Obésité abdominale et carence en vitamine D : un duo à risque

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Après 50 ans, cumuler un tour de taille élevé et un taux de vitamine D bas multiplie par plus de deux le risque de mourir dans les six ans, selon une étude portant sur 5 500 personnes. 

L'obésité représente un risque pour la santé. Mais ce risque serait encore supérieur s'il est associé à une carence en vitamine D. C'est ce que montre une étude parue récemment dans la revue Diabetes, Obesity and Metabolism (1).

Les chercheurs de l’université fédérale de São Carlos (Brésil), associés à l’University College London, se sont appuyés sur les données de la cohorte anglaise ELSA (English Longitudinal Study of Ageing), une étude sur le vieillissement. Ils ont suivi 5 520 personnes de 50 ans et plus pendant six ans. 

Deux critères ont été croisés :

  • l’obésité abdominale, définie par un tour de taille supérieur à 102 cm chez l'homme et à 88 cm chez la femme ;
  • le statut en vitamine D, défini par le taux sanguin de 25(OH)D : une carence correspondait à un taux inférieur à 30 nmol/L (12 ng/mL).

Par rapport aux participants qui ne présentaient aucun de ces deux facteurs (ni obésité abdominale, ni carence en vitamine D), le risque de décès au cours du suivi était augmenté :

  • pour l’obésité abdominale seule : + 47 % ;
  • pour la carence en vitamine D seule : + 91 % ;
  • pour les deux à la fois : + 123 %.

Autrement dit, le cumul des deux fait plus que doubler le risque de mourir dans les six ans. « C'est pourquoi la surveillance des taux de vitamine D et le traitement de l'excès de graisse abdominale constituent des mesures essentielles pour prévenir les décès prématurés, en particulier après 50 ans », conclut Tiago Silva Alexandre, professeur au département de gérontologie de l’université de São Carlos, qui a coordonné l'étude.

Lire : 7 aliments courants sources de vitamine D

Graisse du ventre et vitamine D : un cercle vicieux

La vitamine D est liposoluble. Chez les personnes qui ont beaucoup de graisse abdominale, elle est en partie stockée dans les cellules adipeuses, au lieu de circuler dans le sang. De plus, les personnes obèses expriment moins les enzymes nécessaires à son métabolisme, ce qui réduit sa biodisponibilité. « L’obésité abdominale réduit le taux de vitamine D dans le sang, et cette carence affaiblit le système immunitaire, ce qui aggrave l’inflammation chronique provoquée par l’excès de graisse et augmente considérablement le risque de mortalité », affirme le Pr Alexandre dans un communiqué (2). Avec l'âge s'y ajoute l'inflammaging, l'inflammation de fond qui accompagne le vieillissement. Cette combinaison délétère pourrait favoriser les maladies cardiovasculaires et métaboliques ainsi que la fonte musculaire. 

L’obésité abdominale réduit le taux de vitamine D dans le sang

Une association, pas une preuve de causalité

Il s’agit d'une étude observationnelle : elle montre une association, pas un lien de cause à effet. Un faible taux de vitamine D peut aussi refléter un mauvais état de santé général, moins de sorties au soleil et une activité physique réduite. 

Comment se supplémenter en vitamine D

La carence en vitamine D est répandue en France. Selon l'étude Esteban (3), seul un adulte sur quatre atteint un taux sanguin satisfaisant (plus de 30 ng/mL). En France métropolitaine, le soleil ne permet pas de fabriquer suffisamment de vitamine D en hiver, et les réserves constituées l'été ne durent que deux à trois mois. L'automne est donc le bon moment pour commencer à se supplémenter.

En France, le dosage sanguin n’est remboursé que dans des cas précis, par exemple chez les personnes âgées qui chutent à répétition. L'Anses juge suffisant un apport de 15 µg par jour pour les adultes. Avec l'Endocrine Society, lanutrition.fr conseille plutôt au moins 1 000 UI par jour (25 µg ; 1 µg = 40 UI).

Les personnes en surpoids ou obèses ont besoin de doses plus élevées pour atteindre le même taux sanguin, puisqu'une partie de la vitamine D reste piégée dans le tissu adipeux. Des chercheurs recommandent une dose 1,5 fois supérieure en cas de surpoids et 2 à 3 fois supérieure en cas d'obésité par rapport aux personnes de poids normal. Sur la base de 1 000 UI, cela donne environ 1 500 UI par jour en cas de surpoids et 2 000 à 3 000 UI par jour en cas d’obésité (4).

Préférez les petites doses régulières : une prise quotidienne ou hebdomadaire mime mieux la production naturelle par la peau. Elle s'est montrée plus intéressante sur le plan clinique, notamment pour prévenir chutes et fractures. Les ampoules dosées à 50 000 ou 100 000 UI restent pratiques pour les personnes qui prennent déjà beaucoup de médicaments, mais les doses uniques massives de 300 000 à 500 000 UI sont à éviter (5).

Pour en savoir plus : Comment choisir un complément de vitamine D (abonnés)

  1. da Silva Milliati J, Barros Pereira da Silva T, de Oliveira Máximo R et al. Does the combination of abdominal obesity and vitamin D deficiency increase the risk of death in individuals aged 50 or older? Evidence from the ELSA study. Diabetes, Obesity and Metabolism, 2026 ; 28(8) : 6607-6617. 
  2. Agência FAPESP. Combination of abdominal obesity and vitamin D deficiency more than doubles the risk of death in people over 50, 3 août 2026.
  3. Santé publique France. Étude Esteban 2014-2016, volet nutrition. Chapitre Dosages biologiques : vitamines et minéraux. Décembre 2019.
  4. Ekwaru JP et al. The importance of body weight for the dose response relationship of oral vitamin D supplementation and serum 25-hydroxyvitamin D in healthy volunteers. PLoS One, 2014.
  5. Haines ST, Park SK. Vitamin D supplementation: what's known, what to do, and what's needed. Pharmacotherapy, 2012.

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