Voici 10 aliments à intégrer à vos menus pour soutenir un microbiote équilibré et diversifié.
Dans une nouvelle étude parue dans Frontiers in Cellular and Infection Microbiology, des chercheurs rapportent que le régime alimentaire d’un bébé au cours des premiers mois de sa vie a une influence importante sur la composition, la diversité et la stabilité de sa flore intestinale. Ces facteurs influencent à leur tour la capacité du bébé à faire la transition entre le lait et les aliments solides et pourrait avoir des effets sur la santé à long terme.
Dans le ventre de la mère, le tube digestif du bébé est stérile. La naissance est le point de départ de la colonisation de l’intestin par des bactéries qui vont constituer la flore intestinale (ou microbiote intestinal). Celle-ci joue un rôle essentiel dans la fonction digestive et dans l’immunité. Certains facteurs influencent le développement de la flore intestinale, par exemple le mode de délivrance (voie basse ou césarienne) qui détermine le type de bactéries qui vont coloniser l’intestin du nourrisson, les conditions d’hygiène mais aussi l’alimentation (lait maternel ou lait infantile).
Pour leur étude, les chercheurs ont collecté des échantillons de selles de 9 bébés ainsi que des informations sur leur régime alimentaire et leur santé, depuis l’âge de 2 semaines jusqu’à 14 mois. Grâce à des techniques de séquençage génomique appliquées aux échantillons de selles, les chercheurs ont déterminé les types et les fonctions des bactéries de la flore intestinale des bébés nourris exclusivement ou non au lait maternel ainsi qu’avant et après introduction d’aliments solides.
Leurs analyses montrent, que dès les premiers mois de vie, il existe de réelles différences entre la flore intestinale des bébés exclusivement allaités et celle des bébés nourris à la fois avec du lait maternel et du lait infantile. La flore intestinale des bébés nourris au lait maternel et au lait infantile est plus riche et diversifiée en espèces microbiennes. La flore intestinale des enfants exclusivement nourris au lait maternel contient quant à elle, plus de bactéries Bifidobacterium, considérées comme bénéfiques pour la digestion.
L’introduction d’aliments solides a globalement un impact marginal sur la flore intestinale des enfants nourris au lait maternel exclusivement : les chercheurs ont alors trouvé des quantités différentes de 24 enzymes bactériennes, montrant que de nouvelles espèces bactériennes avaient fait leur entrée pour aider à la digestion de nouveaux types d’aliments. Après introduction d’aliments solides chez les enfants nourris au lait maternel et au lait infantile, l’analyse des échantillons de selles révèle la présence d’environ 230 enzymes indiquant un changement beaucoup plus important de la composition microbienne.
« Cette étude fait progresser notre compréhension du développement de la flore intestinal dès les premiers instants de la vie, ce qui est clairement important pour la santé à court et long terme » indiquent les auteurs.
« Nous avons constaté que les enfants exclusivement nourris au lait maternel ont des populations microbiennes qui semblent plus prêtes à l’introduction d’aliments solides » dit Andrea Azcarate-Peril, auteur de l’étude. « La transition vers les aliments solides est beaucoup plus difficiles pour la flore intestinale de bébés qui ne sont pas exclusivement allaités. Nous pensons que chez les enfants qui ne sont pas exclusivement allaités, la flore intestinale pourrait contribuer à plus de coliques et de maux d’estomac ».
Les résultats de cette étude viennent s’ajouter à la prise de conscience croissante que la flore intestinale joue un rôle majeur pour nous aider à digérer les aliments et lutter contre les agents pathogènes, entre autres fonctions.
« Cette étude donne encore plus de crédit aux recommandations de l’OMS d’allaiter exclusivement pendant les 6 premiers mois de la vie » dit Amanda Thompson, auteure de l’étude. « Par contre, les données montrent bien que c’est l’allaitement exclusif qui compte, introduire du lait infantile modifie la flore intestinale même si l’enfant boit du lait maternel par ailleurs ».
Source
Amanda L. Thompson, Andrea Monteagudo-Mera, Maria B. Cadenas, Michelle L. Lampl and M. A. Azcarate-Peril. Milk- and solid-feeding practices and daycare attendance are associated with differences in bacterial diversity, predominant communities, and metabolic and immune function of the infant gut microbiome. Frontiers in Cellular and Infection Microbiology, 2015 DOI: 10.3389/fcimb.2015.00003
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