Pr Luc Montagnier : « La moitié des crédits de recherche doit aller à la prévention »

Par Lanutrition.fr Publié le 08/03/2012 Mis à jour le 16/03/2017
Dans cet entretien exclusif, le Pr Montagnier, Prix Nobel de médecine, dénonce le silence des politiques sur la santé, alors que de graves dangers menacent la sécurité sociale.Il plaide pour l’émergence d’une vraie médecine préventive, seule solution à la fois pour l’individu et pour la société.

Pr Luc Montagnier : « La mortalité infantile a beaucoup décru, l’espérance moyenne de vie augmente continuellement jusqu’à dépasser 80 ans. Aux infections aigues curables ont fait place des infections lentes persistantes peu sensibles aux traitements. De nouvelles épidémies sont apparues, SIDA, obésité, autisme. L’incidence des maladies chroniques – en particulier la maladie d’Alzheimer, le diabète, certains cancers – montre un accroissement inquiétant.

Devant ce tableau, que faire ?

Il s’agit de remonter aux causes profondes de ces maladies et d’en déduire une politique efficace de prévention. La génétique des individus ayant peu ou pas évolué d’une génération à l’autre, l’accroissement des pathologies chroniques doit mettre en cause essentiellement les facteurs d’environnement qui eux, ont beaucoup changé. Certains de ces facteurs nécessitent des décisions à l’échelle de la planète ; c’est le cas des pollutions chimique, atmosphérique, électromagnétique…

Par contre, il en est qui dépendent des comportements individuels tels que la nutrition, l’exercice physique, ou des interventions médicales : traitement des infections chroniques latentes, à l’origine de beaucoup de maladies neuro-dégénératives, articulaires, voire cardio-vasculaires. »

Pour l’individu, explique le Pr Montagnier, c’est le seul moyen de rester en bonne santé le plus longtemps possible. Pour la société, notre sécurité sociale connaissant des déficits de plus en plus gigantesques, il faut donc éviter les maladies longues, celles qui coûtent le plus cher, les cancers, la maladie d’Alzheimer…

Tout cela est possible grâce à la prévention. Malheureusement les crédits de recherche sur la prévention ne dépassent pas 2 à 5 % alors qu’il faudrait qu’ils en représentent la moitié.

Pour le Pr Montagnier, la médecine doit être intégrative. La médecine ça n’est pas soigner un organe, c’est soigner un individu dans son ensemble.

Pr Montagnier : « Prenons des exemples concrets : l’autisme, maladie neuropsychiatrique qui atteint plus de 150.000 enfants en bas âge en France. La politique actuelle est de ne traiter que les symptômes par des approches psychologiques, voire psychanalytiques et de renforcer les structures de prise en charge. Or, c’est négliger les causes organiques de cette maladie, dont les aspects neurologiques peuvent être maintenant détectés par imagerie, et l’origine bactérienne mise en évidence par de nouveaux tests de laboratoire. Un groupe de médecins généralistes accumule depuis plusieurs années les cas de guérisons ou d’améliorations spectaculaires d’enfants autistes, obtenues par des cures d’antibiothérapies de longue durée. Cette approche médicale peu couteuse - que des études cliniques peuvent encore améliorer - est complètement ignorée du public, de la plupart des médecins et des autorités de santé. Avec la même approche appliquée à la sclérose en plaque, dont les symptômes sont ceux d’une maladie auto-immune, ou à la maladie d’Alzheimer dans sa phase réversible, ce même groupe de médecins obtient là-aussi des résultats très encourageants par des traitements d’antibiothérapie et des régimes nutritionnels appropriés. »

Extraits de la préface du Pr Montagnier au livre de Frédéric Bizard, Une ordonnance pour la France.

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