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Les anglais consomment toujours beaucoup de sel, mais la baisse de leurs apports ces dernières années aurait largement contribué à la diminution du risque cardiovasculaire. C’est ce que suggère une étude parue dans BMJ Open.
En 2003, différents programmes associant les industriels ont été lancés en Angleterre pour réduire la consommation de sel des britanniques. En effet, le sel accroît la pression sanguine et donc le risque d’hypertension artérielle, un facteur de risque important pour les maladies cardiovasculaires. Les industriels ont réduit la teneur en sel des aliments, avec pour conséquence le fait que celle-ci est passée de 9,5 g en moyenne à 8,1 g entre 2003 et 2001. En France, la consommation de sel n'a quasiment pas baissé.
L’objectif de cette étude était de déterminer la relation entre la réduction des apports en sel observée en Angleterre et la pression sanguine, la mortalité par AVC et maladie cardiaque. Les chercheurs ont analysé les données de la Health Survey for England, qui comptait 9 183 personnes en 2003, 8 762 en 2006, 8 974 en 2008 et 4 753 en 2011. Les participants avaient plus de 16 ans.
Résultats : Entre 2003 et 2011, il y a eu une diminution des décès par AVC de 42 % et par maladie ischémique cardiaque de 40 %. En parallèle, la pression sanguine a diminué de 3/1,4 mm de mercure, le cholestérol de 0,4 mmol/L et la prévalence du tabagisme est passée de 19 % à 14 %. La consommation de fruits et légumes a augmenté de 0,2 portion par jour, et l’indice de masse corporelle (IMC) de 0,5.
Entre 2003 et 2011, les participants ont donc vu s’améliorer leurs facteurs de risque cardiovasculaire, hormis leur IMC. Mais pour les chercheurs, la diminution des apports en sel aurait eu l’effet le plus important : la diminution de la pression sanguine serait due à la baisse des apports en sels plus qu’aux médicaments prescrits contre l’hypertension. Ceci est conforté par des études prospectives de cohortes et des essais cliniques qui ont montré qu’une réduction des apports en sel est liée à une diminution du risque cardiovasculaire.
Cependant, les auteurs de l'étude estiment que 70 % des adultes anglais consomment toujours plus de sel que la quantité maximale recommandée ; 80 % des apports en sels viennent des aliments transformés.
Malgré tout, plusieurs chercheurs pensent que cette nouvelle étude exagère le rôle qu'a joué la diminution de la consommation de sel dans la baisse de la mortalité par infarctus et AVC. "Association ne signifie pas preuve", note Patrick Wolfe, professeur de statistiques à University College (Londres). David Speigelhalter, professeur de santé publique à Cambridge note que les auteurs de l'étude eux-mêmes reconnaissent que la baisse constatée de la pression artérielle ne pourrait à elle seule expliquer qu'une diminution de 11% des AVC et de 6% des infarctus.
Des solutions existent pour manger moins salé, comme remplacer le sel par des épices, des herbes aromatiques, afin de réhausser le goût des aliments.
Il faut parallèlement veiller à ses apports en potassium car le rapport sodium/potassium est plus important pour la santé cardiovasculaire que la seule variation de la consommation de chlorure de sodium.
Source
Feng J He, Sonia Pombo-Rodrigues, Graham A MacGregor. Salt reduction in England from 2003 to 2011: its relationship to blood pressure, stroke and ischaemic heart disease mortality. BMJ Open 2014;4:4 e004549 doi:10.1136/bmjopen-2013-004549
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