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D’après une recherche parue dans Food Additives and Contaminants, plus de 8 bouteilles de vin français sur 10 contiendraient des substances toxiques appelées phtalates : 6 sur 10 à des taux significatifs et 1 sur 10 à des taux dépassant les normes autorisées.
Les phtalates se trouvent dans les plastiques, les revêtements synthétiques, les peintures, mais aussi les cosmétiques. Certains phtalates sont des perturbateurs endocriniens : actifs à de faibles concentrations, ils peuvent affecter des fonctions biologiques car leur structure ressemble à celle des hormones synthétisées par l'organisme. Les récepteurs de ces hormones peuvent être trompés par ces composés et induire des réponses biologiques inappropriées. Par exemple, les phtalates pourraient être responsables de malformations des organes reproducteurs masculins.
Dans cet article, le laboratoire Excell de Mérignac a étudié la contamination de vins et spiritueux par des phtalates dans une centaine d’échantillons du marché français. Comme les phtalates sont peu solubles dans l’eau, ils contaminent plus facilement les produits les plus alcoolisés. Les spiritueux sont donc susceptibles de contenir des concentrations plus élevées de phtalates que les vins.
Résultats : Les composés les plus souvent détectés dans les vins et spiritueux étaient le DBP (dibutyl phtalate), le DEHP (diethylhexyl phtalate) et le BBP (butyl benzyl phtalate). Le DBP est le plus fréquent dans le vin, le DBP et le DEHP les plus abondants dans les alcools forts. 59 % des vins analysés contenaient des quantités significatives de DBP. Seulement 17% des échantillons ne contenaient aucun phtalate repro-toxique.
Plus inquiétant : dans 11 % des vins et 19 % des spiritueux, le contenu en DBP dépassait les valeurs autorisées par la norme européenne EC n°10/2011 du 14 janvier 2011 pour les matériaux en contact avec l’alimentation. Ces produits ne devraient donc pas être commercialisés.
Le laboratoire a aussi analysé les matériaux présents chez les producteurs de vin et montré que les revêtements époxy des cuves à vin pouvaient représenter une source de contamination. C’est pourquoi les auteurs conseillent de remplacer ces cuves qui peuvent avoir été fabriquées à une époque où les phtalates étaient particulièrement présents dans les revêtements, par des nouvelles, plus aux normes.
P. Chatonnet, S. Boutou, A. Plana. Contamination of wines and spirits by phthalates: types of contaminants present, contamination sources and means of prevention. Food Additives & Contaminants: Part A. 2014; 1 DOI: 10.1080/19440049.2014.941947
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