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Aliments à la loupe

Mercure : le poisson n'est pas la principale source de contamination

Les produits de la mer expliquent moins de 10% de la variation de mercure dans le sang.

Marie-Céline Jacquier - Mardi 08 Octobre 2013
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Le poisson et les fruits de mer ont des bénéfices pour la santé. Ils sont riches en acides gras oméga-3 à longues chaînes (EPA, DHA...). Ils apportent aussi de l’iode. Cependant, les soupçons de contaminations concernant certains poissons tendent à limiter notre consommation.

Lire : La meilleure façon de manger du poisson et des fruits de mer

Dans le souci de réduire l'exposition au mercure de la population, les autorités sanitaires conseillent donc de consommer du poisson et des produits de la mer avec parcimonie : dans un avis récent, l'ANSES recommande de ne pas dépasser 2 portions par semaine. 

Lire : Combien de poisson par semaine ?

Cependant, LaNutrition.fr n'a pas modifié son conseil de 2 à 3 portions par semaine (pour les omnivores), et de 2 portions pendant la grossesse. S'il faut certes rester vigilant, une étude de l’université de Bristol indique cependant que le mercure d'origine alimentaire représente moins de 20 % de la concentration de mercure dans le sang. Et les produits de la mer n'interviennent que dans 7% de la variation du mercure dans le sang.

Ces nouveaux résultats ont été publiés dans Environmental Health Perspectives. Des chercheurs anglais et américains ont étudié 103 aliments et boissons consommés par 4 484 femmes enceintes provenant de l’étude ALSPAC (Avon Longitudinal Study of Parents and Children). Des échantillons de sang et des informations sur le régime alimentaire ont été recueillis.

Des niveaux élevés de mercure ont des effets négatifs sur le développement du cerveau du fœtus. Historiquement, les inquiétudes concernant le mercure proviennent d’épisodes d’empoisonnements massifs, comme la contamination de la Baie de Minamata dans les années 50. Plus tard, une étude de 1997 menée sur 979 enfants de 7 ans aux Iles Féroé avait montré que le mercure était associé à des déficits légers dans le développement du langage, l’attention et la mémoire. Mais ces résultats n’ont pas pu être confirmés dans les études qui ont suivi.

Dans ces travaux réalisés sur des femmes britanniques, les chercheurs ont trouvé que le mercure alimentaire n'apportait que 17 % du mercure présent dans l’organisme. En effet, chez ces femmes, les niveaux de mercure dans le sang étaient de 0,17 à 12,8 µg/L. 38 femmes étaient au-dessus du seuil critique de 5,8 µg/L fixé par les autorités sanitaires américaines, soit seulement 0,98 % des femmes étudiées. En France, la valeur limite pour les travailleurs exposés au mercure est fixée à 15 µg/L. Les femmes qui avaient les niveaux de mercure les plus élevés étaient plus âgées, diplômées, et financièrement plus aisées.

Les auteurs concluent donc que limiter sa consommation en poissons et fruits de mer pendant la grossesse n’a qu’un impact limité sur les niveaux de mercure sanguin. 

Lire : Grossesse : faut-il avoir peur du poisson ?

Lire aussi : Les bénéfices du poisson l'emportent sur ses risques

L'analyse de LaNutrition.fr. Cette étude a pour intérêt de relativiser le rôle des produits de la mer dans l'imprégnation de mercure. Après le poisson, les aliments qui influençaient le plus les niveaux de mercure dans le sang étaient les tisanes et l’alcool, le vin contenant plus de mercure que la bière. On trouve du mercure à des niveaux assez élevés dans certaines tisanes et plantes pour infusion, y compris celles vendues dans les magasins diététiques. Mais le mercure provient aussi des amalgames dentaires, des cosmétiques, des cigarettes, des médicaments. Des vapeurs de mercure sont relarguées par l'incinération, la combustion de matières fossiles, et l'épandage de pesticides et fongicides. On a pu estimer à environ 10 tonnes la quantité de mercure qui quitte l'atmosphère chaque année pour se déposer sur le sol du Royaume-Uni. Il est probable que la France reçoit des quantités similaires. 

Source

Golding J, Steer CD, Hibbeln JR, Emmett PM, Lowery T, Jones R. Dietary Predictors of Maternal Prenatal Blood Mercury Levels in the ALSPAC Birth Cohort Study. Environ Health Perspect. 2013 Oct;121(10):1214-1218.

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Pour aller plus loin : La sélection de LaNutrition.fr

Commentaires  

 
-1 5 14-03-2014 20:19
Je pense que tout est relatif. Les espagnols sont les européens qui ont le plus de mercure dans le sang (Probablement parce qu'en Espagne on consomme plus de poisson qu'ailleurs)car je ne pense pas que leurs dents soient plus plombées que dans le reste de l'Europe et qu'ils ne boivent pas des tisanes si souvent qu'en Angleterre. Toutefois ils semblent se porter très bien comme-ça.
 
 
+2 4 n.mathieu326@laposte.net 09-10-2013 22:29
Je me permets de rappeler que de plus en plus d'espèces de poissons sont menacées de disparition, d'une part, et notamment parmi les plus consommées par les humains, et que le poisson demeure superflu dans l'alimentation humaine, d'autre part. En consommer aujourd'hui revient à faire le choix d'en priver les générations futures, si tant en qu'elles veuillent encore en consommer (ce que je ne souhaite pas), et à prendre le risque de graves déséquilibres des écosystèmes aquatiques (cf. notamment le site du WWF : "la mer n'est pas un puits sans fonds").
 
 
+7 3 09-10-2013 20:43
Intéressant et...inquiétant. Comme Flonutrition le disait, il serait important de faire une suite à ce sujet afin de savoir quelle tisanes eviter.
 
 
+7 2 09-10-2013 08:45
Très intéressant pour disculper partiellement le poisson. Mais par contre, ça ne nous dit pas concrètement quoi faire pour réduire notre exposition au mercure. Toutes les tisanes sont-elles concernées? Respire-t-on ces "vapeurs"? Pourquoi cela touche plus fortement les personnes de niveaux socio-professionnels plus élevés? à cause du vin?
 
 
+6 1 08-10-2013 22:39
Bonjour, merci pour cet article éclairant. Consommateur régulier de boissons chaudes, je me demandais s'il était possible d'avoir des précisions ou une référence sur les tisanes et plantes à infuser présentant des taux plus élevés de mercure. Bonne continuation !
 

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