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Aliments à la loupe

Pétitions sur les plantes médicinales : la grande peur d'avril 2011

  • Depuis plusieurs semaines, des pétitions circulent sur Internet laissant entendre que les plantes médicinales d'usage traditionnel seraient interdites prochainement à l’initiative de l’Union européenne.
  • Analyse de cette rumeur
LaNutrition.fr - Jeudi 31 Mars 2011
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Pétitions sur les plantes médicinales : la grande peur d...
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M° Isabelle Robard, avocate spécialisée dans le droit de la santé, docteur en droit et co-auteur du livre Santé, mensonges et propagande analyse cette rumeur (pour une discussion plus complète, voir le site de la Chambre nationale des ostéopathes)

M° Isabelle Robard : La pétition qui circule sur internet au sujet des plantes à usage traditionnel est inspirée par une réglementation prise au niveau européen : la directive 2004-24 CE du 31 mars 2004. Elle est signée d’une certaine Heidi Stevenson et consiste à dire en substance : « Toutes les plantes à usage traditionnel vont être interdites en avril 2011 et elles ne pourront plus être vendues dans les compléments alimentaires… On va exiger des autorisations de mise sur le marché pour ces produits qui vont entraîner des conséquences en cascade pour tous les fabricants et les distributeurs. » Il s’agit d’une rumeur infondée.

Cette directive plantes à usage traditionnel fait partie d'un corpus qui date de 1965. Cette année là l'Europe communautaire prend une directive sur les médicaments. Elle va produire une définition du médicament qui va ensuite évoluer. Il va y avoir en novembre 2001 abrogation de cette directive et création d'un code communautaire du médicament qui a donc fixé comme tout le monde le connaît, une réglementation qui dit pour que pour être être mis sur le marché, un médicament, ou plus précisément une spécialité pharmaceutique, doit être dotée d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) avec 4 phases d'essais. Comme on s'est rendu compte que c'était un peu sévère, un peu complexe et inaccessible pour certaines catégories de produits, on a commencé en 1992 à faire une brèche dans le système pour les médicaments homéopathiques qui n'avaient pas de statut juridique du tout et qui sont devenus des médicaments à part entière mais avec un système simplifié d'enregistrement qui leur évite d'avoir à prouver certaines choses, à fournir certains éléments au niveau du dossier. Puis on s'est rendu compte qu'entre l'aliment brut et le médicament, il y avait d'autres catégories de produits. En 2002 on voit surgir la directive sur les compléments alimentaires, puis un peu après le règlement sur les aliments enrichis. Et le 31 mars 2004 on a une directive, celle évoquée par Heidi Stevenson, sur les plantes à usage traditionnel, qui vont bientôt toutes entrer dans le giron du système classique d'autorisation de mise sur le marché. Donc le système européen est venu mettre en place un système allégé d'autorisation de mise sur le marché fondé sur des données essentiellement bibliographiques, dispensant les opérateurs d'essais cliniques. Cette AMM simplifiée permet à des acteurs économiques de toute l'Europe de faire des enregistrements simplifiés sous l'angle du médicament. Les opérateurs économiques qui vont revendiquer un certain nombre d'allégations thérapeutiques autour de la plante vont pouvoir accéder à ce statut d'AMM allégée.

Lorsque cette directive sur les produits à base de plantes qui revendiquent des usages thérapeutiques a été prise en mars 2004, une période de 7 ans a été laissée aux opérateurs économiques pour pouvoir « régulariser » sous l'angle de ce nouveau texte leur situation juridique en accédant à ce système d'enregistrement simplifié au niveau européen. On a quand même laissé 7 ans aux opérateurs qui tout d'un coup ont l'air de découvrir cette directive de 2004 !

