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Aliments à la loupe

Vive polémique sur les avantages réels des produits bio

  • L'analyse de 237 études comparant bio et conventionnel conclut que le bio ne serait pas plus avantageux sur le plan nutritionnel, mais aurait moins de pesticides et de bactéries résistantes aux antibiotiques.
  • Cette publication suscite une vive polémique aux Etats-Unis
Sylviane Passard - Vendredi 07 Septembre 2012
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Vive polémique sur les avantages réels des produits bio
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Une méta-analyse comparant les produits bio à ceux issus de l’agriculture conventionnelle, publiée le 4 septembre 2012 par des chercheurs de Stanford, donne lieu à un très vif débat dans la presse américaine. Essayons d’y voir clair.

L’étude

Les chercheurs ont retenu 237 études (sur plusieurs milliers existantes) portant sur les produits bio (fruits, légumes, céréales, viandes, laitages, volaille et œufs). Soit 17 études d’impact, (dont six essais cliniques randomisés) portant sur des populations consommant une alimentation biologique ou conventionnelle et 223 études qui ont comparé les niveaux de nutriments ou de contamination bactérienne, fongique ou phytosanitaire dans divers produits cultivées organiquement et conventionnellement. Il n'y avait pas d'études à long terme sur l'état de santé des personnes qui consomment des aliments biologiques par rapport aux aliments conventionnels, et la durée des études sur les volontaires allait de deux jours à deux ans.

L'étude est publiée dans l'édition du 4 septembre 2012 des Annals of Internal Medicine.

Après avoir analysé les données, les chercheurs ont conclu qu’il ya peu de différences significatives en termes d’impact nutritionnel entre les aliments biologiques et conventionnels. Aucune différence systématique n'a été observée dans la teneur en vitamines des produits biologiques, et un seul nutriment , le phosphore, était significativement plus élevé dans les produits bio (un minéral dont personne ne manque). Il n'y avait également selon eux aucune différence significative en protéines ou en graisses entre le lait biologique et le lait conventionnel, bien qu’un petit nombre d'études suggère que le lait bio peut contenir des niveaux significativement plus élevés d'acides gras oméga-3.

Les chercheurs ont aussi relevé que les fruits et légumes bio ont un risque 30 pour cent plus faible que les produits conventionnels d’être contaminés par les pesticides  même si les aliments bio ne sont pas nécessairement exempts de pesticides. Les chercheurs estiment que les niveaux de pesticides généralement relevés dans les aliments conventionnels se situent dans les limites de sécurité admises. Deux études sur les enfants qui consommaient une alimentation biologique ou conventionnelle ont trouvé des taux de résidus plus bas dans les urines des enfants nourris avec l'alimentation bio, mais les conséquences cliniques de ces résultats sur la santé des enfants ne sont pas claires. En outre, le poulet et le porc biologique ont semblé réduire l'exposition aux bactéries résistantes aux antibiotiques, mais là aussi la signification clinique de ce constat n’est pas claire, écrivent les auteurs de la méta-analyse.

La polémique

Cette publication a suscité la colère des producteurs et consommateurs de bio, certains sites accusant les auteurs de l’étude de rouler pour les grandes sociétés de l’agriculture conventionnelle et les fabricants de pesticides.

Ce qu’il faut en penser au plan nutritionnel

Il n’y a aucune preuve que les auteurs de l’étude ont des liens avec tel ou tel lobby de l'agroalimentaire ou des pesticides et les auteurs de l’étude ont souligné qu’ils n’avaient accepté aucun financement d’où qu’il vienne (bio ou pas bio). Ce travail montre qu’il est extrêmement difficile de comparer les deux modes de culture et d’élevage, au moins au plan nutritionnel. LaNutrition.fr avait déjà procédé à une analyse des études disponibles pour conclure qu’elles sont hétérogènes. Dans certains cas, les études ont cependant trouvé des différences significatives. Une étude de 2010 par des scientifiques de l'Université de l’État de Washington a conclu que les fraises bio ont plus de vitamine C et d’antioxydants que les fraises conventionnelles. Les tomates bio ont aussi plus de polyphénols que les tomates cultivées commercialement, selon une étude publiée en juillet 2012 par des scientifiques de l'Université de Barcelone.

