A quoi sert la noradrénaline ?

Par Lanutrition.fr Publié le 01/12/2007 Mis à jour le 01/03/2017
L'essentiel

La noradrénaline: neurotransmetteur. Carte d'identité.

Qu’est-ce que c’est?

La noradrénaline est synthétisée par certains neurones à partir d’un acide aminé (constituant des protéines alimentaires), la tyrosine.

 

Comment on mesure la noradrénaline?

Pour évaluer les taux de noradrénaline on dose dans le sang, les urines ou le liquide cérébro-spinal la quantité de VMA (acide vanylmandélique) et MHPG (3-méthoxy-4-hydroxyphénylglycol), des produits de dégradation de la noradrénaline.

 

Comment fonctionne le système noradrénergique?

Après sa libération, une partie de la noradrénaline fait l’objet d’une recapture par le neurone qui l’a émise; une autre partie est dégradée. L’un des produits de dégradation est le 3-méthoxy-4-hydroxyphénylglycol (MHPG), dont le dosage dans le liquide céphalorachidien, le sang ou les urines, donne une idée de la sensibilité noradrénergique.

Les corps cellulaires noradrénergiques sont concentrés dans le tronc cérébral, et notamment dans le locus coeruleus. Les neurones noradrénergiques y sont peu nombreux (40 000), mais ils projettent à la quasi-totalité du cerveau, grâce à un réseau impressionnant de ramifications. Ainsi, un seul neurone peut-il donner naissance à 300 000 terminaux dans une région aussi éloignée que le cortex cérébral. La stimulation du locus, ou l’application directe de noradrénaline a deux effets sur les neurones d’une région-cible : elle inhibe leur activité de base, tout en augmentant leur réactivité à d’autres stimuli. Le « bruit de fond » est réduit alors que les signaux importants sont amplifiés.

 

A quoi sert la noradrénaline?

La noradrénaline module l’attention, l’apprentissage et facilite la réponse aux signaux de récompense : plus la sensibilité noradrénergique est grande, plus ces traits sont amplifiés.

Chez le rat, la destruction du locus coeruleus entraîne une disparition totale de la peur. Les interventions qui augmentent la sensibilité à la noradrénaline dans les régions frontales empêchent l’animal d’oublier un comportement lié à une récompense. Elles lui permettent d’associer plus rapidement à une activité particulière le souvenir d’une punition évitée. Inversement, Mary Schneider (Université du Wisconsin) a montré que des singes rendus peu sensibles se montrent incapables d’intégrer les comportements sociaux du groupe.

Chez l’homme, la diminution de la noradrénaline affecte l’acquisition de connaissances et d’associations nouvelles. Mais la caféine, qui augmente la noradrénaline du cerveau, améliore la capacité à accomplir des tâches répétitives, ennuyeuses, non sanctionnées par des récompenses. L’administration de tyrosine à des patients dépressifs augmente la sécrétion de noradrénaline. Ce traitement améliore la composante hédonique de leur dépression. Le docteur Bruce Perry (Baylor College of Medicine, Houston, Texas) a trouvé qu’une une sensibilité noradrénergique réduite chez l’enfant est associée à des comportements « socialement détachés ». Le docteur Perry estime qu’il existe une corrélation entre une sensibilité noradrénergique forte et la recherche de sensations « socialement acceptables ».

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