Le Directeur Général Santé et Politique des Consommateurs, au nom de la commission de Bruxelles, a précisé en décembre 2010 que « la directive autorise l'enregistrement des médicaments traditionnels à base de plantes dont la phytothérapie chinoise, ayurvédique ou de toute autre tradition sans exiger les renseignements et les documents sur les essais de sécurité d'efficacité que le demandeur est tenu de fournir en vertu de la procédure d'autorisation de mise sur le marché. En revanche le demandeur doit prouver à suffisance l'usage médical au moins trentenaire (30ans) du produit dont au moins 15 dans l'union européenne. » Or il y a quantité de plantes ayurvédiques ou chinoises qui sont rentrées il y a plus de 15 ans sur le territoire de l'union européenne. Donc cette directive ne fait que simplifier les choses en permettant l'accès simplifié à des enregistrements comme médicaments et il est inexact de dire qu’elle menace l’accès aux plantes à usage traditionnel.

L'avis de LaNutrition.fr : Non, les plantes ne sont pas interdites. Il est même possible qu'en offrant un cadre législatif aux plantes médicinales, la directive européenne en facilite l'usage, notamment en France. Malgré tout, on peut comprendre l’émoi suscité par la date butoir d’avril 2011 et la campagne qui a suivi. Les fabricants qui ne se sont pas mis en conformité ne pourront pas continuer à commercialiser leurs plantes, donc le consommateur craint à juste titre d’avoir des difficultés à se procurer ses plantes habituelles, au moins momentanément, et il ne l’accepte pas. Ensuite, certains reprochent à la directive de favoriser les plantes européennes, et dans une moindre mesure chinoises et indiennes (ayurvédiques) au détriment des centaines ou de milliers de plantes « exotiques » africaines ou américaines ou d’Océanie. Enfin, il y a le coût d’enregistrement, qui varie considérablement d’un pays à l’autre. Avec au départ la volonté de mieux protéger le consommateur, on craint en fait une course à l’armement règlementaire, de plus en plus lourde, de plus en plus contraignante, de plus en plus coûteuse qui ne profite qu’aux grosses structures. On aurait pu imaginer une procédure plus simple, sur la base de monographies mises à disposition par l’Europe, assorties d’un coût d’enregistrement réduit, par exemple quelques dizaines d’euros comme c’est d’ailleurs le cas en république tchèque.

NDLR : Une rumeur similaire court sur les compléments alimentaires à base de plantes. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les compléments alimentaires sont l'objet de rumeurs de disparition.

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Commentaires  

 
+1 17 08-09-2011 06:45
C'est bizarre !
Ma belle mère, qui est polonaise, vient pourtant de m'affirmer que de nombreux médicaments à base de plante qu'elle utilisait régulièrement sont à présent interdit à la vente. Les polonais utilisent en effet beaucoup de médicaments à base de plantes, et les labos pharmaceutiques ne sont pas encore tout puissants là bas.
Pour info, j'écris ce message en septembre 2011, un peu après la bataille mais en ayant un point de vue objectif sur les conséquences de ce texte.
Alors peut-être que les textes de loi sont ce qu'ils sont, mais la réalité me semble plus problématique et les rumeurs finalement fondées...
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0 16 14-04-2011 11:53
Dans tous ces commentaires, personne n'évoque la protection des plantes et des tradi-praticiens indigènes. La plupart des problèmes de santé d'une population peuvent être soignés par les plantes qui poussent dans le même environnement. En mettant sur le marché européen des plantes exotiques, le plus souvent par vagues selon un phénomène de mode, on favorise un exploitation plus intensive des ces plantes dans les pays d'origine,on fait monter leur prix, au détriment des peuples qui utilisent ces plantes de manière traditionnelle, en respectant les cycles naturels de production. Ce n'est pas suffisant de sur-consommer en nourriture, en énergie aux dépens des peuples du sud, notre santé vaut-elle aussi plus que la leur ?
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+1 15 12-04-2011 09:58
bonjour a vous
c'est incroyable ce que l'etre humain peut faire pour le "pouvoir"
ces memes industriels qui veulent interdire les plantes medicinales, et qui pourtant, puisent dans les anciennes coutumes (amazonis, peru, etc...) pour fabriquer eux-meme des medicaments a base de plante.
les grands dirigeants de ce monde essaient de trouver une fois de plus, de controler un grand nombre d'etres humains, et quand ce n'est pas par la peur, par la religion, par la guerre, c'est maintenant par la santé de chacun, et avec une atteine à la liberté humaine

c'est plus que revoltant. mon peuple est deja passé par la il y as de nombreuses années