Sur la plan nutritionnel, comme nous l’avons écrit il y a quelques années, il semble que les fruits et légumes bio ont un peu plus de vitamine C et de polyphénols que les produits conventionnels, alors que pour les minéraux (hors le phosphore), la différence est minime. Cependant, d'autres variables, comme le type de sol, les conditions climatiques, la maturité, peuvent avoir une influence encore plus forte que le mode de production sur le contenu nutritionnel. Une pêche qui atteint sa maturité optimale avec l'utilisation de pesticides pourrait contenir plus de vitamines qu'un fruit moins mûr cultivé en bio.

Pour le lait bio, l’étude conclut qu’il pourrait contenir plus d’acides gras oméga-3 (bons pour le cœur) et moins d’oméga-6 (pro-inflammatoires) que le lait conventionnel. Organic Valley, une coopérative américaine d'agriculteurs biologiques, affirme que leur lait a 79 pour cent d’oméga-3 en plus que le lait conventionnel, ainsi que des niveaux beaucoup plus faibles d'acides gras oméga-6.

Ce qu’il faut en penser au plan des contaminants

Les produits biologiques ont moins de résidus de pesticides que les fruits et légumes conventionnels et cette étude le confirme puisque 38% des produits conventionnels étudiés renfermaient des niveaux détectables de résidus, contre 7% seulement des produits bio. Cela dit, la majorité des produits conventionnels avaient des niveaux de résidus de pesticides inférieurs aux taux autorisés par la réglementation. Reste à savoir si en tant que consommateur vous vous accommodez de ces normes. Charles Benbrook, un chercheur de l’université de l’Etat de Washington estime que les avantages des aliments biologiques en termes d'exposition aux pesticides sont réels pour les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes âgées avec des maladies chroniques. Il cite notamment des études montrant que les femmes ayant les plus hauts niveaux de pesticides pendant la grossesse ont donné naissance à des enfants qui ont plus tard eu des scores plus faibles dans les tests de QI.

Conclusion

La plupart des gens qui choisissent le bio le font parce qu'ils veulent éviter les pesticides, les antibiotiques et d’autres produits chimiques utilisés dans l'agriculture conventionnelle, et qu’ils soutiennent une démarche de production respectueuse de l’environnement. A cet égard, cette méta-analyse les conforte dans leurs choix. La question de l’impact nutritionnel reste délicate à trancher car on manque d’études rigoureuses.

A lire

Notre dossier sur le bio.

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Commentaires  

 
0 18 10-09-2012 12:34
Un livre aux excellentes Éditions "Terre Vivante ":

"Manger BIO,C'est mieux" :

le site du livre de C Aubert D Lairon et A Lefevre a paraitre le 5 octobre 2012

Aliments bio et santé :

l'agronome Claude Aubert répond à la mauvaise interprétation d'une étude récente et publie 'Manger Bio c'est mieux'

La conclusion de cet agronome , conclusion qui m'a sauté aux yeux aussi :

"En conclusion, on voit que l’étude des chercheurs américains est, sur de nombreux points – comme l’a fait également remarquer la Soil Association - favorable au bio. Curieux, donc, que les commentateurs aient compris le contraire…"

Ces bibliographies seront mises en ligne sur le site www.mangerbiocestmieux.fr début octobre, lors de la parution du livre
 
 
+1 17 09-09-2012 20:51
1 : 237 études parmi des milliers ont été retenus.... selon quel critère.... une démarche scientifique sérieuse aurait du prendre toutes les études connus ou les tirer au sort. Le fait de retenir implique des critères. Parmi ces critère important il y a la source des financements des études.

2 : le fait que les auteurs de l'études qui analyse 237 études sélectionnés ne soit pas dépendant de l'industrie agro-alimentaire n'est pas le bon angle d'attaque. Il faut savoir qui à financé les 237 études.

3 : l'étude évoque surtout la teneur en minéraux, vitamines, protéines, lipides, glucides. Hors le bio ne prétend pas produire des fruits et légumes supérieur, mais surtout des fruits et légumes qui contiennent moins de résidus chimiques, meilleurs aux gout, respectueux de l'environnement et le santé.
La teneur minéral du non bio a peu de chance d'être basse avec les engrais !
 
