La solitude, contagieuse… et cancérigène !

La solitude se transmettrait au sein d’un groupe et pourrait favoriser l’apparition de tumeurs particulièrement mortelles. C’est ce que prétendent des chercheurs de l’université de Chicago.

Faut-il s’efforcer d’aller vers les personnes solitaires ? Pas si sûr, au risque de se retrouver soi-même seul… et malade ! Des chercheurs américains de l’université de Chicago suggèrent en effet que non seulement le sentiment de solitude peut se propager dans un groupe, mais en plus, l’apparition de tumeurs malignes pourrait être plus importante chez les individus socialement isolés.

Deux équipes américaines ont mené leurs recherches simultanément. L’une a suivi 5124 personnes pendant 10 ans, l’autre a suivi le développement de cancers des mamelles chez des rats femelles vivant soit isolées, soi en groupes.

Les chercheurs notent que la sensation d'isolement a tendance à se transmettre au cercle d'amis. Selon leurs calculs, avoir un ami physiquement ou psychologiquement solitaire augmente de 40 % à 65 % le risque de se sentir isolé soi-même. Avoir un « ami d'ami » solitaire, augmente ce risque de 14 % à 36 %. En étant l’« ami d'un ami d'un ami » d’un solitaire, il n’y aurait plus que 6 % à 26 % de risque de devenir solitaire. Par contre, lorsqu'il y a 4 degrés de séparation (« ami d'ami d'ami d'ami »), la tendance à l'isolement n'est plus contagieuse.

Ce n’est pas que pour le moral que la solitude est difficile. Elle affecterait aussi la santé, selon la seconde équipe de chercheurs qui conclut que la solitude est cancérigène. Les rattes isolées ont développé 84 fois plus de tumeurs malignes des mamelles que celles intégrées à des réseaux sociaux. L’absence d’appartenance à un groupe social raviverait le stress, qui entraînerait la désactivation des gènes chargés de supprimer les cancers.

JT Cacioppo, JH Fowler, NA Christakis. Alone in the crowd: the structure and spread of loneliness in a large social network. Journal of personality and social psychology 2009 Dec;97(6):977-91.

 

Gretchen L. Hermesa, Bertha Delgadoa, Maria Tretiakova, Sonia A. Cavigelli, Thomas Krausz, Suzanne D. Conzen, and Martha K. McClintock. Social isolation dysregulates endocrine and behavioral stress while increasing malignant burden of spontaneous mammary tumors. PNAS Early Edition. 7 December 2009.

  • Version actuelle le 23/03/2021
    Mise à jour par Collectif laNutrition
  • le 11/12/2009
    Publication par Collectif LaNutrition.fr Journalistes scientifiques et diététiciennes

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