Une émission de télé-réalité décrit une stratégie pour maigrir durablement

Par Marie-Céline Ray Publié le 08/11/2017 Mis à jour le 21/11/2017
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Une petite étude sur les participants de l’émission The Biggest Loser aide à comprendre pourquoi, après un régime, certains regrossissent et d'autres pas.

Pourquoi c'est important

Il est assez facile de perdre des kilos en suivant un régime amaigrissant. La difficulté consiste à ne pas les reprendre. Pourquoi certains y parviennent et d’autres pas ? Une étude sur des participants de l’émission de téléréalité américaine The Biggest Loser (Qui perd gagne au Québec), au cours de laquelle des concurrents en surpoids ou obèses cherchent à perdre le maximum de kilos, apporte un élément de réponse : l’activité physique ferait la différence, mais après la phase d'amaigrissement, pas pendant.

Ce que dit l'étude

Les auteurs de cette étude parue dans la revue Obesity ont commencé à suivre les participants dès leur sélection pour le jeu. Au départ, les 14 participants pesaient en moyenne 149 kg et à la fin 91 kg, soit près de 60 kg de moins. Pour perdre tous ces kilos, ils avaient suivi un programme de 30 semaines de régime et d’exercice.  

Les auteurs ont fait des mesures au moment où les participants de l’émission ont été choisis, puis 6 semaines, 30 semaines et enfin 6 ans après le début de l’émission. Au départ, quand les gens ont perdu du poids, c’est la quantité de calories en moins, plus que l'exercice, qui a expliqué que certains perdaient plus que d’autres. 

Mais 6 ans plus tard, leur poids moyen est remonté à 132 kg, soit seulement 17 kg en-dessous de leur poids de départ. Cependant il y avait de grandes variations entre les participants : par exemple, l’un d’entre eux a continué à perdre du poids, tandis que cinq personnes ont quasiment regagné leur poids de départ.

Les chercheurs ont partagé les participants en deux groupes : ceux qui avaient repris du poids et ceux qui s’étaient assez bien maintenus (sept personnes qui en moyenne avaient finalement perdu 37 kg). Au lieu de poser des questions aux participants sur leur activité physique, une méthode jugée peu fiable, les chercheurs ont utilisé une autre stratégie pour savoir s’ils se dépensaient beaucoup : ils leur ont fait boire une eau dans laquelle des atomes d’hydrogène et d’oxygène étaient remplacés en partie par des isotopes stables. Les isotopes de l’oxygène se retrouvaient dans le dioxyde de carbone exhalé. Plus il y avait de calories dépensées, plus la quantité de dioxyde de carbone exhalée était importante.

Résultats : ceux qui avaient le mieux maintenu leur poids avaient augmenté de 160 % leur activité physique, contre 34 % chez ceux qui avaient repris du poids. Les apports énergétiques étaient similaires entre les deux groupes. D’après Kevin Hall, l'un des auteurs, ceux qui ont réussi à conserver leur perte de poids ont compensé la baisse du métabolisme par de l’activité physique.

En pratique

Il s'agit cependant d'une petite étude d'observation, dont les résultats doivent être interprétés avec précaution. Mais au moins une autre étude conduite avec la même méthode confirme ces observations, celle de Schoeller au cours de laquelle le niveau d'activité physique à la fin de la phase de perte de poids était associé à moins de kilos repris un an plus tard. D'autres études (voir ci-dessous) ont aussi trouvé qu'on maintient mieux son nouveau poids lorsqu'on pratique une activité physique à un niveau plus soutenu. Il semble qu'il soit nécessaire de maintenir au moins une dépense calorique de 11 kcal/kg/jour via l'exercice pour ne pas reprendre le poids perdu. En pratique, après une perte de poids obtenue par un régime amaigrissant quel qu'il soit (régime hypocalorique, régime low-carb type Atkins, régime paléo, régime cétogène, régime végétarien, etc...), il peut être judicieux dès la fin de la phase de perte de poids d'opter pour un programme d'exercice. En moyenne, dans l'étude de Kevin Hall, ceux qui ont réussi à conserver une perte importante de poids avaient fait l'équivalent de 80 minutes d’activité physique modérée par jour comme de la marche, ou 35 minutes d’exercice intense comme de la course à pied. C’est donc plus que les recommandations habituelles de 150 minutes hebdomadaires d’activité modérée et de 75 min d’activité intense.

 

Références

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