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Aliments à la loupe
Dans ce dossier
Deux siècles de régimes : ceux qui marchent, ceux qui échouent
- Pendant près de 150 ans, les médecins ont fait maigrir efficacement la population en restreignant féculents et farineux.
- Au début des années 1970, changement de cap : la graisse devient l’ennemi.
- Aujourd’hui, il se confirme que les médecins du dix-neuvième siècle avaient raison.
Pendant près de 150 ans, du début du dix-neuvième siècle jusqu’à la fin des années 1960, médecins et scientifiques ont été d’accord pour affirmer, preuves à l’appui, que le seul moyen efficace de maigrir, c’est de manger moins de pain, pâtes, riz, pommes de terre, sucre.
Mais au début des années 1970, changement de cap : les nutritionnistes vont soudain défendre l’idée que ce sont les calories et/ou les graisses qui sont responsables du surpoids. Pour maigrir, disent-ils alors « il faut manger moins gras » et « consommer des féculents à chaque repas. » Une stratégie perdante.
1825-1969 : Ce que nous dit l’histoire des régimes
En 1825, Jean-Anthelme Brillat-Savarin publie La physiologie du goût. Il a interrogé plus de 500 contemporains obèses. Tous partagent une particularité qui a frappé l’auteur : ils mangent beaucoup de féculents : pain, pâtes, pommes de terre, riz. Brillat-Savarin en déduit que « les amidons et les farines que l’homme utilise comme base journalière de son alimentation » sont à l’origine de l’obésité et que le sucre aggrave les choses.
En 1844, le Dr Jean-François Dancel donne une conférence sur le surpoids et l’obésité à l’Académie des Sciences, à Paris. Cas à l’appui, Dancel montre que l’on guérit tous les obèses, « sans exception », par un régime riche en protéines comme la viande, et très pauvre en pain, pâtes, riz et sucre. « Tous les aliments riches en carbone et en hydrogène [les glucides], dit-il, ont tendance à produire de la graisse. »
En 1856, le Dr William Harvey, un médecin londonien, rapporte que « les sucres et les farineux sont utilisés pour engraisser les animaux et qu’un régime qui n’en comprend pas pourrait être utile pour arrêter la formation de graisse. » En 1862, Harvey prescrit un tel régime à William Banting, un de ses patients obèses. En 9 mois, celui-ci perd 25 kilos.
En 1862, William Banting publie à son tour une « Lettre sur la corpulence » de 16 pages. Il décrit les régimes qu’il a essayés sans succès, et comment une alimentation pauvre en sucres et féculents lui a permis de perdre si facilement du poids. Le fascicule de Banting devient un best-seller européen.
Le régime Banting a un tel succès que même les têtes couronnées s’y mettent. En 1864, Napoléon III suit comme beaucoup de ses compatriotes le régime Banting, avec « un grand bénéfice. »
En 1869, Thomas Tanner, le célèbre médecin britannique, publie The Practice of Medicine, dans lequel il donne une longue liste de traitements ridicules contre l’obésité, dont la saignée, les sangsues et… les régimes sans graisses. Toutes ces méthodes, écrit-il, échouent lamentablement. Le seul traitement efficace, assure-t-il, c’est d’éviter les glucides, pain, farineux, pommes de terre, sucre.
En 1877, dans Anna Karénine, Léon Tolstoï se fait l’écho des régimes que suivent ses contemporains lorsqu’ils veulent maigrir. L’amant d’Anna, le comte Vronsky doit participer à une course équestre qui exige de ne pas dépasser le poids de 160 livres. Pour y parvenir, écrit Tolstoï, « il évitait les aliments farineux et les desserts. »
En 1901, le Dr William Osler, considéré comme le père de la médecine américaine moderne écrit dans Principles and Practice of Medicine, ouvrage de référence, que les obèses doivent pour maigrir et rester en bonne santé « réduire les farineux et les sucres. »
En 1925, le Dr Gardiner Hill (Hôpital St Thomas de Londres) décrit dans le Lancet les principes du régime amaigrissant dont l’efficacité est avérée : « Toutes les formes de pain contiennent une forte proportion de glucides, qui vas de 45 à 65 pour cent. Il doit donc être condamné. »
Entre 1943 et 1952, des chercheurs de Stanford, Harvard, Chicago, Cornell, publient indépendamment une série d’articles sur l’obésité et les moyens de la traiter. Tous ces régimes se ressemblent. Ils interdisent invariablement sodas, sucre, miel, sucreries, fruits au sirop, gâteaux, tartes, biscuits, pain, pommes de terre, pâtes, céréales du petit déjeuner.