White Eagle, d'origine cheyenne (montana)
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0 14 11-04-2011 15:22
....qui ne dit rien consent....vigilance est le maître mot...
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0 13 11-04-2011 12:37
Il s'agit bien de METTRE EN PLACE UNE PROCÉDURE sous prétexte de "sécurité" alors que par ailleurs on développe des activités ayant une sécurité incontrôlable/illusoire comme le nucléaire (déchets à très longue durée de vie - devenir inconnu) Une fois ces règlements en place, acceptés, il SUFFIRA ENSUITE DE RESSERRER LES CONTRAINTES POUR ÉTRANGLER LES GENEURS.
C'est comme si on vous obligeait à mettre des barreaux aux fenêtres au dessus du premier étage pour le cas ou des individus voudraient se défenestrer… pour des raisons de sécurité évidemment. Bien sûr avant cela le "amis" des législateurs auront pris le contrôle des sociétés intéressées… Ne soyons pas angéliques face à de gros intérêts.
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+1 12 06-04-2011 18:41
Article bien optimiste car les mauvaises actions ont déjà commencé, il suffit de voir ce qui se passe depuis quelques semaines dans la seule herboristerie digne de ce nom qui reste a Paris.
La Nutrition a été bien légère sur ce coup.
Euphémisme ... .
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0 11 03-04-2011 18:08
(...)le demandeur doit prouver à suffisance l'usage médical au moins trentenaire (30ans) du produit dont au moins 15 dans l'union européenne.[/i]
Le danger et le scandale est bien là !
En effet, quid des centaines de plantes chinoises indiennes et autres exotiques, qui bien que efficaces et utilisées depuis des décennies dans les pays d'origine respectifs, ne sont même pas encore entrées sur le territoire européen ?!!! Cette directive est décriée à raison aussi parce qu'elle vise à verrouiller l'accès à ces plantes nouvelles pour les européens!!! D'autre part il existe certainement une bibliographie sur les usages et l'efficacité, dans ces pays d'origine, Chine et Inde, au moins, dont on devrait à tout le moins obtenir qu'elle soit prise en compte.
Il me semble effectivement injuste et dangereux pour notre liberté thérapeutique de ne permettre l'accès au marché européen qu'aux plantes déjà utilisées en Europe depuis min 15 ans.
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+1 10 01-04-2011 00:07
N'empêche que dans le fond, ce sont bien les lobbys Pharmaceutiques qui ont en ligne de mire les plantes et ils savent très bien que leurs utilisations vont s'amplifier, cette loi prouve que les médicaments allopathiques ne sont que de la daube (réellement), puisque la mentalité persistante imposé par BigPharma dans l'esprit des moeurs veut nous faire croire que tout ce qui serait alternatif ne fonctionnerait pas.
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+1 9 Thierry Souccar 25-03-2011 07:44
Citation en provenance du commentaire précédent de bullette :
Désolée, mais il faut quand même enregistrer, et donc payer, avoir eut 4 années pour le faire ne change rien, c'est toujours des contraintes, du temps et de l'argent. Je suis convaincue que les gros veulent manger ou écraser les petits, c'est le cas dans tous les métiers.

Nous avons interrogé Isabelle Robard sur le coût de la procédure. Il est selon elle "négligeable" puisqu'il suffit de fournir une bibliographie, ces plantes étant exemptées d'essais cliniques et de toxicité.
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0 8 25-03-2011 06:52
Comment peut-on revendiquer le droit mettre sur le marché des produits sans controle sous prétexte qu'on est "petit" et que ça coûte cher !!!!
Molière ! Au secours ! Diafoirus est de retour !
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