Les aliments ultra-transformés favorisent le surpoids et l'obésité, notamment abdominale. Les mécanismes sont aujourd'hui bien identifiés.
Plus on consomme d’aliments ultra-transformés, plus les muscles de la cuisse accumulent de graisse intramusculaire, un facteur associé au risque d’arthrose du genou.
L’arthrose du genou (gonarthrose) concerne 30 % des personnes de 65 à 75 ans, d’après le site de l’assurance-maladie. Le surpoids en est un facteur de risque, en raison de la pression exercée sur les articulations. C’est pourquoi la perte de poids et l’activité physique font partie des mesures de prévention de la gonarthrose. Mais la qualité de l’alimentation jouerait également un rôle.
En effet, une équipe de l'université de Californie à San Francisco a montré, en suivant la cohorte Osteoarthritis Initiative, que la consommation élevée d’aliments ultra-transformés (AUT) est associée à l’arthrose du genou. Or, dans l’arthrose du genou, il existe une dégradation de la qualité des muscles de la cuisse, via l’infiltration de graisse entre les fibres musculaires.
Les chercheurs ont donc voulu savoir si la consommation d’AUT était corrélée à cette atteinte musculaire.
Pour cette nouvelle étude parue dans la revue Radiology, les chercheurs ont analysé les IRM de 615 personnes de l’Osteoarthritis Initiative. Ces personnes, qui avaient une moyenne d’âge de 60 ans et un IMC moyen de 27 (correspondant à un surpoids), ne présentaient pas encore d’arthrose au moment de l’imagerie.
Les aliments ultra-transformés (AUT) représentaient, en moyenne, 41 % de leur alimentation sur l’année précédente. Les chercheurs ont trouvé que plus la part des AUT était élevée dans l’alimentation des participants, plus la graisse infiltrant les muscles de la cuisse était importante, quel que soit l’apport calorique. Cela signifie que, plus que la quantité de calories absorbée c’est bien la qualité de l’alimentation qui prime.
La graisse qui s’infiltre entre les fibres musculaires (à ne pas confondre avec la masse grasse sous-cutanée) dégrade la qualité contractile du muscle. Or des muscles de cuisse affaiblis modifient la répartition des charges sur le genou, un mécanisme déjà connu comme facteur de risque d’arthrose.
Pour la Dre Zehra Akkaya, principale auteure de l’étude, « Lutter contre l'obésité reste un objectif primordial et un traitement de première intention dans l'arthrose du genou, mais les résultats de cette étude montrent que la qualité de l'alimentation mérite une attention accrue, et que les programmes de perte de poids devraient en tenir compte, au-delà de la seule restriction calorique et de l'exercice physique. »
Dans son livre Nutri Arthrose, Angélique Houlbert, diététicienne-nutritionniste, explique comment repérer les aliments ultra-transformés (AUT) pour les écarter de son alimentation. En particulier, les listes d’ingrédients à rallonge, les additifs et autres ingrédients absents de nos cuisines (maltodextrine, mono- et diglycérides d’acides gras…), doivent alerter et inciter à laisser le produit au magasin.
Dans son guide, Angélique Houlbert donne des conseils concrets pour adopter une alimentation qui aide à lutter contre l’arthrose. Par exemple, elle conseille de limiter le pain (surtout blanc) à une fois par jour, de réduire le sel ajouté, et à l'inverse, d’augmenter légumes frais, fruits, oléagineux non salés, poisson gras et céréales complètes à index glycémique bas.
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