En 1963, le livre de référence en Grande-Bretagne, Human Nutrition and Dietetics, écrit par Sir Stanley Davidson et Reginald Passmore rappelle que « la consommation d’aliments riches en glucides devrait être réduite drastiquement dans la mesure où ces aliments sont la cause la plus commune d’obésité. » A l’époque, c’est tellement évident que Passmore écrit : « N’importe quelle femme sait que les glucides font grossir : d’ailleurs tous les nutritionnistes sont d’accord avec cela. »
En 1972, parution du régime du Dr Robert Atkins qui recommande aux personnes en surpoids d'éliminer ou limiter fortement céréales et féculents. Succès foudroyant.
Comment en est-on alors venu à conseiller des régimes pauvres en graisses, riches en féculents ?
Vers le milieu des années 1960, c’est le règne des calories. On se met à croire que le corps fonctionne comme une chambre à air : s’il rentre plus d’air qu’il n’en sort, la chambre à air augmente de volume. Si le corps reçoit plus de calories qu’il n’en brûle, lui aussi grossit.
Oubliant un siècle et demi de recherches, les nutritionnistes se convertissent alors à un raisonnement simple :
- 1 gramme de graisses apporte 9 calories (kcal)
- 1 gramme de glucides 4 calories seulement
En diminuant les premières et en les remplaçant par les deuxièmes on doit forcément stocker moins de calories, donc maigrir.
Sur ce principe simple mais erroné ont été élaborées les fameuses recommandations officielles visant à manger « moins gras », et « des féculents à chaque repas », qui sont suivies par des dizaines de millions de personnes. Ces recommandations, qui méconnaissent l'histoire de l'évolution humaine (absence totale d'une consommation de féculents au cours des 7 millions d'années d'histoire de l'humanité), mais aussi la physiologie (conversion en graisses des glucides à index glycémique élevé via une production importante d'insuline) et les données scientifiques récentes (études établissant sans équivoque l'intérêt de diminuer les aliments à index glycémique élevé), sont en partie responsables de l'augmentation ces dernières années des cas d'obésité et de diabète dans la population.
Pour aller plus loin : La sélection de LaNutrition.fr
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LaNutrition.fr organise le samedi 16 juin à Marseille sa 3ème journée de formation, ouverte aux médecins, diététiciens, professionnels de santé, grand public averti. Venez rencontrer les spécialistes et l'équipe du site, vous informer et vous former dans une ambiance décontractée. Le thème cette année : Infections, polluants, radicaux libres, stress : comment se protéger contre les agresseurs biologiques. Parmi les intervenants les Pr Jean-François Narbonne et Pierre-Marie Martin, les Dr Martine Cotinat et Dominique Rueff. Inscrivez-vous ici. (Publicité)




Commentaires
C'est vrai qu'on perd 2 kg (500 g de glycogène associé à 1,5 kg d'eau).
Mais un régime low-carb peut être un régime bas IG et riche en bonnes graisses et en protéines. Et il assure la satiété. Ce sont les régimes hypocal qui vont passer de mode, vue leur inefficacité reconnue et de plus en plus documentée.
C'est pour cette raison je pense, que ces régimes sont passés de mode.
Le dogme "une calorie est une calorie" est faux :
- 100 Kcal de glucose ne sont pas équivalents à 100 kcal de fructose,
- une ration d'oméga-6 est différente de la même ration calorique à partir d'oméga-3,
- les acides gras trans ont un effet différent des acides gras saturés ou mono-insaturés,
- un jus de fruit n'est pas équivalent à un fruit enier, à calories équivalentes.
Il serait temps de sortir de CE DOGME, car la secte de "l'anti-gras" et de la "balance calorique" a dominé pendant 40 ans la pensée scientifique, étouffant les possibilités de recherche de vraies solutions.
Ce livre est un oasis d'intelligence dans un monde de scientifiques cherchant un consensus et une carrière, au lieu d'explorer de nouvelles voies.
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