 
-3 16 09-09-2012 19:08
Le bio et le conventionnel sont deux modes de production complémentaires .Il estimpossible de nourrir la planète avec du bio mais le consommateur qui souhaite consommer bio est tout à fait respectable .Seulement, il doit rester vigilant aux mycotoxines qui pourraient se trouver dans le bio car elles sont très dangereuses.Trop de pseudo scientifiques s'autorisent à parler de choses qu'ils ne connaissent pas ou très mal.L'étude sur le terrain, de la santé des plantes et de la micro biologie des sols ,reste la seule science crédible.L'obscurantisme de certains médias ,voire de chercheurs, ne doit pas nous ramener au Moyen âge.Il faut rappeler que, pour se défendre des maladies et des ravageurs, les plantes secrètent des pesticides naturels.
Il faut donc raison garder et manger de tout, raisonnablement
 
 
+4 15 09-09-2012 09:06
Il y à bio industrielle et bio véritable ! Comme l'article le souligne :
"d'autres variables, comme le type de sol, les conditions climatiques, la maturité, peuvent avoir une influence encore plus forte que le mode de production sur le contenu nutritionnel."
Au niveau nutritionnel les conditons dans lequels sont cultivés les légumes sont primordiales. Du plein champs sera plus riche nutritionnellem ent que de la culture sous serre.
Notamment grasse à l'oxygénation et aux difficultés de croissance que va rencontrer la culture ce qui va l'enrichir nutritionnellem ent.
Ainsi un légume bio industriel sera certainement moin riche qu'un légume non bio cultivé dans le jardin de vos grands parents…
 
 
+2 14 08-09-2012 17:57
Citation en provenance du commentaire précédent de manu@home :
Rick: « C'était bien le moyen age (...) on vivait que 25 ans »


peut être mais l’hygiène de vie n'existait pas a cette époque là en tenant compte aussi de la pénibilité du travail de la classe pauvre, de plus la mortalité touchait beaucoup plus les pauvres que la bourgeoisie et l’aristocratie. a y penser!
 
 
+3 13 08-09-2012 17:49
je pense que les chercheurs ont été honnête et impartiaux mais se sont plutôt les organes de presse et les organismes 'antibiotiques" qui modifieraient la façon de communiquer les choses et en font changer son sens comme ils savent si bien le faire.

cela dit le texte de la méta-analyse précise bien que tous les études n'ont pas été au delà de 2 ans ce qui est dommage car je croie qu'ils pourraient trouver une corrélation avec les maladies chroniques et là ça sera une belle gifle pour ses big chimical, l'agro-alimentaire et surtout les agent étatiques de santé.

de même on parle pas assez des gros problèmes de la vie comme la faune et la flore de la terre et sa qualité, les nappes phréatiques contaminées par les polluants liés a l'agriculture intensive et agressive pour tout ce qui y vivent (les oiseaux, les insectes utiles et bien sur les habitants de ses villages qui cohabitent avec ses pollueurs d'utilité public). on a encore du pain sur la planche.
 
 
+1 12 08-09-2012 15:03
Je propose donc la généralisation à outrance de l'utilisation des pesticides et autres désherbants puisque cela ne semble pas présenter de risques supérieurs !

Foutaises habituelles !
 
 
+2 11 08-09-2012 13:11
Rick: « C'était bien le moyen age (...) on vivait que 25 ans »

Attention, une esperance de vie de 25 ans à la naissance dans un contexte de forte mortalité infantile cache des durées de vies bien plus longues pour ceux qui atteingnaient l'age adulte.
 
 
0 10 08-09-2012 11:30
1. Combien d'année de préparation des terrains faut-il pour prétendre que la production soit bio ?

2. Après 5 ans de production bio dans quel état se trouve la terre (présence de bactéries, vers de terre, etc) ?

Pouvez-vous me renseigner scientifiquemen t ?

M. slts. Edgar bommeli
 
 
-9 9 08-09-2012 09:51
Boire un verre de chlore est mortel et pourtant on boit de l'eau du robinet depuis longtemps... et l'on gagne 3 mois de durée de vie par an. C'était bien le moyen age, pas ces saloperies de médicaments, que de la nourriture bio, pas les mauvaises ondes des portables et pas d'arthrose ni de cancer... c'est vrai que l'on vivait que 25 ans. Il y a au moins une chose qui n'existe plus, c'est le bon sens, la science est faite de résultats, pas de convictions.
 

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