Le sucre agirait sur notre cerveau comme une drogue

Par Lanutrition.fr Publié le 16/12/2008 Mis à jour le 06/02/2017
Sucre ou cocaïne ? Les conséquences seraient les mêmes d’après des chercheurs américains : le manque de sucre créé une angoisse qui pousse les rats à chercher une compensation dans l’alcool.

Et si le sucre agissait vraiment comme une drogue sur notre organisme ? C’est en tout cas ce que suggère une nouvelle étude américaine.

Le professeur Bart Hoebel et son équipe du Département de psychologie et de l’Institut de Neuroscience de Princeton ont étudié les signes de dépendances au sucre chez les rats. Objectif : comprendre  les mécanismes du cerveau qui contrôlent l’appétit et la prise de poids. Ils ont donc proposé de l’eau, de l’eau sucrée et de l’alcool à des rats pendant plusieurs semaines.

Les chercheurs ont observé que le rat est fortement attiré par l’eau sucrée et peut en consommer de grande quantité. Si on leur retire cette eau sucrée, les animaux se mettent à boire de l’alcool, beaucoup plus qu’en temps normal. Pour « compenser le manque de sucre » d’après l’étude.

En fait, la forte consommation de sucre entraîne des modifications neurochimiques dans le cerveau des rongeurs, impliquant des troubles du comportement. Ces changements sont similaires à ceux qui se produisent lors de consommation régulière et abusive de substances comme la cocaïne, la morphine ou la nicotine.

Le coupable ? Une substance appelée dopamine. La surconsommation de sucre provoque un afflux de dopamine dans le cerveau des rongeurs. Après un mois de consommation régulière de sucre, la structure du cerveau s’adapte à l’augmentation progressive des niveaux de ce neurotransmetteur en fabriquant davantage de récepteur à la dopamine.

Ces systèmes de neurotransmetteurs/récepteurs sont impliqués dans les phénomènes de motivation, de récompense, du contrôle de soi et de satisfaction.

Quand les chercheurs ont supprimé l’eau sucrée mise à disposition des rats, les niveaux de dopamine ont diminué et les animaux ont manifesté des signes d’angoisse les paralysant dans leurs activités quotidienne.

« Ces résultats sont passionnants mais des recherches plus approfondies sont nécessaires pour les appliquer à l’homme », dit le professeur Bart Hoebel.

« Il semble possible que les changements qui s’opèrent dans le cerveau  après une consommation régulière de sucre pourraient nous aider à comprendre les troubles alimentaires du comportement » conclut-il.

Avena NM, Rada P, Hoebel BG, Underweight rats have enhanced dopamine release and blunted acetylcholine response in the nucleus accumbens while bingeing on sucrose. Neuroscience. 2008 Oct 28;156(4):865-71. Epub 2008 Aug 22.

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