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Une nouvelle étude américaine s’est intéressée au lien entre la consommation de laitages et le risque de cancer de la prostate. Les données sont extraites de la California Collaborative Prostate Cancer Study, une étude de type cas-contrôle.
De nombreuses études ont rapporté ces dernières années une association entre la consommation de laitages et le risque de cancer de la prostate.
Les chercheurs ont comparé les données sur 1096 hommes en bonne santé, 717 atteints de cancer de la prostate localisé et 1140 de cancer avancé. Un questionnaire alimentaire a permis de préciser leur consommation de laitages totale et par type de laitages. Les statistiques liant ces aliments au risque de cancer ont été corrigées pour tenir compte des antécédents familiaux, de la consommation énergétique, de l’indice de masse corporelle.
Résultats : la consommation de lait est associée à un risque de cancer avancé augmenté de 43% pour les plus gros consommateurs par rapport à ceux qui en consomment peu. Elle n’est pas associée à un risque de cancer localisé. La consommation totale de laitages, de yaourt, de fromage ou de glace n’est pas associée au risque de cancer de la prostate. Cependant, chez les hommes consommant peu de calcium (dans cette étude, moins de 712,5 mg/jour), une consommation élevée de laitages est liée à un risque accru de cancer de la prostate, alors que cette association n’est pas observée au-dessus de 712,5 mg/j.
Les auteurs concluent que l’effet des laitages sur le cancer de la prostate, déjà observé dans plusieurs études, pourrait être expliqué par leur teneur en calcium; mais chez les hommes qui consomment peu de calcium un apport important de laitages est aussi lié à un risque plus élevé, ce qui laisse penser que d’autres composants des laitages pourraient jouer un rôle dans ce risque accru (lire commentaire).
Il s’agit d’une étude cas-contrôle qui rapporte une association, pas forcément une relation de cause à effet.
Commentaire de Thierry Souccar, auteur de Lait, mensonges et propagande. Cette étude est une étude cas-contrôle, c'est-à-dire qu'elle est affectée d'un niveau de preuves bas, car elle fait appel aux souvenirs des participants et ne décrit qu'une association. Cependant, elle vient s'ajouter aux très nombreux travaux publiés depuis une vingtaine d'années, dont je me suis fait l'écho dès 2004 dans Santé, mensonges et propagande. Sur le plan expérimental, on sait que le lait de vache active plusieurs médiateurs impliqués dans la croissance et la prolifération cellulaires. Cependant, on ne pourra probablement jamais prouver formellement qu'une consommation élevée de lait augmente le risque de cancer avancé de la prostate du fait de la nature même des études d'observation. Mais les données convergent suffisamment pour mettre en garde les hommes et conseiller dès l'enfance de limiter la consommation de lait et de laitages, sans nécessairement la supprimer. Si l'on tolère le lactose, si l'on n'a pas de maladie auto-immune, on peut en effet consommer modérément du lait et/ou des laitages, sans risque particulier, à condition de se limiter à une ou deux portions quotidiennes.
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