Pourquoi une femme n’est pas un homme

Les femmes sont différentes des hommes. Certes, nous ne vous livrons pas là le scoop de l’année. Mais au-delà des différences évidentes, les deux sexes ne sont pas égaux en termes de santé. Quels sont les atouts-santé des femmes ? Quels sont les inconvénients ? Les réponses à l’occasion de la journée de la femme.

Un chromosome X en plus, un chromosome Y en moins. Génétiquement c’est ce qui différencie fondamentalement la femme de l’homme. Un petit chromosome d’écart sur 46 et les femmes secrètent des estrogènes et sont pourvues de seins et d’un utérus là où les hommes qui produisent des androgènes sont pourvus d’un pénis et de testicules. Ces différences hormonales fondamentales ont de nombreuses implications au niveau de la santé. Qu’est-ce que la santé féminine a de spécifique

Elles vivent plus longtemps

Les femmes vivent en moyenne 8 ans de plus que leurs homologues masculins. Pour expliquer cela, plusieurs hypothèses. D’abord, les femmes s’engagent moins souvent que les hommes dans des activités à risque, et elles suivent plus régulièrement leur état de santé, n’hésitant pas à se faire dépister et à a consulter. Ensuite, les femmes sont moins volumineuses que les hommes, ce qui veut dire qu’elles dépensent moins d’énergie et qu’elles en consomment moins. Or c’est là un des moteurs du vieillissement : dans la nature, plus on mange, moins on vit longtemps. Les femmes seraient aussi protégées une grande partie de leur vie par leurs estrogènes, ces hormones possédant des propriétés antioxydantes et neutralisant ainsi les radicaux libres responsables du vieillissement. Enfin, les règles, entre puberté et ménopause, éliminent chaque mois du fer (à la manière de saignées), ce qui éviterait les situations de fer en excès, lui aussi à l’origine de radicaux libres.

Les principales causes de décès féminins sont (1) :
– les maladies de l'appareil circulatoire : 36,2%,
– les tumeurs : 22,6%,
– les maladies de l'appareil respiratoire : 7,9%,
– les causes extérieures de décès (accidents, suicides et autres morts violentes) : 6,7%.  

Leur risque cardio-vasculaire est sous-estimé

La première cause de décès chez les femmes n'est pas le cancer du sein mais l'infarctus du myocarde, comme chez les hommes. Et pourtant leur dépistage et leur prévention seraient largement sous-estimés dans le monde médical. Pourquoi ?

Jusqu’à la ménopause, les femmes sont plus « protégées » des accidents cardiovasculaires grâce à leurs oestrogènes, mais après cette date leur risque de mourir d’une crise cardiaque rattrape celui de ces messieurs.

Mais si les symptômes de l'infarctus masculin sont décrits avec précision dans les manuels médicaux, les symptômes observables chez les femmes sont trop souvent méconnus, même du personnel médical.

Alors que chez les hommes la crise cardiaque est relativement facile à reconnaître (forte douleur à la poitrine et au bras gauche), chez les femmes les symptômes sont plutôt vagues :
- douleur et serrement imprécis à la poitrine qui peut s'étendre jusque dans le cou, les mâchoires et les épaules
- des brûlures d'estomac, nausées et/ou des vomissements
- de la difficulté à respirer, un essoufflement
- une sensation de faiblesse générale avec pâleur, angoisse et sueur.

La méconnaissance de ces symptômes peut avoir de graves conséquences : ainsi, après un infarctus, une femme est envoyée à l'hôpital avec une à deux heures de retard, en moyenne, par rapport à un homme victime de la même maladie.

