Maladies cardiovasculaires : attention au bisphénol A

Une nouvelle étude montre qu'une augmentation du risque des maladies cardiovasculaires pourrait être liée au bisphénol A (BPA). Les autorités américaines et européennes pourraient revoir leur avis favorable attribué à ce composant d’emballage alimentaire.

Le bisphénol A est une fois de plus mis sur la sellette. Une étude publiée hier dans le Journal of American Medical Association, la première effectuée à grande échelle avec un échantillon statistiquement significatif, conclut que plus la concentration de BPA dans l’urine est importante, plus les risques de maladies cardiovasculaires, de diabètes et d’anomalies du foie augmentent. Pour cela, les chercheurs ont recueilli les données 2003-2004 du programme du centre national américain de statistique sur la santé, « National health and nutrition examination survey ». 

Les auteurs rappellent que le BPA est l’un des composants chimiques le plus produit au monde et que sa demande se maintient en hausse. Il est très utilisé dans les récipients alimentaires et dans un nombre important de produits plastiques.  

L’exposition au BPA provient de sources multiples mais l’alimentation reste le facteur prédominant, les boissons pourraient en constituer le premier vecteur. La présence de BPA est ainsi détectée dans 90% de la population américaine, celle-ci serait ainsi susceptible de dépasser les doses règlementaires en vigueur (50 microgrammes/kg/jour). Doses que l’EFSA (Agence Européenne de Sécurité des Aliments) a également adoptées récemment pour l’Europe (1).

Les résultats de cette étude seraient susceptibles de faire évoluer les positions des agences gouvernementales américaines (FDA) et européenne (EFSA) qui défendent pour le moment le statu quo en la matière (2).  

Les auteurs appellent à un prolongement de leurs travaux pour confirmer les résultats et à de nouvelles recherches sur plusieurs années pour mesurer  plus précisément les effets de l’exposition au BPA à long terme.

Si vous voulez savoir comment identifier le bisphénol A au quotidien et quelles alternatives choisir pour y être moins exposé, consultez sur LaNutrition.fr « Le bisphénol A dans l’environnement, comment l’identifier, comment l’éviter ».

Vous pouvez également vous reporter à l’interview du docteur Frederick Vom Saal qui fut le premier à tirer la sonnette d’alarme sur les dangers du bisphénol A (lire son interview).

Iain A. Lang, PhD; Tamara S. Galloway, PhD; Alan Scarlett, PhD; William E. Henley, PhD; Michael Depledge, PhD, DSc; Robert B. Wallace, MD; David Melzer, MB, PhD

Association of Urinary Bisphenol A Concentration With Medical Disorders and Laboratory Abnormalities in Adults JAMA. 2008;300(11):1303-1310  

 

(1) http://www.efsa.europa.eu/en/science/afc/afc_opinions/bisphenol_a.html

(2) http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753812_1211902017373.htm

      http://www.fda.gov/ohrms/dockets/ac/08/briefing/2008-0038b1_01_00_index.htm
  • Version actuelle le 23/03/2021
    Mise à jour par Collectif laNutrition
  • le 18/09/2008
    Publication par Collectif LaNutrition.fr Journalistes scientifiques et diététiciennes

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