Le Sénat a adopté mercredi 24 mars 2010 une proposition visant à suspendre la commercialisation des biberons contenant du Bisphénol A. Une mesure qui s'apparente plus à un effet d'annonce politique qu'à une disposition de nature à bénéficier à la santé publique.
Après des années de polémique, l’interdiction du bisphénol A en France dans les biberons pourrait devenir réalité.
Le Sénat a adopté mercredi 24 mars à l'unanimité une proposition de loi du groupe RDSE, à majorité radicaux de gauche, destinée à suspendre la commercialisation de biberons contenant du bisphénol A (BPA), déjà en vigueur dans les crèches de plusieurs villes, dont Paris.
A l’origine, la proposition visait à interdire le bisphénol A dans tous les plastiques alimentaires, mais un amendement l’a finalement limité à une suspension de la commercialisation des biberons.
Cette décision mettra-t-elle un terme à « l’affaire » des biberons au bisphénol A ? Pour le professeur Jean-François Narbonne, professeur de toxicologie à l’université de Bordeaux, expert à l’Afssa et membre du comité scientifique de LaNutrition.fr, focaliser toute la question du bisphénol A sur les biberons est une erreur. « Cette polémique est excessive. Le bisphénol A est en effet retrouvé dans les biberons, mais ce n’est pas par cet intermédiaire que le bébé est le plus exposé au bisphénol A. »
Pour ce spécialiste, le problème se situe surtout au niveau des boites de conserve dont le revêtement intérieur contient du bisphénol A. La boite de lait artificiel serait plus préoccupante que le biberon dans lequel vous mettez le lait.
Le revêtement des boites de conserve pose d’autant plus problème que c’est par cet intermédiaire que les mamans et futures mamans sont exposées au bisphénol A. « Et c’est avant tout par l’intermédiaire de la mère que l’enfant est exposé au bisphénol A : in utéro, durant la gestation, mais également lors de l’allaitement, et là le biberon n’intervient pas ! »
Le Ministre de la Santé, Roselyse Bachelot, se disant « plutôt favorable » à l’amendement, a émis cependant des réserves, soulignant notamment le fait que l’innocuité des substituts du bisphénol A n’a pas été suffisamment étudiée. Ce que confirme le professeur Jean-François Narbonne. Selon lui, « avant d’interdire une substance, il faut savoir par quoi on la remplace. Nous ne savons pas si les plastiques utilisés en remplacement sont moins toxiques. »
Le bisphénol A est soupçonné d'exercer des effets indésirables sur les organes en développement dans la mesure où il se comporte comme des hormones femelles. Mais le débat sur le bisphénol A occulte d'autres sources d'hormones femelles chez l'enfant, à commencer par celles présentes dans le lait artificiel.
Le parcours parlementaire n’est pas encore terminé. La proposition de loi doit maintenant être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale.
Visionnez l'interview de Jean-François Narbonne sur les biberons au bisphénol A
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