Le combat de deux chercheuses 

Et si appartenir au genre féminin représentait un risque pour la santé ? C’est en tout cas ce que pensent les professeurs Vera Regitz-Zagrosek de Berlin et Karin Schenck-Gustaffson de Stockholm qui estiment que les particularités liées à la physiologie féminine sont largement ignorées dans le domaine de la recherche médicale. Exemple : les médicaments prescrits aux femmes sont souvent peu adaptés à leurs besoins spécifiques, tout simplement parce que les médecins suivent des indications conçues pour les hommes. Ce n'est que depuis 2004 qu'une réglementation prévoit d'inclure les femmes dans les protocoles d'essais cliniques... sauf qu'il n'y a pour l'instant aucune obligation de le faire.

La recherche en médecine peut-elle s’intéresser davantage à ces dames ? C'est l'espoir de ces deux représentantes européennes des "gender studies", cette discipline universitaire récemment apparue aux Etats-Unis qui étudie les différences sexuelles.

Elles dorment moins bien

 

Les femmes dormiraient moins bien que les hommes, en particulier à la période de la ménopause… La faute à qui ? Aux hormones toujours.

Des chercheurs de l’université de Pennsylvanie se sont intéressés aux troubles du sommeil liés à la ménopause. (2) Ils ont évalué l’impact de la diminution progressive des taux d’estrogènes sur la détérioration du repos. Pour vérifier l’impact des hormones, ils ont suivi pendant deux ans 436 femmes âgées de 35 à 47 ans présentant des cycles menstruels réguliers. Elles ont été interrogées sur la qualité de leur sommeil et ont subi à quatre reprises une prise de sang pour doser les variations de l’oestradiol. Résultat : 17 % des femmes rapportèrent des troubles du sommeil à chaque période d’ovulation.

Les auteurs ont mis en évidence différents facteurs affectant directement la qualité de leur sommeil : une plus forte incidence de bouffées de chaleur, une prédisposition à l’anxiété et la dépression et enfin un faible taux d’oestradiol chez les femmes de 45 à 49 ans. Selon les chercheurs, les bouleversements hormonaux de la périménopause peuvent ainsi directement affecter le sommeil des femmes durant cette période.

Elles sont plus vulnérables à la dépression

 

Plusieurs études ont trouvé que les femmes épuisent plus vite que les hommes leur sérotonine, un messager chimique du système nerveux très important puisque lorsqu’il vient à manquer, on se sent irritable, voire dépressif et même suicidaire. Ceci pourrait expliquer pourquoi les femmes sont plus frappées que les hommes par la dépression et pourquoi les antidépresseurs qui affectent le système de la sérotonine semblent mieux marcher chez elles. Dans quelles conditions la sérotonine baisse-t-elle plus vite ? Par exemple lors d’un régime amaigrissant, parce que le précurseur de la sérotonine, un acide aminé (constituant des protéines) appelé tryptophane est un peu moins disponible pour le cerveau.

Elles gèrent mieux le stress

 

Les femmes sont-elles plus stressées que les hommes ? En tout cas elles géreraient mieux ce stress. C’est en tout cas ce que suggère une étude allemande qui s’intéresse aux phénomènes qui influencent les réactions au stress, comme l’âge, le sexe et les sécrétions hormonales (3).

Le Dr Olivier Wolf a recruté 58 étudiants, garçons et filles qu’il a répartis en deux groupes. Dans un premier temps, 22 de ces volontaires ont dû apprendre une liste de mots. On les a ensuite confronté à un expérience stressante, surtout pour les « as » du calcul mental : compter à rebours de 17 en 17 à partir du nombre 2 043. Enfin, ils ont dû citer de nouveau les mots appris face à un public

Parallèlement, les chercheurs ont mesuré la concentration de cortisol, l’hormone du stress, dans la salive avant et 10 minutes après le test.

Résultat : en réponse au stress, les hommes produisent de plus grandes quantités de cortisol. Et leur mémoire est davantage affectée par le stress.

Qu’est-ce qui permet aux femmes de mieux gérer le stress ? Probablement encore la piste des estrogènes. D’ailleurs après la ménopause la mémoire féminine est davantage affectée par l’élévation du cortisol associée au stress.

