick Seners, auteur de "Reprendre le sport" des séances de 15 à 40 minutes de course à pied à allure lente (30 minutes à 2 heures en vélo), ou 10 à 20 minutes de course à pied (20 minutes à 1 heure) à allure soutenue.

Inciter les enfants à jouer dehors, à courir et à se dépenser tout en limitant le temps passé assis (devant un écran par exemple), leur donner de bonnes habitudes le plustôt possible peut aussi être important pour réduire dès l'enfance le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires associé à l'inflammation chronique.

Lire aussi : Un extrait de Courir léger et Quels sports pour votre enfant ?

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