Nous n’avons pas le même cerveau

Une étude américaine suggère que les femmes auraient 16 % de neurones en moins que les hommes (4). Ce qui n’aurait aucun impact sur les capacités intellectuelles.

En revanche, il semble démontré que le cerveau des hommes et des femmes ne fonctionne pas de la même façon ! Ainsi, un chercheur américain a utilisé l’imagerie médicale pour observer le cerveau de 19 hommes et 19 femmes soumis à des tests de langage (orthographe, sémantique, prononciation…) (5). Bilan : les hommes utilisent la partie gauche de leur cerveau, alors que les femmes utilisaient les deux hémisphères.

Autre étude autre résultat : les hommes percevraient mieux les 3 dimensions que les femmes. Pourquoi ? Probablement grâce à une action des hormones mâles lors du développement du cerveau, qui favoriserait le développement de l’hémisphère droit – la partie du cerveau responsable de l’orientation dans l’espace… Quand on dit que les femmes ne savent pas lire une carte routière…

 

La santé au féminin

Deux ouvrages à découvrir destinés aux femmes

Petit manuel du bonheur au féminin

Deux femmes, psychologue et psychothérapeute, analysent tous les événements de la vie des femmes, de la naissance à la fin de vie, afin de nous donner les clés d’une vie heureuse. Emaillé d’exemples de vécus, ce livre aborde le bonheur au féminin en trois étapes. La première a pour but de comprendre d’où on vient et qui on est. La seconde de faire le point et de donner un nouvel équilibre à sa vie. Enfin, la troisième propose de mettre en œuvre un véritable art de vivre au féminin. Une bibliographie fournie et un carnet d’adresse complètent utilement le propos des auteures. Agréable à parcourir, ce livre, avec ses 342 pages, est néanmoins plus conçu comme un outil à consulter régulièrement que comme un ouvrage à lire d’une traite. Un livre à lire, relire, offrir…voire à faire découvrir aux hommes !

Elizabeth Couzon, Françoise Dorn, Petit manuel du bonheur féminin, Les clés pour vivre heureuse, InterEditions, 342 p. 19,5 €.

Homéo Fémina

Président de l’Institut homéopathique scientifique, Albert-Claude Quemoun a conçu un guide pratique de l’homéopathie destiné aux femmes. Chacune est invitée à définir son profil homéopathique afin de mieux se connaître et mieux se soigner. Chaque problème de santé de la vie d’une femme est aussi recensé et détaillé, assorti d’une ordonnance homéo et d’« un truc de filles » (par un auteur masculin ?!), le petit conseil qui permet de mieux gérer ledit problème.

Si vous êtes une adepte de l’homéopathie et qu’un guide familial ne vous suffit pas dans votre bibliothèque, vous pouvez toujours acquérir cet ouvrage complémentaire mais certainement pas indispensable.

Albert-Claude Quemoun, Homéo Fémina, Leduc.s Editions, 240 p., 14,9 €

  

(1) Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES). Données sur la situation sanitaire et sociale en France 1999. Paris : La Documentation française, 1999

(2) Dennerstein L, Dudley EC, Hopper JL, Guthrie JR, Burger HG.  A prospective population-based study of menopausal symptoms. Obstet Gynecol. 2000 Sep;96(3):351-8

(3) Oliver T. Wolf, Nicole C. Schommer, Dirk H. Hellhammer, Bruce S. McEwen and C. Kirschbaum. The relationship between stre Psychoneuroendocrinology, 2001, Oct. 26 ; 7 : 711-720. ss induced cortisol levels and memory differs between men and women.

(4)Bente Pakkenberg, Hans Jørgen G. Gundersen Neocortical neuron number in humans: Effect of sex and age Published Online: 6 Dec 1998

(5) Nature février 1995 ; vol. 373 : p. 607-9.

  • Version actuelle le 23/03/2021
    Mise à jour par Collectif laNutrition
  • le 08/03/2007
    Publication par Collectif LaNutrition.fr Journalistes scientifiques et diététiciennes

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